Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info
Rechercher par n'importe quelle lettre



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Dictionnaire analogique intriqué pour extraits... Recherche mots ou phrases tous azimuts... Outil de précision sémantique et de réflexion communautaire... Cerveau source du  MTTV-flp !   Voir aussi la rubrique mode d'emploi. Jetez un oeil à la colonne "chaînes". ATTENTION, faire une REINITIALISATION après  une recherche complexe. ... Lire la suite >>
Nuage de corrélats : pour l'activer, cochez seulement catégorie et tag dans la recherche avancée à gauche.
Résultat(s): 98919
Temps de recherche: 0.1175s

institution catholique

Le troupeau continuait de s'amenuiser inexorablement, même si les Français requéraient encore la présence de l'Église lors des grands événements de leur existence. Pour un mariage, des obsèques, l'église était pleine ; les parents, les voisins se pressaient, exigeant la présence d'un prêtre. Que Georges déléguât un laïc pour une bénédiction, on lui reprochait son absence. Il maugréait...

" Les gens sont incroyables ! Personne ne pratique plus, on se désintéresse de l'Église, de son message, on la critique, mais on compte sur elle : il faut un prêtre. "

Le mariage, les obsèques ne ramenaient pas les participants à une pratique plus régulière. Le lendemain de la cérémonie, l'église retrouvait son aspect ordinaire, comme une salle de spectacle après le concert. Livres rangés, micros éteints, allées balayées. Un bâtiment vide et propre, était-ce ça l’ecclesia voulue par les premiers chrétiens ?

L’époque est curieuse, pensait le père Tellier : on ne tient plus compte de ce que l'Église dit, chacun vit à sa guise, mais qu'elle prenne la parole sur le divorce, l'homosexualité, la fin de vie, aussitôt elle dérange. Elle est un caillou dans la chaussure de nos contemporains. Plus ils désertent, plus ils se heurtent à elle ; son discours plein de mesure les rend furieux : elle les empêche de forniquer, d'abréger une vie, sans se poser de questions sur ce que ces gestes signifient.

Ils la détestent mais ils ne peuvent pas se passer d'elle.

Auteur: Montety Étienne de

Info: La grande épreuve

[ rite ] [ routine ] [ paradoxe ] [ moraline ] [ réconfort ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ← B ← Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

théorie-pratique

Quand elle rentre en France pour les vacances, elle séjourne chez ses parents. La première fois qu'elle est arrivée escortée d'une clocharde, c'était quelques jours avant Noël ; à la vue de la femme aux cheveux décolorés et en bataille, vêtue d'un blouson et d'un pantalon de treillis, son père l'a prise à part :

⁃ D'où sort-elle, celle-là ?

- Je l'ai rencontrée dans le train. Elle ne sait pas où dormir.

- Tu ne vas pas la faire coucher à la maison, enfin !

- C'est l'hiver, papa. Même ta voiture est à l'abri dans le garage.

- Il y a sûrement des hébergements en ville, je vais la conduire aux services sociaux.

- Ils m'ont dit que tout est complet.

- Pas question qu'elle reste ici.

- " J'avais froid et vous m'avez hébergé... " M. Mauconduit a blêmi, et cédé.



" Pauvre papa, songe aujourd'hui Petite Sœur Agnès, je ne l'ai guère ménagé. Il ne manquait jamais la messe, soutenait des œuvres, donnait au mendiant du porche de l'église. Quant à l'accueillir chez lui... "


Auteur: Montety Étienne de

Info: La grande épreuve

[ charité ] [ bienfaisance ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ → B → Φ · Mettre en veille entre les cycles. Propager uniquement si Φ réinjecte Ψ.

lecture

C'est ainsi que jamais je ne lis en me conformant à la pagination, mais comme la Vie aura été accomplie avec jubilation, désordre, tapage, chahut de métonymies, façon tout à fait anti-militaire et capricieuse comme un rêve ou les aléas d'une passion, en chapardant.


Auteur: Cixous Hélène

Info: Ce qui n'était jamais arrivé

[ survol ] [ éparpillement ] [ liberté ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · La robustesse naît de la sous-optimalité.

IAs marchandisées

L'économie du jeton numérique ( tokens ) s'inscrit au cœur d'un dispositif marchand de facture tout classique : la métamorphose de la puissance computationnelle en une denrée de consommation courante. L'infrastructure des interfaces de programmation — ces fenêtres ouvertes sur l'esprit algorithmique — obéit aux exigences séculaires du profit et de la maximisation des marges.

Les rouages de la captation

- Le péage sur la pensée
: En prélevant son tribut à l'entrée comme à la sortie de la machine, le modèle taxe chaque inflection du texte. Plus le raisonnement s'embranche et s'approfondit, plus le tribut s'accroît, indexant le coût sur la complexité même du propos.

- L'illusion de l'abondance : En élargissant sans cesse la capacité des mémoires immédiates, l'industrie encourage l'engloutissement de volumes vertigineux de données. Cette profusion gonfle la dépense sans pour autant offrir l'assurance d'une grâce spirituelle ou pratique proportionnelle.

- La dépense invisible : L'émergence d'agents autonomes, condamnés à une introspection permanente pour corriger leurs propres erreurs, démultiplie à l'insu de l'usager le commerce sous-terrain des requêtes.

La pesanteur des infrastructures

Une telle marchandisation répond également à la matérialité brutale du monde. Élever puis entretenir ces cathédrales de silicium exige un tribut colossal en énergie, en eau et en métaux rares. La tarification au jeton constitue ainsi le mécanisme d'amortissement par lequel le coût de cette industrie lourde se trouve répercuté sur l'artisan ou le créateur.

L'accès à la faculté calculatoire ne saurait donc échapper aux lois fondamentales du commerce : il s'agit d'une marchandisation du flux où l'adresse du vendeur réside tout entière dans l'art de rendre la consommation inéluctable.



 

Auteur: Mg

Info: 20 août 2026, mis en forme par Gemini

[ consumérisme ] [ intelligences artificielles ] [ fuite en avant ] [ force brute ]

 

Commentaires: 0

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

homme-animal

C’est en Amérique que les chevaux ont commencé à parcourir le monde. Un million d’années avant l’apparition de l’homme, ils paissaient dans les vastes plaines d’herbes rabougries et traversaient d’autres continents sur des ponts de roche bientôt détruits par le retrait des glaces. Ils ont d’abord connu l’homme comme la proie connaît le chasseur, car bien avant de les considérer comme un moyen de tuer d’autres bêtes, l’homme les tuait pour leur viande.

Des peintures rupestres en témoignent. Lions et ours se retournaient et se battaient, et c’est à ce moment-là que les hommes les transperçaient de leurs lances. Mais le cheval était une créature de fuite, non de combat, et, avec une logique implacable, le chasseur utilisa la fuite pour l’anéantir. Des troupeaux entiers furent précipités du haut des falaises vers une mort certaine. Les amas de leurs ossements brisés en témoignent. Et bien que plus tard il soit venu feindre l’amitié, l’alliance avec l’homme ne serait jamais que fragile, car la peur qu’il avait semée dans leurs cœurs était trop profonde pour être délogée.

Depuis ce moment néolithique où l’on a mis un licol au cheval pour la première fois, certains hommes l’ont compris.

Ils pouvaient voir au fond d’eux. Ils apaisaient l'âme des créatures et les blessures qu'ils y trouvaient. On les prenait souvent pour des sorcières, et peut-être l'étaient-elles. Certaines pratiquaient leur magie avec des os blanchis de crapauds, cueillis dans des ruisseaux au clair de lune. D'autres, disait-on, pouvaient d'un seul regard enraciner les sabots d'une équipe de travailleurs dans la terre qu'ils labouraient. Il y avait des gitans et des forains, des chamans et des charlatans. Et ceux qui possédaient véritablement ce don avaient coutume de le garder précieusement, car on disait que celui qui chassait le diable pouvait aussi le faire rentrer. Le propriétaire d'un cheval que vous aviez apaisé pouvait vous serrer la main puis danser autour des flammes pendant qu'elles vous brûlaient sur la place du village.

Pour les secrets murmurés à l'oreille des personnes sensibles et troublées, ces hommes étaient connus sous le nom de Chuchoteurs. 


Auteur: Evans Nicholas

Info: L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux

[ équidés ] [ compréhension ] [ empathie ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

passion amoureuse

Elle semblait avoir besoin de quelque chose qu’il n’avait pas su lui donner… Finalement, il comprit que ce dont elle avait besoin, c’était du besoin lui-même. Qu’il devait avoir besoin d’elle comme elle avait besoin de lui. 

Auteur: Evans Nicholas

Info: L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux

[ manque ] [ miroir ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le bit réside dans le saut, non dans le proton nu.

maintenant

Je suppose que c'est tout ce qu'est l'éternité… Une longue suite d'instants présents. Et je suppose que tout ce qu'on peut faire, c'est essayer de vivre un instant à la fois sans trop se préoccuper du précédent ni du suivant.


Auteur: Evans Nicholas

Info: L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux

[ en ce moment ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ → B → Φ · Le bit réside dans le saut, non dans le proton nu.

couple

J’ai toujours su que je t’aimais davantage que tu ne m’aimais, et cela ne m’a jamais vraiment dérangé. Je m'estimais chanceux — presque étonné — qu’une femme aussi vivante et belle que toi ait choisi de vivre avec un homme comme moi.

Je croyais qu’en étant le meilleur mari, le meilleur père et même un bon avocat, tout cela pourrait suffire. Je ne cherchais pas nécessairement à être aimé avec la même intensité ; je m’étais convaincu que je n’avais pas besoin de davantage.

Mais je constate que tu ne sais plus ce que tu ressens pour moi, ni si tu veux encore partager ta vie avec moi. Alors, je te demande de ne pas rentrer à la maison tant que tu ne seras pas capable de prendre une décision claire.



 

Auteur: Evans Nicholas

Info: L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux. Alors que sa femme est clairement troublée voire énamourée par le "chuchoteur"

[ dialogue ] [ romantique ] [ romanesque ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

enfant unique

Toutes ces années où papa et toi vous avez essayé d'avoir un autre bébé... Chaque soir, je priais pour que ça marche. Parce que, comme ça, je n'aurais pas eu à continuer d'être la meilleure. En tant que fille unique, je sentais que vous me demandiez d'être bonne en tout, parfaite, et je n'étais pas parfaite, j'étais seulement moi.


Auteur: Evans Nicholas

Info: L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux

[ sous pression ] [ stressé ] [ associal ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

hubris

L’homme, incorrigible, avait en son cœur la présomption, à l’instigation du géant Nemrod, de surpasser par son art non seulement la nature, mais l’auteur même de la nature, qui est Dieu. Il commença à édifier une tour à Sennaar, qui fut appelée ensuite "Babel", c'est-à-dire "confusion", tour par laquelle il espérait atteindre le ciel, avec l'intention irréfléchie non pas d’égaler, mais de dépasser son Créateur. 

O incommensurable clémence de l'empire céleste ! Quel père supporterait tant d'insultes de son fils ! Mais Dieu, brandissant un martinet non pas hostile mais paternel, qu’il avait déjà utilisé en d’autres occasions, châtia le fils qui se rebellait par une correction pleine d'amour et pourtant mémorable. 

En vérité, presque tout le genre humain était réuni pour accomplir cette œuvre de perversion : qui commandait, qui préparait les plans, qui dressait les murs, qui les mesurait avec l’équerre, qui les enduisait à la truelle, qui fendait les roches, qui s'occupait de les transporter par voie de mer ou de terre, les différents groupes s'adonnant à différents autres travaux — lorsqu'ils furent frappés d’en haut d’une confusion si terrible que tous ceux qui, ensemble, se consacraient à leur ouvrage au moyen d’un seul et même parler, abandonnèrent l’entreprise, divisés en de nombreux parlers, et ne purent jamais s’accorder en vue d’un dessein commun.

Un parler identique ne subsista que pour ceux qui collaboraient à un même travail : par exemple, un parler pour tous les architectes, un pour tous ceux qui roulaient les pierres, et un encore pour tous ceux qui les préparaient, et il en fut de même pour chaque groupe d'ouvriers. Le genre humain est ainsi éclaté en autant d’idiomes qu’il y avait de variétés de travaux à accomplir dans cette entreprise. Et plus les réalisations étaient excellentes, plus les parlers de leurs auteurs sont maintenant grossiers et barbares.

Ceux chez qui se maintint l’idiome sacré n'étaient pas présents et n’approuvaient pas l’entreprise. Ils l’exécraient totalement et se moquaient de la stupidité de ceux qui y travaillaient. Ce groupe, bien petit quant au nombre, appartenait, comme je le suppose, à la descendance de Sem, le troisième fils de Noé. C’est de ce groupe qu'est issu le peuple d'Israël, qui jusqu’à sa dispersion se servit du plus ancien des parler. 

Auteur: Dante Alighieri

Info: De l'éloquence en vulgaire, trad. Irène Rosier-Catach, Librairie Arthème Fayard, 2011

[ punition ] [ Bible ] [ langues ] [ division ] [ mythe ] [ origine ]

 
Commentaires: 2
inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.