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musique

Les trois plus grands band leaders de la fin du vingtième siècle: Frank Zappa, Miles Davis, Joe Zawinul.

Auteur: Mg

Info: 11 nov. 2014

[ jazz ] [ rock ] [ triade ]

 

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journalisme

Un jour, autour de 1990, un ami qui faisait des piges dans l'hebdomadaire local m'appela pour le dépanner. Il s'agissait d'aller voir un spectacle de rock pour en faire un compte-rendu dans ses colonnes. A l'époque j'étais musicien enseignant. J'assiste au show, de bonne qualité et, à la fin de la soirée, je me retrouve avec un des leader du band pour lui solliciter une petite entrevue. Il me répond par l'affirmative et ajoute en me regardant avec un sourire, paraphrasant Charlebois " Aah, les critiques, ces ratés sympathiques...".
Je leur ai fait un bon papier. Mais j'aurai pu me vexer !!

Auteur: Mg

Info: 24 mai 2013

[ appréciation ] [ anecdote ]

 

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éthologie

Mon but était d’analyser les rivalités entre mâles pour des questions de rang, le rôle de médiation des femelles dominantes, comme Mama, et les différentes façons de surmonter les conflits. Pour y parvenir, il a fallu que je m’intéresse à la hiérarchie sociale et à l’exercice du pouvoir, des thèmes qui, à l’époque, étaient controversés. C’était les années 1970, l’heure de gloire du flower power. Nous étions jeunes, plus ou moins anarchistes, farouchement en faveur de la démocratie et méfiants vis-à-vis des autorités qui dirigeaient l’université (on les appelait "mandarins", comme les bureaucrates de la Chine impériale). La jalousie sexuelle était jugée dépassée, et toute espèce d’ambition, suspecte. Hélas pour moi, la colonie de chimpanzés que j’étudiais trahissait toutes ces tendances "réactionnaires" à la puissance 1000: goût du pouvoir, arrivisme et jalousie. […]

Premièrement, en tant qu’être humain, j’étais sidéré par les ressemblances avec nos cousins les plus proches. Je traversais la phase que connaît tout primatologue, celle du: "Si ça, c’est un animal, je suis quoi, moi?" Deuxièmement, je faisais partie d’une joyeuse bande de hippies, et je constatais chez les grands singes des comportements courants dénoncés par les gens de ma génération. Loin de leur permettre d’influencer mon regard sur les grands singes, j’ai commencé à avoir une vision plus juste de mes camarades. Au fond, cela revenait aux fondamentaux de l’observation: la reconnaissance des formes. Peu à peu, je découvrais les manœuvres cachées pour décrocher tel ou tel poste, les coalitions qui se forment, les intrigues pour obtenir des faveurs, l’opportunisme politique, et ce dans mon propre environnement. Je ne parle pas exclusivement de la génération qui précède la mienne. Les mouvements étudiants avaient leurs mâles alpha, leurs luttes de pouvoir, leurs groupies et leurs jalousies. Pire encore, plus nous étions proches, plus la jalousie sexuelle pointait sa tête hideuse. Mes recherches sur les grands singes me donnaient la distance idéale pour identifier ces tendances; pour qui se donnait la peine de les observer, elles étaient claires comme le jour. Les leaders ridiculisaient et isolaient tous ceux qui les menaçaient et piquaient les copines des autres, alors qu’ils prêchaient les bienfaits de l’égalitarisme et de la tolérance. Il y avait un hiatus énorme entre ce que ma génération, dans ses discours politiques enflammés, prétendait être, et son comportement réel. Nous étions complètement dans le déni !

Auteur: Waal Frans de

Info: La dernière étreinte

[ psycho-sociologie ] [ primates ] [ homme-animal ] [ analogies ]

 

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guitariste-sur-guitariste

J'étais encore très jeune, à peine 18 ans, quand j'ai commencé à travailler avec Frank Zappa. À l'époque, j'étais juste ce gamin de Long Island, dans ma chambre d'ado, fasciné par la musique progressive des années 70 et passionné de composition depuis toujours. Découvrir l'univers de Frank fut un choc et une révélation. Après avoir déménagé en Californie, il se trouve que j'ai pris un appartement juste en bas de la rue de Frank. Très vite, je me suis retrouvé plongé dans ce monde incroyable.

Tout a commencé parce que j'ai eu l'audace de lui envoyer des transcriptions de ses morceaux, ces partitions pleines de rythmes absurdes, d'une complexité presque inhumaine — " The Black Page ", entre autres. J'avais aussi joint à mon courrier un enregistrement de mon propre groupe, pensant " et si jamais il écoute... ". Frank a été impressionné par la précision et la musicalité de mon travail ; il a senti que je pouvais l'aider à retranscrire ce langage étrange qui était le sien.

Frank avait une capacité extraordinaire à détecter chez un musicien cette petite étincelle, ce potentiel un peu étrange, un peu à part, presque impossible à définir mais profondément réel pour lui. Quand il recrutait des musiciens pour son groupe, il cherchait toujours cette différence, cette faculté à faire quelque chose d'extraordinaire, d'inédit. Ce n'était pas une question de technique froide ou d'ego. Il voulait que chacun possède un talent singulier, une énigme qu'il pourrait révéler en confrontant à ses propres défis musicaux. Chez moi, il a tout de suite vu mon goût pour la musique à haute densité d'information, mon côté " casse-cou " prêt à déchiffrer et à jouer l'impossible. Je crois que c'est ça qui l'a séduit.

Intégrer son groupe n'était pas facile. Le niveau d'exigence était surréaliste ; il disait toujours : " si tu n'as pas ce qu'il faut, tu ne resteras pas ". Mais il ne te demandait jamais de faire ce que tu ne pouvais pas faire. Il cherchait simplement à tirer de toi ce qui était unique et à en faire émerger toute la force, au service de sa musique.

Être le " stunt guitarist " de Zappa, c'était accepter d'être mis au défi en permanence, de se retrouver face à des partitions qui semblaient injouables, des rythmes qui semblaient absurdes, mais aussi d'avoir la liberté d'explorer, de proposer, d'expérimenter. J'ai pu toucher du doigt son génie, ce feu sacré qu'il animait chez chacun de ses musiciens, et j'en ai gardé la certitude que la différence et l'audace sont essentielles pour vraiment se situer à un autre niveau, en musique comme ailleurs.​​

Auteur: Vaï Steve

Info: Compilation de plusieurs interview

[ rock ] [ band leader ] [ virtuosité ]

 

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planètes comparées

(Au sujet d'une incarnation antérieure, dans une civilisation plus évoluée, sur une autre planète.)

Pour répondre succinctement. J'ai nommé cette planète "SS3" par commodité, il y a de très nombreux systèmes triples rien que dans notre galaxie, particulièrement dans les zones stellaires denses.

Sur ma "SS3" personnelle, il y a donc trois étoiles proches, elles sont vues comme blanches / jaunes toutes les 3, contrairement à ma planète précédente SS2B qui comporte une étoile bleue.

Il n'y a pas de nuit noire sur SS3, mais une fluctuation complexe de luminosité, une variation non linéaire qui est due au parcours de la planète autour des deux étoiles principales.

Ce parcours n'est ni circulaire, ni elliptique, ni ne s'opère dans un plan de dimension 2. C'est un billard à trois bandes en dimension 3.

Les cortèges planétaires qui se créent autour de systèmes triples sont dans un équilibre très complexe, il y a une sorte de parcours orbital en formes de cacahuètes, combinés et assemblés les uns avec les autres, en dimension 3.

L'équivalent de notre "année" terrestre et qui consisterait à retrouver une position de départ par rapport aux trois attracteurs gravitationnels que sont ces trois étoiles proches, cette année-là est beaucoup plus longue.

L'atmosphère fait tampon, mais il y a de fortes variations de température.

L'atmosphère n'est pas transparente, on voit très bien les trois soleils mais on ne voit quasiment jamais d'autres étoiles, quel que soit l'endroit/moment dans le cours de la révolution complexe. Le ciel est toujours plus ou moins lumineux, il n'y a jamais de nuit noire, ce qui est dû autant à l'épaisseur de l'atmosphère qu'à la densité d'étoiles dans cette zone, et aussi au nuage de gaz stellaires dans lequel SS3 circule, le cosmos local est beaucoup plus lumineux que ce que nous connaissons sur terre.

Le ciel n'est pas bleu, ce serait une chose très étrange sur SS3, il est jaune, avec des teintes ocres parfois, près du sol.

L'équivalent des saisons est quelque chose qui s'étale sur de très longues périodes, au point qu'elles sont imperceptibles en tant que telles.

Le tellurisme de la planète est un autre élément, il y a des zones à activité volcanique avec des gaz riches en soufre. Un humain terrestre mourrait en 5 minutes, son corps ne pourrait pas respirer cette atmosphère.

Pour complexifier les choses, il faut nécessairement intégrer le fait que la nature a donné à l'espèce dominante (la mienne d'alors) et à quelques autres la capacité de modifier le niveau vibratoire de l'enveloppe biologique jusqu'à pouvoir la passer à l'état epsilon intégral.

SS3 serait un monde extrêmement étrange pour un humain terrestre qui la visiterait, il est probable qu'il ne distinguerait pas tout alors que pour les résidents de ce lieu, la modularité vibratoire est présente depuis les origines.

En terme de sommeil, il y a l'équivalent mais pas du tout comparable au cycle de 24 heures sur terre, ni en durée, ni en nature. C'est une sorte de catalepsie très profonde.

Outre la transmutation intégrale de l'enveloppe biologique, l'exportation de matière epsilon et donc des perceptions est une faculté naturelle. Les sciences et les technologies de SS3 se sont nécessairement développées en intégrant cet état de la matière, en comparaison la situation des humains terrestres et de leur "science" actuelle paraît lourdement handicapée à la base.

Les facultés psi qui découlent de la maîtrise naturelle de l'état epsilon dès l'enfance sur SS3, ces possibilités seraient de la science fiction pour un humain terrestre.

En comparaison cet humain terrestre, même extrêmement doué en psi, serait considéré comme très lourdement handicapé, à 99% incapable d'agir normalement.

Au regard des mémoires de SS3 (et plus encore de SS2B), les conditions de l'incarnation actuelle comme humain terrestre semblent extrêmement primitives, limitées, ridicules.

Ce n'est pas du mépris, c'est PIRE, c'est une vision objective: IMPOSSIBLE d'avoir de la considération pour cette humanité terriblement handicapée, violente, stupide et primitive, y compris pour les prétendus leaders politiques, financiers, et... spirituels.

Ici c'est un désastre quasi intégral, on se demande si c'est vraiment possible d'y changer quoi que ce soit.

Pour certains d'entre nous, c'est pour ce challenge impossible qu'ils sont venus s'associer à un corps biologique aussi handicapé, au sein d'une société qui ignore quasiment TOUT mais qui se pense le centre de la Création et qui voudrait donner des leçons au cosmos entier.

Surréaliste, cet endroit. Après 35 000 ans de passage successifs ici, je ne m'y fais toujours pas vraiment.

C'est la planète des enfants perdus.

Avec d'autres, je suis venu pour cela.

C'est autant une joie profonde, une exultation, une exploration passionnante et riche que le sentiment parfois que la tâche est trop importante et insurmontable.

Cette lassitude épisodique, transitoire, heureusement nous savons qu'elle vient de l'enveloppe extrêmement primitive avec laquelle nous sommes associés pour être, circuler et agir ici.

Par rapport à SS3, ce que j'aime personnellement ici, c'est le ciel bleu, l'eau et la nuit étoilée. Et la diversité des entités associées au corps biologique de l'espèce "dominante". Dominante, c'est ce qu'elle croit, car comme presque tout ce que l'humanité pense savoir, c'est entièrement faux.

Auteur: Auburn Marc

Info:

[ hiérarchies civilisationnelles ] [ transmigration interstellaire ] [ métaphysique ]

 

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nécrologie

Musicienne et compositrice de jazz ; son oeuvre prolifique est d'une richesse, d'un divertissement et d'un charme envoûtants.

Carla Bley, décédée à l'âge de 87 ans, a créé une œuvre immense, d'une grande force émotionnelle, d'une grande richesse intellectuelle et d'une profonde musicalité. Elle a également été une source d'inspiration pour les musiciens indépendants, grâce à son propre label et son studio dans l'État de New York.

Elle composait des mélodies courtes et inoubliables avec la même maîtrise que celle qu'elle déployait dans de longues suites continues. Trois œuvres ont consacré son importance. A Genuine Tong Funeral (1968) était un " opéra sombre sans paroles ", adapté pour le vibraphoniste Gary Burton. L'album du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden (1969), pour lequel Bley a arrangé des morceaux tels que We Shall Overcome et War Orphans d'Ornette Coleman, a démontré qu'elle pouvait diriger un ensemble de solistes indisciplinés et les unir sans étouffer l'individualité de chacun. La troisième œuvre qui a lancé sa carrière fut l'ambitieuse " chronotransduction " Escalator Over the Hill (1971), un " opéra " jazz-rock-world qu'elle a créé avec le librettiste Paul Haines.

Sorti sur le label indépendant JCOA, cofondé par Bley, ce coffret de trois vinyles regorgeait d'un mélange enivrant, divertissant et captivant d'hymnes grandioses, de jazz puissant, de pop flamboyante et d'excentricités urbaines. Mené par des stars telles que Linda Ronstadt, Paul Jones (ex-Manfred Mann), Jack Bruce de Cream et l'acteur Viva, connu pour ses rôles dans les films d'Andy Warhol, Escalator Over the Hill accueillait également de grands noms du jazz comme Don Cherry, Gato Barbieri et John McLaughlin.

Bien qu'elle ait utilisé le nom de Carla pour sa carrière musicale, elle est née Lovella May Borg à Oakland, en Californie. Fille d'Arline (née Anderson), décédée alors qu'elle avait huit ans, et d'Emil Borg, tous deux musiciens, elle jouait et chantait à l'église et a grandi dans un foyer à la fois détendu et religieux. Elle était en grande partie autodidacte au piano.

Mon père était professeur de piano, m’a-t-elle confié en 2009,  alors j’entendais des gammes tout le temps. Il a commencé à m’en donner, mais il a vite abandonné. J’ai arrêté d’étudier vers l’âge de quatre ou cinq ans. Mon père ne m’imposait rien. Il me laissait faire ce que je voulais. On a organisé une “fête du foin” à la maison : on a apporté dix bottes de foin, on les a répandues partout dans le salon, on en a empilé partout. Et le foin est resté dans la maison jusqu’à la fin de nos jours. 

(Photo : Carla Bley en 2013, sa coiffure si particulière la rendait immédiatement reconnaissable sur scène*)

Adolescente, elle gagnait de l'argent en accompagnant des cours de danse, pratiquait le roller avec passion et découvrit le jazz. " Lionel Hampton a été le premier groupe que j'ai entendu, à 13 ans, et j'ai été subjuguée. Je ne savais pas si j'en serais capable, mais j'appréciais l'écoute. L'année suivante, je suis allée au Black Hawk à San Francisco… Gerry Mulligan et Chet Baker. "

Quelques années plus tard, elle partit en auto-stop pour New York, où un emploi de vendeuse de cigarettes au club de jazz Birdland lui permit d'écouter les plus grands musiciens du monde. Elle composa des morceaux pour le pianiste canadien Paul Bley, qu'elle épousa en 1957 : des compositions telles que " O Plus One " et " Ida Lupino " datent de cette époque. Parmi les autres musiciens qui ont soutenu son travail, on peut citer George Russell, Jimmy Giuffre, Don Ellis et Steve Lacy.

Après sa séparation d'avec Paul, elle épousa le trompettiste d'origine autrichienne Michael Mantler en 1965 ; ils eurent une fille, Karen. De leur collaboration naquirent également le label JCOA, le groupe Escalator Over the Hill et le New Music Distribution Service, un distributeur à but non lucratif de musique expérimentale. Dans les années 1970, ils s'installèrent à Willow, dans l'État de New York, où ils fondèrent leur label Watt et un studio d'enregistrement, Grog Kill. Le premier album du label fut son charmant " Tropic Appetites " (1974), avec la voix de Julie Tippetts. Bley travailla sur d'autres disques et joua avec le Jack Bruce Band pendant six mois en 1975.

Au cours des années suivantes, Bley, dont la coiffure distinctive la rendait immédiatement reconnaissable sur scène, a tourné et enregistré avec ses propres groupes, généralement des formations plutôt bruyantes de 10 musiciens avec un son plus imposant et amusant que la plupart des grands orchestres, avec d'excellents musiciens de studio tels que le corniste Vincent Chancey, le bassiste Steve Swallow, le tromboniste Gary Valente et l'ancien batteur des Modern Lovers, D Sharpe, qui a chanté de façon mémorable " I Hate To Sing " sur l'album éponyme de Bley sorti en 1984.

Elle a écrit les paroles et la musique du morceau punk " Fictitious Sports " du batteur de Pink Floyd, Nick Mason, enregistré au Grog Kill avec la voix de Robert Wyatt en 1979 et sorti deux ans plus tard. " I'm a Mineralist " rend un hommage spirituel à Philip Glass ; " Boo to You Too " exprime les sentiments de Bley quant au fait de jouer une musique complexe en public.

Elle a apporté une contribution essentielle aux albums des années 80 du producteur Hal Willner, qui célébraient la musique de Nino Rota, Thelonious Monk et Kurt Weill. Durant cette décennie, Bley a également entamé une relation avec Swallow qui a duré jusqu'à sa mort. Lorsque je l'ai interrogée sur le magnifique Night-Glo (1985), elle a déclaré :  C'était Steve et moi à nos débuts, et nous étions en pleine idylle. Nous étions fascinés par ce qu'on appelait le "quiet storm", une musique qu'on écoutait tard le soir, comme Marvin Gaye, par exemple.  

Trois décennies supplémentaires de composition, d'enregistrement et de tournées ont suivi, notamment The Very Big Carla Bley Band (1991), Fancy Chamber Music (1998), le charmant Carla's Christmas Carols (2009), des quatuors et un trio avec Swallow et le saxophoniste britannique Andy Sheppard, ainsi que d'autres avec le Liberation Music Orchestra.

Bley a remporté de nombreux prix, dont une bourse Guggenheim, le Deutscher Schallplattenpreis et une bourse NEA Jazz Masters, et a été nommée pour bien d'autres, mais elle n'a jamais vraiment trouvé sa place. Elle évoluait dans un milieu où les promoteurs, les fans, les critiques et les musiciens ont tendance à mal comprendre le rôle du compositeur de jazz. Son jeu de piano, bien qu'envoûtant, était au service de ses ambitions de composition.

Bley a évoqué les difficultés rencontrées pour convaincre d'autres musiciens d'interpréter son répertoire.  Ce serait agréable de ne pas avoir à me déplacer pour jouer ma musique. J'ai composé de nombreuses pièces de musique de chambre en me disant : "Tiens, maintenant, tous les ensembles de musique de chambre intéressés par le jazz vont les jouer." Mais personne ne les a jamais jouées. J'ai toujours dû être présente.

Son mariage avec Mantler se solda par un divorce. Elle laisse dans le deuil sa fille Karen et Steve Swallow.

Auteur: Walters John L.

Info: https://www.theguardian.com/ *Cruella dans les 101 dalmatiens, note de Mg

[ band leader ]

 

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nord-sud

L’Âge de la colère Parfois, après une longue attente, apparaît un livre qui écorche l’esprit du temps, brillant comme un diamant fou. Age of Anger, de Pankaj Mishra, auteur aussi du livre fondateur From the Ruins of Empire, pourrait bien en être le dernier avatar.

Pensez à ce livre comme à une ultime arme – conceptuelle – mortelle, fichée dans les cœurs et les esprits d’une population dévastée d’adolescents cosmopolites déracinés 1 qui s’efforcent de trouver leur véritable vocation, au fur et à mesure que nous traversons péniblement la plus longue période – le Pentagone dirait infinie – de guerres mondiales ; une guerre civile mondiale – que dans mon livre 2007 Globalistan j’ai appelée " Liquid War " : Guerre nomade.

L’auteur, Mishra, est un pur produit, subtil, de East-meets-West 2. Il soutient, pour l’essentiel, qu’il est impossible de comprendre le présent si nous ne reconnaissons pas la prégnance souterraine de la nostalgie du mal du pays, qui contredit l’idéal du libéralisme cosmopolite, incarné dans une " société commerciale universelle d’individus rationnels, conscients de leurs intérêts personnels ", conceptualisée par les Lumières via Montesquieu, Adam Smith, Voltaire et Kant.

Le vainqueur de l’histoire est finalement le récit aseptisé des Lumières bienveillantes. La tradition du rationalisme, de l’humanisme, de l’universalisme et de la démocratie libérale était censée avoir toujours été la norme. Il était " manifestement trop déconcertant ", écrit Mishra, " de reconnaître que la politique totalitaire cristallisait des courants idéologiques – racisme scientifique, rationalisme chauvin, impérialisme, technicisme, politique esthétisée, utopie, ingénierie sociale " qui bouleversaient déjà l’Europe à la fin du XIXe siècle. Ainsi, évoquant " le regard furtif en arrière, au-dessus de l’épaule, vers la terreur primitive ", de T.S. Eliot –, qui a finalement conduit l’Ouest à se dresser contre Le Reste du Monde –, nous devons regarder les précurseurs. Fracasser le Palais de Cristal

Entre en scène Eugène Onéguine de Pouchkine, " le premier d’une grande lignée d’hommes inutiles dans la fiction russe ", avec son chapeau de Bolivar, tenant une statue de Napoléon et un portrait de Byron, allégorie de la Russie essayant de rattraper l’Occident, " une jeunesse spirituellement déchaînée avec une conception quasi-byronienne de la liberté, encore pleine du romantisme allemand ". Les meilleurs critiques des Lumières devaient être Allemands et Russes, derniers venus à la modernité politico-économique. Deux ans avant de publier ses étonnants Carnets du sous-sol, Dostoïevski, dans sa tournée en Europe occidentale, voyait déjà une société dominée par la guerre de tous contre tous, où la plupart étaient condamnés à être perdants.

À Londres, en 1862, à l’Exposition internationale au Palais de Cristal, Dostoïevski eut une illumination : " Vous prenez conscience d’une idée colossale […] qu’il y a ici la victoire et le triomphe. Vous commencez même vaguement à avoir peur de quelque chose. " Tout stupéfié qu’il était, Dostoïevski, plutôt astucieux, a pu observer comment la civilisation matérialiste était tout autant renforcée par son glamour que par sa domination militaire et maritime.

La littérature russe a finalement cristallisé le crime de hasard comme le paradigme de l’individualité savourant son identité et affirmant sa volonté – thème repris plus tard, au milieu du XXe siècle, par l’icône de la Beat Generation William Burroughs, qui prétendait que tirer au hasard était son frisson ultime.

Le chemin avait été tracé pour que le festin des mendiants commence à bombarder le Palais de Cristal – même si, comme Mishra nous le rappelle : " Les intellectuels du Caire, de Calcutta, de Tokyo et de Shanghai lisaient Jeremy Bentham, Adam Smith, Thomas Paine, Herbert Spencer et John Stuart Mill " pour comprendre le secret de la bourgeoisie capitaliste en perpétuelle expansion.

Et ceci après que Rousseau, en 1749, a posé la pierre angulaire de la révolte moderne contre la modernité, aujourd’hui éparpillée dans un désert où les échos se répondent, le Palais de Cristal est de facto implanté dans des ghettos luisants partout dans le monde.

Le Bwana des Lumières : lui mort, Missié

Mishra crédite l’idée de son livre à Nietzsche, en commentant la querelle épique entre l’envieux plébéien Rousseau et Voltaire, l’élitiste serein – qui a salué la Bourse de Londres, quand elle est devenue pleinement opérationnelle, comme l’incarnation laïque de l’harmonie sociale.

Mais ce fut Nietzsche qui finit par devenir l’acteur central, en tant que féroce détracteur du capitalisme libéral et du socialisme, faisant de la promesse séduisante de Zarathoustra un Saint Graal attractif pour les bolcheviks – Lénine le haïssait –, le gauchiste Lu Xun en Chine , les fascistes, anarchistes, féministes et hordes d’esthètes mécontents.

Mishra nous rappelle également comment " les anti-impérialistes asiatiques et les barons voleurs américains empruntent avec empressement " à Herbert Spencer, " le premier penseur véritablement mondial " qui a inventé le mantra de " la survie du plus apte " après avoir lu Darwin.

Nietzsche était le cartographe ultime du ressentiment. Max Weber a prophétiquement décrit le monde moderne comme une " cage de fer " dont seul un leader charismatique peut permettre l’évasion. De son côté, l’icône anarchiste Mikhaïl Bakounine avait déjà, en 1869, conceptualisé le révolutionnaire coupant " tout lien avec l’ordre social et avec tout le monde civilisé […] Il est son ennemi impitoyable et continue de l’habiter avec un seul but : Détruire ".

S’échappant du " cauchemar de l’histoire " du suprême moderniste James Joyce – en réalité la cage de fer de la modernité – une sécession, viscéralement militante, hors " d’une civilisation fondée sur un progrès éternel sous l’administration des libéraux-démocrates " est en train de faire rage, hors de contrôle, bien au-delà de l’Europe.

Des idéologies, qui pourraient être radicalement opposées, ont néanmoins grandi en symbiose avec le tourbillon culturel de la fin du XIXe siècle, depuis le fondamentalisme islamique, le sionisme et le nationalisme hindou jusqu’au bolchevisme, au nazisme, au fascisme et à l’impérialisme réaménagé.

Dans les années trente, le brillant et tragique Walter Benjamin, avait non seulement prophétisé la Seconde Guerre mondiale mais aussi la fin de la partie, alors qu’il était déjà en train d’alerter sur la propre aliénation de l’humanité, enfin capable " d’expérimenter sa propre destruction comme un plaisir esthétique du premier ordre ". La version pop actuelle en live-streaming, style bricolage, comme ISIS, essaie de se présenter comme la négation ultime des piétés de la modernité néolibérale.

L’ère du ressentiment

Tissant les fils savoureux de la politique et de la littérature par pollinisation croisée, Mishra prend son temps pour poser la scène du Grand Débat entre ces masses mondiales en développement, dont les vies sont forgées par " l’histoire largement reconnue de la violence " de l’Occident atlantiste, et des élites modernes nomades (Bauman) tirant profit du rendement de la partie – sélective – du monde qui a fait les percées cruciales depuis les Lumières dans la science, la philosophie, l’art et la littérature.

Cela va bien au-delà d’un simple débat entre l’Orient et l’Occident. Nous ne pouvons pas comprendre la guerre civile mondiale actuelle, ce " mélange intense d’envie, de sentiment d’humiliation et d’impuissance post-moderniste et post-vérité ", si nous n’essayons pas de " démanteler l’architecture conceptuelle et intellectuelle des gagnants de l’histoire en Occident ", issue du triomphalisme des exploits de l’histoire anglo-américaine. Même au summum de la Guerre froide, le théologien américain Reinhold Niebuhr se moquait des " ternes fanatiques de la civilisation occidentale " dans leur foi aveugle selon laquelle toute société est destinée à évoluer exactement comme une poignée de nations occidentales – parfois – l’ont fait.

Et cela – ironie ! – tandis que le culte internationaliste libéral du progrès imitait le rêve marxiste de la révolution internationaliste.

Dans sa préface de 1950 aux Origines du totalitarisme – un méga best-seller ressuscité –, Hannah Arendt nous a essentiellement dit d’oublier la restauration éventuelle du Vieil ordre mondial. Nous avons été condamnés à voir l’histoire se répéter, " l’itinérance à une échelle sans précédent, l’absence de racines à une profondeur sans précédent ".

Pendant ce temps, comme Carl Schorske l’a noté dans son spectaculaire Fin-de-Siècle à Vienne : Politique et Culture, l’érudition américaine a " coupé le lien de conscience " entre le passé et le présent, carrément aseptisé l’Histoire, des siècles de guerre civile, de ravage impérial, de génocide et d’esclavage en Europe et en Amérique ont ainsi tout simplement disparu. Seul le récit TINA (il n’y a pas d’alternative) a été autorisé, voici comment les atlantistes, avec le privilège de la raison et l’autonomie de la personne, ont fait le monde moderne.

Entre maintenant en scène Jalal Al-e-Ahmad, né en 1928 dans le sud pauvre de Téhéran, et l’auteur de Westoxification (1962), un texte majeur de référence sur l’idéologie islamiste, où il écrit que " l’Érostrate de Sartre tire au revolver, avec les yeux bandés, sur les gens dans la rue ; le protagoniste de Nabokov précipite sa voiture dans la foule ; et l’Étranger, Meursault, tue quelqu’un en réaction à un mauvais coup de soleil ". Vous pouvez parler d’un croisement mortel – l’existentialisme rencontre les bidonvilles de Téhéran pour souligner ce que Hanna Arendt a appelé la " solidarité négative ".

Arrive ensuite Abu Musab al-Suri, né en 1958 – un an après Osama ben Laden – dans une famille de la classe moyenne dévote, à Alep. C’est Al-Suri, et non l’Égyptien Al-Zawahiri, qui a conçu une stratégie de djihad mondial sans leader dans The Global Islamic Resistance Call, basée sur des cellules isolées et des opérations individuelles. Al-Suri était le " choc des civilisations " de Samuel Huntington appliqué à al-Qaïda. Mishra le définit comme le " Michel Bakounine du monde musulman ".

Cette " syphilis des passions révolutionnaires

Répondant à cette ridicule affaire néo-hégélienne de " fin de l’histoire ", après la Guerre froide, Allan Bloom a averti que le fascisme pourrait être l’avenir ; et John Gray a télégraphié le retour des " forces primordiales, nationalistes et religieuses, fondamentalistes et bientôt, peut-être, malthusiennes ".

Et cela nous amène à expliquer pourquoi les porteurs exceptionnels de l’humanisme et du rationalisme des Lumières ne peuvent expliquer l’agitation géopolitique actuelle – de ISIS au Brexit et à Trump. Ils ne peuvent jamais arriver à penser quelque chose de plus sophistiqué que l’opposition binaire de libre et non libre ; les mêmes clichés occidentaux du XIXe siècle sur le non-Occident ; et la diabolisation incessante de cet éternel Autre arriéré : l’islam. De là la nouvelle " longue guerre " (terminologie du Pentagone) contre l’islamofascisme. Ils ne pourraient jamais comprendre, comme le souligne Mishra, les implications de cette rencontre d’esprits dans une prison de Supermax au Colorado entre l’auteur de l’attentat d’Oklahoma City, l’Américain pur jus Timothy McVeigh et le cerveau de la première attaque contre le World Trade Center, Ramzi Yousef (musulman normal, père pakistanais, mère palestinienne).

Ils ne peuvent pas comprendre comment les concepteurs d’ISIS arrivent à enrégimenter, en ligne, un adolescent insulté et blessé d’une banlieue parisienne ou d’un bidonville africain et le convertir en narcissique – baudelairien ? – dandy fidèle à une cause émergente, pour laquelle il vaut la peine de se battre. Le parallèle entre le bricolage djihadiste et le terrorisme russe du XIXe siècle – incarnant la " syphilis des passions révolutionnaires ", comme l’a décrit Alexander Herzen – est étrange.

Le principal ennemi du djihad de bricolage n’est pas même chrétien; c’est le shi’ite apostat. Les viols massifs, les meurtres chorégraphiés, la destruction de Palmyre, Dostoïevski avait déjà tout identifié. Comme le dit Mishra, " il est impossible pour les Raskolnikov modernes de se dénier quoi que ce soit, mais il leur est possible de justifier tout ".

Il est impossible de résumer tous les feux croisés rhizomatiques – salut à Deleuze et Guattari – déployés à l’Âge de la colère. Ce qui est clair, c’est que pour comprendre la guerre civile mondiale actuelle, la réinterprétation archéologique du récit hégémonique de l’Occident des 250 dernières années est essentielle. Sinon, nous serons condamnés, comme des gnomes de Sisyphe, à supporter non seulement le cauchemar récurrent de l’Histoire, mais aussi son coup de fouet perpétuel.

Auteur: Escobar Pepe

Info: Février 2017, CounterPunch. Beaucoup d'idées sont tirées de son ouvrage : Globalistan, How the Globalized World is Dissolving into Liquid War, Nimble Books, 2007

[ vingt-et-unième siècle ]

 

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