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rédemption chrétienne

L’Eden et Gethsémani sont les deux jardins dans lesquels se joua le sort de l’humanité. Dans l’Eden, Adam a péché ; à Gethsémani, le Christ a pris sur Lui le péché de l’humanité. Dans l’Eden, Adam se dissimula au regard de Dieu ; à Gethsémani, le Christ Se présenta à Son Père en intercesseur. Dans l’Eden, Dieu retrouva Adam dans son péché de révolte ; à Gethsémani, le Nouvel Adam rechercha Son Père dans un acte de soumission et de résignation. Dans l’Eden, une épée fut tirée pour protéger l’entrée du jardin ; à Gethsémanie, l’épée fut remise au fourreau.

Auteur: Sheen Fulton

Info: Dans "La vie du Christ", trad. Abbé Giraud P.S.S., éditions Dominique Martin Morin, 2012, page 424

[ péché originel ] [ bible ] [ symbolisme inversé ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

autodestruction douce

A tous ceux  qui s'étonnent de me voir encore en vie je réponds : on peut se suicider sans vraiment mourir. C’est ce que j’ai fait à travers mes livres. Solution tellement confortable, tellement suisse…

Auteur: Jaccard Roland

Info: cité par Frédéric Schiffter

 

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Ajouté à la BD par miguel

imaginaire

La littérature est au-dessus de la métaphysique. La première se précipite dans la profondeur des contradictions humaines, alors que la seconde reste au bord de l’abîme.

Auteur: Jaccard Roland

Info: cité par Frédéric Schiffter

[ lecture ] [ écriture ] [ psychanalytique ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

éloge funèbre

Roland Jaccard a mis fin à ses jours hier, lundi 20 septembre. Nombre de ses amis ont reçu un courriel matinal indiquant qu’il était sur le point de partir, qu’il tirait sa révérence. Pour moi, c’était à 8h09. Avec pour objet "Une leçon de dandysme helvétique" et les phrases suivantes dans le corps du texte : "Tu es un des seuls à m’avoir compris! Amitiés vives !"

Roland m’a fait beaucoup d’honneur. Nous n’étions peut-être pas beaucoup à l’avoir compris, mais il y en avait tout de même quelques-uns. À l’avoir compris et à l’avoir aimé. J’ai trainé un vilain pressentiment, toute la matinée, mais j’étais face à des étudiants et je me suis promis de l’appeler dès la pause de midi. Deux coups de téléphone de Gil Mihaely puis d’Elisabeth Lévy m’ont indiqué que c’était devenu inutile.

J’ai été sidéré mais pas surpris. Sidéré parce que, tout de même, la mort d’un ami, d’une de ces amitiés littéraires transformée en affection réciproque avec le temps, c’est une espèce de bloc d’abîme au creux de l’âme et des tripes, un bloc d’abîme que connaissent tous ceux qui apprennent la disparition brutale d’un être cher. 

Mais je n’ai pas été surpris : qui connaissait Roland savait que le suicide était chez lui un thème récurrent, une obsession, une porte de sortie presque rassurante. Le suicide est cette liberté terrible des stoïciens, et il y avait du stoïcien chez Roland au-delà de son hédonisme élégant, résumé ainsi par Marc-Aurèle dans Pensées pour moi-même : "Il y a trop de fumée ici, je m’en vais". Le suicide, Roland connaissait : en leur temps son père et son grand-père avaient eux aussi choisi la nuit. Il écrivait dans "Les Carnets de mon père", un de ses "Billets du vaurien" qu’il donnait chaque semaine à Causeur : "Soyons francs : nous avons aimé vivre une fois, mais nous n’aimerions pas recommencer. C’était aussi l’opinion de mon père." C’est à 80 ans que son père avait tiré sa révérence. Roland a écrit et dit, souvent, qu’il n’avait pas l’intention de le dépasser en âge. Et de fait, il allait avoir 80 ans, le 22 septembre. Quand vous aimez quelqu’un, vous ne l’écoutez pas, ou vous ne voulez pas le croire. C’est oublier que derrière la désinvolture de Roland, derrière son élégante et éternelle dégaine d’adolescent filiforme, il était d’une terrible rigueur. Il n’épargnait personne de ses sarcasmes et surtout pas lui-même. Mais on se rassure comme on peut, quand on aime. Après tout, un de ses maîtres et amis, Cioran, n’avait-il pas dans toute son œuvre parlé du suicide comme seule solution rationnelle à l’horreur du monde sans jamais passer à l’acte ? 

Non, décidément, malheureux comme les pierres mais pas surpris : lundi 13 septembre, après des mois d’absence puisqu’il avait décidé de revenir vivre dans sa ville natale, à Lausanne, depuis le début de la crise sanitaire, il était apparu à une réunion de rédaction suivie d’un pot célébrant le départ d’un des nôtres. Il paraît évident, maintenant, qu’il était venu nous dire au revoir ou plus précisément, car là encore on méconnait trop souvent à quel point celui qui faisait profession de cynisme aimait l’amitié, il avait voulu passer un peu de temps avec nous une dernière fois. De quoi ai-je parlé avec Roland pour ce qui était, sans que je le sache, une ultime rencontre ? Je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à m’en souvenir. Je voudrais vous dire qu’il avait donné des indices implicites, ce ne serait pas vrai. Il avait son flegme habituel, son sourire oriental, son exquise courtoisie d’homme qui a perdu depuis longtemps toute illusion mais qui n’en fait pas un drame, courtoisie héritée de cette civilisation naufragée de la Mitteleuropa à laquelle avait appartenu sa mère autrichienne.

Je voudrais tout de même souligner, maintenant, son importance dans le paysage intellectuel français. Il a écrit des livres essentiels sur la psychanalyse avec laquelle il entretenait des rapports ambigus comme avec tout le reste, notamment L’exil intérieur en 1975. Il y disait d’une autre manière, ce que Debord avait cerné dans La Société du Spectacle : l’impossibilité dans le monde moderne pour les êtres de rencontrer d’autres êtres, et pire encore l’impossibilité pour l’homme de coïncider avec lui-même. Il a été aussi une des plus belles plumes du Monde comme critique des essais et surtout un éditeur hors pair aux PUF où sa collection, "Perspectives critiques", présente un catalogue de rêve. On lui doit la découverte d’André Comte-Sponville mais il a aussi publié Clément Rosset ou Marcel Conche et a assuré, à travers plusieurs autres auteurs, les noces de la philosophie et de la littérature : on y trouve ainsi les inclassables et tellement talentueux Romain Slocombe et Frédéric Pajak.

Après, d’autres le réduiront sans doute à une légende qu’il a malicieusement entretenue dans ses journaux intimes dont le monumental Le Monde d’avant (1983-1988) paru au début de l’année dont nous avons rendu compte dans Causeur. Son amitié, jamais reniée, avec Matzneff malgré les brouilles, son goût pour les jeunes filles qui ressemblaient à son idole, Louise Brooks, ou qui venait de l’Empire du Levant. Sa manière de jauger et de juger les hommes à la manière dont ils jouaient au ping-pong et aux échecs. Une de ses grandes tristesses fut d’ailleurs la fermeture pour rénovation du Lutétia, où on pouvait le trouver tous les dimanches dans les salons où il vous mettait très rapidement échec et mat. 

Au-delà de son refus de la postérité, celle qui consiste à avoir des enfants comme celle qui nous fait survivre à notre propre mort en étant encore lu dans vingt ou trente ans, le nihiliste Roland était un homme étonnamment soucieux de transmettre. Il refusait de l’admettre, il disait que je le taquinais, mais pourtant il suffit d’ouvrir un de ses livres pour avoir envie de lire les auteurs dont il parle : Cioran, bien sûr mais aussi son cher Amiel ou encore Paul Nizon. J’en oublie, forcément.

Je ne sais pas où est Roland désormais. Il se riait de mon communisme comme de mon catholicisme qui revient avec l’âge. Il n’empêche, je suis content d’avoir ses livres dans ma bibliothèque. Je vais le relire. C’est encore la meilleure des prières en même temps que le plus beau des hommages que je peux lui rendre. Le plus consolant aussi, car nous allons être un certain nombre, à Causeur et ailleurs, à avoir besoin d’être consolé.

Auteur: Leroy Jérôme

Info: Causeur, 21 sept 2021

[ eulogie ] [ écrivain-sur-écrivain ]

 
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Ajouté à la BD par miguel

libération

Nous ne voulons plus travailler au spectacle de la fin du monde, mais à la fin du monde du spectacle.

Auteur: Debord Guy

Info:

[ chiasme ]

 

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Ajouté à la BD par Le sous-projectionniste

subjectivités

De ce que j'ai pu constater les journalistes ont l'habitude d'user du cliché (algorithme) le plus proche dans leur point de vue, ce qui est extrêmement peu instructif car il n'y a pas tant de clichés que ça. La vérité est presque toujours très éloignée du cliché et la seule chose que vous percevez de l'événement réel n'est que ce cliché soi-disant proche. Il est tout simplement impossible d'apprécier la pure horreur du reportage d'un média traditionnel aussi longtemps qu'on aura pas fait un reportage sur vous. C'est tellement pire que vous ne le pensez.

Auteur: Yudkowsky Eliezer Shlomo

Info: Comment on the paper "Predictible Fakers" from Robin Hanson, www.overcomingbias.com. 20 janvier 2009

[ loupe médiatique ] [ lissage ] [ banalisation ]

 

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intelligence artificielle

Le plus grand danger de l'IA, est, de très loin, que les gens concluent trop tôt qu'ils la comprennent.

Auteur: Yudkowsky Eliezer Shlomo

Info:

[ vigilance ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

célébrité

Un financier va chanter, un avocat va se faire indicateur de police, un boulanger va exposer ses préférences littéraires, un acteur va gouverner, un cuisinier va philosopher sur les moments de cuisson comme jalons dans l’histoire universelle. Chacun peut surgir dans le spectacle afin de s’adonner publiquement, ou parfois pour s’être livré secrètement, à une activité complètement autre que la spécialité par laquelle il s’était d’abord fait connaître. Là où la possession d’un "statut médiatique" a pris une importance infiniment plus grande que la valeur de ce que l’on a été capable de faire réellement, il est normal que ce statut soit aisément transférable, et confère le droit de briller, de la même façon, n’importe où ailleurs. 

Auteur: Debord Guy

Info: Commentaires sur la société du spectacle, IV, 1988

[ vedettes incompétentes ] [ starification rentabilisée ]

 

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voyages normalisés

Sous-produit de la circulation des marchandises, la circulation humaine considérée comme une consommation, le tourisme, se ramène fondamentalement au loisir d’aller voir ce qui est devenu banal. L’aménagement économique de la fréquentation de lieux différents est déjà par lui-même la garantie de leur équivalence. La même modernisation qui a retiré du voyage le temps, lui a aussi retiré la réalité de l’espace. 

Auteur: Debord Guy

Info: La Société du Spectacle, VII. l’aménagement du territoire, 168, 1967

[ uniformisation ] [ industrialisation ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

macro-économie

La théorie des avantages comparatifs de RIcardo corrige celle des avantages absolus d’Adam Smith. Celle-ci disait qu’un pays profite du libre-échange s’il se spécialise dans la production des biens pour lesquels il a un avantage absolu. Selon la théorie des avantages comparatifs, peu importe si un pays a des avantages absolus ou pas : il gagne à se spécialiser dans la production des biens pour lesquels son avantage comparatif est le plus élevé, c’est-à-dire dont les coûts relatifs sont les plus bas, et à échanger les biens qu’il ne produit pas. C’est donc un argument pour le libre-échange : tous les pays peuvent gagner du libre-échange s’ils se spécialisent.

Auteur: Internet

Info: https://wp.unil.ch/

[ concurrence internationale ] [ capitalisme ]

 

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