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humour

- C'est la première fois que je me rase à l'eau bénite ! J'espère que cela ne va pas me filer trop de boutons !

Auteur: Galic Bertrand

Info: Sept, tome 20 : Sept Athlètes

[ anticlérical ]

   

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inséré par miguel

— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

femmes-hommes

Une femme vertueuse est celle qui, avant d'entrer chez son amant ôte son alliance et enlève de sa chaîne de cou sa petite médaille bénite.

Auteur: Soulages Gabriel

Info:

[ femmes-par-hommes ] [ Discrète ]

   

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— Ψ → B → Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.

vacheries

L'autre, l'homme à l'habit vert, le bourgeois riche, avec sa torve de gueule de faux Gréco, ses décorations de Paul Bourget macérées dans le foutre rance et l'eau bénite, ces oscillations entre l'Eucharistie et le bordel à pédérastes qui forment l'unique drame de sa prose aussi bien que de sa conscience, c'est l'un des plus obscènes coquins qui aient poussé dans les fumiers chrétiens de notre époque.

Auteur: Rebatet Lucien

Info: à propos de François Mauriac

[ France ]

   

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— Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

musique

Enfant chéri des dames. Ce Stéphanois talentueux reçut, en 1842; le prénom de Jules, et ne s'en est pas consolé. Incessamment, il « courtise la muse » mais ne prend, pour lui faire un enfant, nulle peine, même légère. De là, certains taux. Auteur d'une trentaine de cloisons, dont la plus sincère est l'Adorable Sidi Belboul. Cet officiant religioso-critique pour mysticocottes, vers son eau bénite parfumée dans d'étranges porcelaines. En traîne de Wagner, pose, comme feu Gounod, pour adorateur Mozart et répète : "Lui, c'est le maître". Massenet n'est que la sous-maîtresse.

Auteur: Willy Henry Gauthier-Villars

Info: à propos du compositeur Massenet

[ vacherie ]

   

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— Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

canevas

Jadis, une famille vivait dans un village où le mensonge était de règle. Les parents d'un certain enfant avaient bien du mal avec lui, car il ne parvenait pas à mentir. On le menace des pires châtiments s'il continue à refuser de mentir. Il sera noyé s'il ne ment pas. Il a peur. Il pleure et pisse de peur, juché sur les épaules de son père qui l'emmène à la rivière pour la noyade.
Son père mouillé lui demande: "Qu'est-ce que c'est que cette eau?"
Le fiston dit; "C'est de l'eau bénite des anges!"
Le père est aux anges: "Il a menti! enfin! C'était de justesse!" Et il ramène à la maison le fiston devenu normal.
En ce monde, savoir mentir, c'est savoir vivre.

Auteur: Coyaud Maurice

Info: Contes thaï, Le pavillon du mensonge

[ malentendu ]

   

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— Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

religions

Pour peu qu’on examine les réformes et les innovations introduites par Tsong-Kaba [Tsongkapa est le fondateur de la secte des Bonnets Jaunes] dans le culte lamanesque, on ne peut s’empêcher d’être frappé de leur rapport avec le Catholicisme. La crosse, la mitre, la dalmatique, la chape ou pluvial, que les grands Lamas portent en voyage, ou lorsqu’ils font quelque cérémonie hors du temple ; l’office à deux chœurs, la psalmodie, les exorcismes, l’encensoir soutenu par cinq chaînes, et pouvant s’ouvrir et se fermer à volonté ; les bénédictions données par les Lamas en étendant la main droite sur la tête des fidèles ; le chapelet, le célibat ecclésiastique, les retraites spirituelles, le culte des saints, les jeûnes, les processions, les litanies, l’eau bénite : voilà autant de rapport que les bouddhistes ont avec nous.

Auteur: Huc Évariste Régis

Info: Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie et le Thibet, p. 237

[ Asie ] [ Occident ] [ analogies ]

   

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— Ψ ↔ B ↔ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

évolutionnisme

[...] ce système offrait l'avantage d'être simple sinon simpliste, donc facile à exposer dans les ouvrages de vulgarisation, et de plaire à tous puisque, d' une part, les agnostiques pouvaient, grâce à lui, comprendre la genèse du monde et l'apparition des formes vivantes sans faire appel à la théologie, tandis que, d'autre part, les transformistes chrétiens s'imaginaient trouver dans le même système et moyennant un peu d'eau bénite, un génial complément aux lacunes et aux obscurités de la Bible. Ainsi tout le monde était-il content : la Science, alors à son apogée, ayant expliqué le mystère de nos origines, ne pouvait manquer, dans un bref avenir, d'assurer le bonheur de tous les hommes : le Progrès marchait à pas de géant et les modernes, désormais maîtres du passé, envisageaient l'avenir avec une présomptueuse confiance.

Auteur: Georgel Gaston

Info: Dans "Les Quatre Âges de l'Humanité", Archè Milano, 1976, page 32

[ savoir lénifiant ] [ idées agréables ] [ progressisme ] [ explication pseudo scientifique ]

   
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inséré par Coli Masson

— Ψ ± B ± Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

sexe

De temps en temps, des visites inattendues arrivaient dans ce trou perdu : des officiers de l'État-Major de Luanda, conservés dans le formol de l'air conditionné, des quinquagénaires sud-africaines qui embrassaient mes malades dans une fureur de rut de ménopause, deux actrices de Revue en train d'agiter à contretemps leurs grosses jambes sur une scène faite de tables, accompagnées par un accordéon exténué ; elles ont dîné au mess des officiers à côté du commandant luisant d'orgueil dont la timidité s'embrouillait dans des sourires d'adolescent pris en faute, pendant que le lieutenant, celui de la bonniche, tournait autour d'elles, flairant leurs décolletés dans une extase muette. L'aumônier, contrit, baissait ses paupières vierges sur sa soupe-bréviaire.
"Quarante ans à accumuler du sperme, calculait le capitaine âgé, en le toisant de loin. Si ce mec jouit, il nous noie tous dans l'eau bénite de ses couilles."

Auteur: Lobo Antunes Antonio

Info: Le cul de Judas

[ abstinence ] [ religion ] [ humour ]

   

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— Ψ ± B ± Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

aqua simplex

Pour un esprit, venu d'ailleurs, qui tomberait sur cette Terre et qui en ignorerait tout, l'eau serait un objet de stupeur presque autant que le temps. L'eau est une matière si souple, si mobile, si proche de l'évanouissement et de l'inexistence qu'elle ressemble à une idée ou à un sentiment. Elle ressemble aussi au temps, qu'elle a longtemps servi à mesurer, au même titre que l'ombre et le sable. Le cadran solaire, le sablier, la clepsydre jettent un pont entre le temps et la matière impalpable de l'ombre, du sable et de l'eau. Plus solide que l'ombre, plus subtile que le sable, l'eau n'a ni odeur, ni saveur, ni couleur, ni forme. Elle n'a pas de taille. Elle n'a pas de goût. Elle a toujours tendance à s'en aller ailleurs que là où elle est. Elle est de la matière déjà en route vers le néant. Elle n'est pas ce qu'on peut imaginer de plus proche du néant: l'ombre, bien sûr, mais aussi l'air sont plus si l'on ose dire - inexistants que l'eau.
Ce qu'il y a de merveilleux dans l'eau, c'est elle est un peu là, et même beaucoup, mais avec une délicatesse de sentiment assez rare, avec une exquise discrétion. Un peu à la façon de l'intelligence chez les hommes, elle s'adapte à tout et à n'importe quoi. Elle prend la forme que vous voulez : elle est carrée dans un bassin, elle est oblongue dans un canal, elle est ronde dans un puits ou dans une casserole. Elle est bleue, verte ou noire, ou parfois turquoise ou moirée, ou tout à fait transparente et déjà presque absente. Elle est chaude ou froide, à la température du corps, ou bouillante jusqu'à s'évaporer, ou déjà sur le point de geler et de se changer en glace. Tantôt vous l'avalez et l'eau est dans votre corps; et tantôt vous vous plongez en elle et c'est votre corps qui est dans l'eau. Elle dort, elle bouge, elle change, elle court avec les ruisseaux, elle gronde dans les torrents, elle s'étale dans les lacs ou dans les océans et des vagues la font frémir, la tempête la bouleverse, des courants la parcourent, elle rugit et se calme. Elle est à l'image des sentiments et des passions de l'âme.
Ce serait une erreur que de prêter à l'eau, à cause de sa finesse et de sa transparence, une fragilité dont elle est loin. Rien de plus résistant que cette eau si docile et toujours si prête à s'évanouir. Là où les outils les plus puissants ne parviennent pas à atteindre, elle pénètre sans difficulté. Elle use les roches les plus dures. Elle creuse les vallées, elle isole les pierres témoins, elle transforme en îles des châteaux et des régions entières.
Elle est douce, fraîche, légère, lustrale, bénite, quotidienne, de vie, de rose, de fleur d'oranger, de cour, de toilette ou de table, thermale ou minérale, de Cologne ou de Seltz. Elle peut aussi être lourde, saumâtre, meurtrière et cruelle. Sa puissance est redoutable. Ses colères sont célèbres. Elle porte les navires qui n'existent que par elle, et elle leur inflige des naufrages qui font verser des larmes aux veuves de marins.
Lorsqu'elle se présente sous forme de mur, lorsqu'elle s'avance, selon la formule des poètes et des rescapés, à la vitesse d'un cheval au galop, lorsqu'elle s'abat sur les côtes et sur les villes, elle fait surgir du passé les vieilles terreurs ancestrales.
Aussi vieille que la terre, ou plus vieille, plus largement répandue à la surface de la planète, complice des algues, des nénuphars, du plancton et du sel, fière de ses origines, consciente des services qu'elle a rendus à l'homme dont elle a longtemps abrité et nourri les ancêtres, puisque durant trois milliards et demi d'années tout ce qui vit est sous l'eau, elle considère toute matière autre qu'elle-même avec une sorte de dédain. Comme la lumière, elle est nécessaire à la vie. Supprimez l'eau, c'est le désert, la ruine, la fin de tout, la mort. II n'y a pas d'eau sur la Lune. Aussi peut-on assurer que ses paysages sont lunaires.

Auteur: Ormesson Jean d’

Info: Presque rien sur presque tout

[ littérature ]

   

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— Ψ ↔ B ↔ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

attraction amoureuse

[…] le désir sexuel se présente par rapport au sujet, par rapport à l’individu, comme essentiellement problématique, et sur les deux plans. D’une part, sur le plan du besoin, ce n’est pas FREUD qui l’a souligné le premier, c’est depuis que le monde est monde que l’on s’interroge comment l’être humain, qui est un être qui a la propriété de reconnaître ce qui lui est avantageux, comment il encaisse, comment il admet un besoin qui incontestablement le pousse à des extrémités aberrantes, pour la raison qu’il ne correspond à aucun besoin immédiatement rationalisable, mais qui introduit dans l’individu, disons ce qu’on a appelé la dialectique de l’espèce.

[…] 

D’autre part, au regard de la demande d’amour, l’expression du désir sexuel - il va devenir désir justement, et il s’appellera désir parce qu’il ne peut se placer que là, au niveau du désir tel que nous venons de le définir - le désir sexuel se présente, au regard de la demande d’amour, d’une façon problématique, quoi qu’on en dise et quelle que soit l’eau bénite dont on essaye de le recouvrir sous la forme d’oblativité.

La question du désir, au regard de la formulation de ce qu’on appelle dans toutes les langues "formuler sa demande" est problématique pour autant que pour exprimer les choses sous la forme du langage le plus commun, qui est ici révélateur, il s’agit en fin de compte, quel que soit le mode sous lequel se formule la demande, que se profile ceci : c’est que l’Autre entre en jeu à partir du moment où le désir sexuel est en question sous la forme de l’instrument du désir. Ceci est la raison pour laquelle c’est au niveau du désir, tel que nous l’avons ainsi défini, que se pose le désir sexuel en tant qu’il est question : c’est-à-dire en tant qu’il ne peut pas vraiment s’articuler. 

Il n’y a pas vraiment de mot - entendez-le de ma bouche, puisque ça ne fera peut-être pas de mal que je dise que tout n’est pas réductible au langage, je l’ai toujours dit, bien entendu, même si ça n’a pas été entendu - il n’y a pas de mot pour exprimer quelque chose, et quelque chose qui a un nom, et c’est justement le désir. Pour exprimer le désir, comme la sagesse populaire le sait fort bien, il n’y a que du baratin. La question du signifiant du désir se pose donc comme telle, et c’est pour cela que ce qui l’exprime n’est pas un signifiant comme les autres.

C’est quelque chose qui, en effet, est emprunté à une forme prévalente de la poussée du flux vital dans cet ordre, mais qui n’en est pas moins pris dans cette dialectique au titre de signifiant, avec ce que ce passage au registre du signifiant comporte de mortifié chez tout ce qui accède à cette dimension du signifiant.

[…]

En fin de compte, ce dont il s’agit dans cette perspective, ce jeu du sujet du désir et du signifiant du désir, est quelque chose qui n’est pas épuisé au point où nous en sommes parvenus, qui est seulement amorcé mais, vous le voyez bien, qui renverse complètement une notion, comme celle-ci par exemple, qui obscurcit toute cette dialectique de l’abord de l’autre dans la relation sexuelle, et soi-disant maturée par la relation sexuelle, que le progrès serait d’un objet partiel à un objet total. Il y a là, à proprement parler on peut dire, un véritable camouflage, un escamotage. 

Car, à dire les choses en termes propres, ce serait bien plutôt du problème que soulève le fait qu’en accédant à la place du désir, l’autre ne devient pas du tout comme on nous le dit l’objet total. Mais le problème est celui-ci, c’est qu’il devient totalement objet en tant qu’instrument du désir.

C’est bien ce qu’il devient et il s’agit de maintenir comme compatible cette position de l’autre en tant qu’Autre, c’est-à-dire en tant que lieu de la parole, celui auquel s’adresse la demande et celui dont l’irréductibilité radicale d’Autre se manifeste en tant qu’il peut donner l’amour, c’est-à-dire quelque chose qui est d’autant plus totalement gratuit, qu’il n’y a aucun support de l’amour que comme je vous l’ai dit : donner son amour, c’est très précisément et essentiellement donner comme tel rien de ce qu’on a, car c’est en tant justement qu’on ne l’a pas qu’il s’agit de l’amour. 

Il s’agit de cette discordance entre ce qu’il y a d’absolu dans la subjectivité qui donne ou ne donne pas l’amour, et le fait que son accès à lui comme objet de désir, il est très précisément nécessaire qu’il se fasse totalement objet. C’est dans cet écart essentiellement vertigineux, essentiellement nauséeux, pour l’appeler par son nom, que se situe la difficulté d’accès dans l’abord du désir sexuel. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 7 mai 1958

[ petit autre-grand autre ] [ énigme ] [ définition ] [ irrationnelle ] [ innommable ] [ ineffable ]

   
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inséré par Coli Masson

— Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.