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rite de passage

Nous considérons que l’histoire de la création d’Eve fait partie d’une tradition originelle des tribus Habiru, tradition qui s’est transmise de génération en génération. Il s’agit de rassembler et de mettre en place d’autres fragments de cet héritage. […]

L’Être Suprême les a créés [Adam et Eve], mâle et femelle, de la poussière de la terre. (Les histoires du Paradis et du Péché originel appartiennent à un autre "cycle" et furent rattachées beaucoup plus tard à l’histoire de la création.) Lorsqu’Adam grandit, le Seigneur fit tomber sur lui une profonde torpeur. C’est ici que commence une nouvelle interprétation fondée sur les données comparatives de l’anthropologie et de l’histoire. Après avoir atteint la puberté, le premier être humain subit une mort initiatique. Sur quoi repose une telle hypothèse ? Dans la phrase : "YHWH Elohim fait tomber une torpeur sur l’homme. Il dort."

Le mot hébreu employé pour désigner le sommeil nous permet de conclure avec certitude qu’il ne s’agit pas d’un sommeil ordinaire mais bien d’un sommeil miraculeux, divin, une sorte de transe ou d’extase. […]

Sans aucun doute, ce sommeil est proche de la mort ou en est un substitut ; c’est une expérience semblable à la mort. […]

L’extraction de la côte constitue un autre élément de notre preuve indirecte. Cet indice fait encore partie du rituel de mort et de renaissance que nous avons observé dans les cérémonies de puberté des sociétés sans écriture. Lorsqu’un jeune homme est initié à la société Ndembo en Afrique, il est censé tomber raide mort. Il est vêtu comme un mort et transporté hors du village. Son corps est censé pourrir à l’exception d’un seul os. Après plusieurs mois, le prêtre prend cet os et fait renaître chacun des jeunes hommes. La ressemblance entre cette opération mystique de l’os et le mythe d’Adam est frappante.

[…] l’histoire [biblique d’Adam] commence par un sommeil qui ressemble à la mort, se poursuit par l’extraction d’une partie du corps et s’achève par une vie nouvelle. Dans les mythes primitifs, c’est un démon ou un dieu-totem mystérieux qui accomplit l’opération. Dans la Bible, c’est Yahvé, créateur du ciel et de la terre.

Auteur: Reik Theodor

Info: La création de la femme, traduit de l’américain par Evelyne Sznycer et Martine Van Berchem, éditions Complexe, 1975, pages 89 à 92

[ rapprochements ] [ comparaison ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

hommes-femmes

Il semblerait que les femmes aient davantage besoin d'être aimées que les hommes.

Ça n'a rien à voir avec une attitude narcissique, comme certains psychanalystes le pensent, mais plutôt avec le fait que les femmes se sentent plus en insécurité que les hommes, bien qu'elles savent le cacher bien mieux qu'eux.

Elles veulent l'assurance d'être désirées.

Beaucoup plus à la merci de leur insécurité-bien-cachée que les hommes, les femmes veulent entendre et entendre de façon répétitive, pourquoi et comment elles sont aimées.

C'est comme si un vieux doute devait être dissipé.

Elles savent beaucoup mieux que les hommes que ce qui compte n'est pas ce qu'elles sont mais ce qu'ils pensent qu'elles sont.

D'ailleurs, elles se modèlent fréquemment à l'image que les hommes se font d'elles.

Elles sont secrètement effrayées que leur homme bien aimé découvre soudainement à quel point elles sont vulnérables et faibles.

Elles savent bien qu'elles ne sont pas parfaites mais elles connaissent aussi toute l'importance de paraitre comme tel, pour ces messieurs qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Les dames ne sont pas inconstantes dans leur affection, contrairement aux hommes, puisque ceux-là placent vraiment très haut leur Idéal-du-Moi.

En général les femmes n'ont pas cette puissante urgence qui les pousse à idéaliser leur partenaire.

Elles peuvent aimer les hommes tout en connaissant leurs pires défauts et leurs failles ultimes.

Ce qui est beaucoup plus difficile pour un homme.

Voilà pourquoi elles sont moins enclines à avouer leurs fautes et leurs humaines faiblesses, bien qu'elles en soient conscientes la majeure partie du temps.

Elles perçoivent bien cette nécessité psychologique chez l'homme qui le pousse à vouloir rendre réel son idéal.

Les femmes se protègent à l'aide de leur fierté puisque leurs profondes vulnérabilité et insécurité rendent cette protection nécessaire.

Elles ont besoin, plus que les hommes, de se sentir rassurées sur le fait d'être aimées avant de pouvoir commencer à aimer.

Sensibles à la moindre inattention, négligence ainsi qu'au manque d'appréciation, elles craignent de ne céder trop facilement lorsque les hommes leur font la cour.

Cette peur, si souvent justifiée, les fait attendre et hésiter, suscite leurs résistances, et retarde leurs réponses aux tentatives de séduction.

Auteur: Reik Theodor

Info:

[ inquiétude ] [ regard de l'autre ] [ femmes-par-homme ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

exégèse juive

Quelques mois plus tard, on me permit d’assister aux discussions entre mon grand-père et quelques savants talmudiques. En général, ces discussions se déroulaient le soir, après le dîner. Plusieurs hommes à barbe grise et papillotes, vêtus de kaftans démodés et plutôt sales, venaient chez mon grand-père pour se lancer rapidement dans un débat animé sur quelques passages obscurs du Talmud. Ce débat nous semblait à nous, enfants, passionné. Admis dans ce cercle de savants illustres, quoique malodorants, je dois admettre à présent que, dans le coin de la chambre où j’étais assis, j’écoutais en silence, tout à fait incapable de suivre l’argumentation sophistique et subtile qui se déroulait conformément à la méthode propre à cette dialectique nommée pilpul.

Au cours de ces discussions sur des difficultés d’interprétation, le petit garçon que j’étais entendait souvent une expression que mon grand-père m’expliqua lorsque je le lui demandai. Cette expression était tomer verkehrt. Le premier mot est yiddish et signifie "peut-être" ; le second est allemand et veut dire "inversé". Cette expression était parfois utilisée dans l’interprétation de passages obscurs de la Bible lorsqu’il fallait peut-être inverser ces passages pour les comprendre, ou lorsque leur signification pouvait apparaître clairement si le texte était lu à l’envers. […]

C’est au cours d’une de ces soirées de débat théologique que se déroula le petit incident que mon père raconta parfois à ses amis. Ces vieux savants (mon grand-père et ses amis) venaient de discuter en détail l’histoire de la création d’Eve dans la Genèse […]. La légende absurde de la Bible, à laquelle ces vieillards avaient été confrontés, avait dû les dérouter […]. Une longue discussion sur la signification de la tradition d’Eve s’était déroulée selon la procédure du pilpul, mais le problème était resté sans solution. La signification du récit biblique demeurait obscure.

Les vieillards restaient assis en silence, plongés dans de profondes réflexions ; ils méditaient sur l’énigme de la naissance d’Eve du flanc d’Adam. C’est alors que j’intervins soudain. Au milieu du silence, j’entendis ma voix dire : "tomer verkehrt !". […] J’avais seulement pensé tout haut – j’avais voulu exprimer cette idée que le récit biblique de la naissance d’Eve du flanc d’Adam pouvait être compris si l’on inversait les termes principaux de l’histoire. […]

Indigné, mon grand-père qualifia mon attitude d’effronterie (il utilisa le mot hébreu "chuzpeh") et il me mit à la porte. Plus jamais il ne me fut permis d’assister aux réunions des Talmudistes. Il me semble que c’est ce jour-là que fut implantée en moi la graine du combat que je menai ensuite pour la liberté de la recherche.

Auteur: Reik Theodor

Info: La création de la femme, traduit de l’américain par Evelyne Sznycer et Martine Van Berchem, éditions Complexe, 1975, pages 67 à 69

[ souvenir ] [ inversion ] [ psychanalyse ]

 

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