Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info
Rechercher par n'importe quelle lettre



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Dictionnaire analogique intriqué pour extraits... Recherche mots ou phrases tous azimuts... Outil de précision sémantique et de réflexion communautaire... Voir aussi la rubrique mode d'emploi. Jetez un oeil à la colonne "chaînes". ATTENTION, faire une REINITIALISATION après  une recherche complexe. Et utilisez le nuage de corrélats ... Lire la suite >>
Nuage de corrélats : pour l'activer, cochez seulement catégorie et tag dans la recherche avancée à gauche.
Résultat(s): 98870
Temps de recherche: 0.1125s

condition humaine

Reprenons maintenant ce dont il s’agit. Le rapport de l’homme au désir n’est pas un rapport pur et simple de désir, ce n’est pas en soi un rapport à l’objet. Si ce rapport à l’objet était d’ores et déjà institué, il n’y aurait pas de problème pour l’analyse. Les hommes, comme sont présumés aller la plupart des animaux, iraient à leur objet, il n’y aurait pas ce rapport second, si je puis dire, de l’homme au fait qu’il est animal désirant, et dont tout ce qui se passe au niveau que nous appelons pervers consiste en ceci : qu’il jouit de son désir.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 mars 1958

[ parlêtre ] [ manque ] [ homme-animal ] [ différent ] [ structure incorporée du signifiant ] [ symbolique ]

 

Commentaires: 0

inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.

concept psychanalytique

[…] le petit a c’est le petit autre, c’est l’autre en tant qu’il est notre semblable, l’autre en tant que son image [i(a)] nous retient, nous captive, nous supporte, et autour de laquelle nous constituons ce premier ordre d’identification que je vous ai défini comme l’identification narcissique qui est m, le moi.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 mars 1958

[ définition ]

 

Commentaires: 0

inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

clé de lecture

Cela veut dire quoi le Totem et tabou ? C’est que nous sommes nécessairement amenés, si nous voulons comprendre quelque chose qui est l’interrogation particulière de FREUD au niveau de cette expérience de l’œdipe chez ses malades, c’est que nous sommes amenés nécessairement à ce thème du "meurtre du père". Bien entendu vous savez, là, que FREUD ne s’interroge pas. Qu’est-ce que cela peut signifier que pour concevoir en somme un passage, qui est le passage de la nature à l’humanité, il faille qu’on passe par le meurtre du père ? Selon sa méthode, qui est une méthode d’observateur, de naturaliste, il groupe, il fait foisonner autour de cette sorte de point de concours, de carrefour, auquel il arrive, tous les documents, tout ce que lui apporte l’information ethnologique. 

Et bien entendu, que voyons-nous foisonner au premier chef ? La contribution particulière de son expérience rencontre le matériel ethnologique. Peu importe qu’il soit plus ou moins désuet maintenant, cela n’a aucune importance. Le fait que ce soit la fonction de la phobie, avec le thème du totem, qui soit là le point où il se retrouve, où il se satisfait, où il voit se conjuguer les signes dont il suit la trace, tout cela nous montre bien que ceci est absolument indiscernable d’un progrès qui met au premier plan cette fonction du signifiant. La phobie c’est un symptôme où vient au premier plan - d’une façon isolée, et promu comme tel - le signifiant. Je passais l’année dernière à vous l’expliquer, à vous montrer à quel point le signifiant d’une phobie est quelque chose qui a trente-six mille significations pour le sujet. C’est le point clé : c’est le signifiant qui manque pour que les significations puissent se tenir - au moins pour un temps - un peu tranquilles. Sans cela le sujet en est littéralement submergé.

De même, le totem est bien cela aussi : le signifiant à tout faire, le signifiant-clé, le signifiant grâce auquel tout s’ordonne, et principalement le sujet, car dans ce signifiant le sujet trouve ce qu’il est. Et c’est au nom de ce totem que pour lui s’ordonne aussi ce qui est interdit. Mais qu’est-ce que ceci, si l’on peut dire, nous voile, nous cache au dernier terme ? C’est ce "meurtre du père" lui-même, pour que ce soit autour de lui que puisse se faire la conversion, la révolution grâce à quoi les jeunes mâles de la horde vont voir s’ordonner quelque chose qui va être la loi primitive, c’est-à-dire l’interdiction de l’inceste. Ceci nous cache simplement ce lien étroit qu’il y a entre : 

– la mort, 

– et l’apparition du signifiant. 

Car n’oubliez quand même pas ceci, c’est que dans son train ordinaire, chacun sait que la vie ne s’arrête guère aux cadavres qu’elle fait, les grands poissons mangent les petits, ou même, les ayant tués, ne les mangent pas, mais il est certain que le mouvement de la vie nivelle ce qu’elle a devant soi à abolir, et c’est déjà là tout le problème, de savoir en quoi une mort est mémorisée, même si cette mémorisation est quelque chose qui reste en quelque sorte implicite, c’est-à-dire si, comme tout nous le laisse apparaître, il est de sa nature, à cette mémorisation, que ce soit oublié par l’individu, qu’il s’agisse du "meurtre du père" ou du meurtre de MOÏSE. 

Il est essentiellement de sa nature d’oublier ce qui reste absolument nécessaire comme la clé, comme le point pivot autour duquel doit tourner notre esprit : c’est qu’un certain lien a été fait signifiant, qui fait que cette mort existe autrement qu’à proprement parler dans le réel, dans le foisonnement de la vie. 

Il n’y a pas d’existence de la mort, il y a des morts, et voilà tout ! Et quand ils sont morts, personne dans la vie n’y fait plus attention. En d’autres termes, qu’est-ce qui fait : 

– et la passion de FREUD quand il écrit Totem et tabou, 

– et l’effet fulgurant de la production d’un livre qui apparaît et qui est très généralement rejeté et vomi ? 

C’est-à-dire que chacun se met à dire : 

– Qu’est-ce qu’il nous raconte celui-là ? 

– D’où vient-il ? 

– De quel droit nous raconte-t-il cela ? 

– Nous, ethnographes, nous n’avons jamais vu cela ! 

Ce qui n’empêche pas que c’est un des événements tout à fait capitaux de notre siècle, et qu’autour de cela effectivement toute l’inspiration du travail critique, ethnologique, littéraire, anthropologique, en est profondément transformée. Qu’est-ce que cela veut dire, si ce n’est que FREUD y conjugue deux choses : il conjugue le désir avec le signifiant. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 mars 1958

[ résumé ] [ réception critique ] [ mythe psychanalytique ] [ question ] [ nom-du-père ] [ inconscient ]

 

Commentaires: 0

inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

concept psychanalytique

a castration n’est pas une castration réelle. Cette castration est liée, avons-nous dit, à un désir. Elle est même liée à l’évolution, au progrès, à la maturation du désir chez le sujet humain. Si elle est castration, il est bien certain d’autre part que le lien à cet organe, si difficile, d’ailleurs dans la notion de complexe de castration, à bien centrer, ce n’est pas une castration s’adressant aux organes génitaux dans leur ensemble. 

C’est bien pour cela d’ailleurs que chez la femme elle ne prend pas l’aspect d’une menace contre les organes génitaux en tant que tels mais en tant qu’autre chose, justement en tant que phallus. De même chez l’homme, on a pu légitimement poser la question de savoir s’il fallait, dans cette notion de complexe de castration, isoler le pénis comme tel ou y comprendre le pénis et les testicules ? À la vérité, bien entendu, c’est bien ce qui désigne que ce dont il s’agit est autre chose que ceci ou cela : c’est quelque chose qui a un certain rapport avec les organes mais un certain rapport dont le caractère justement signifiant déjà, dès l’origine, ne fait pas de doute. Et c’est ce caractère signifiant qui domine. 

Disons qu’à tout le moins, un minimum doit être retenu dans ce qu’est, dans son essence, le complexe de castration : le rapport d’un désir, d’une part, avec d’autre part, ce que j’appellerai dans cette occasion, une marque. Pour que le désir, nous disent l’expérience freudienne et la théorie analytique, traverse heureusement certaines phases, arrive à maturité, il faut que quelque chose d’aussi problématique à situer, que le phallus soit marqué de ce quelque chose qui fait qu’il n’est maintenu, conservé, que pour autant qu’il a traversé la menace de castration à proprement parler. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 mars 1958

[ confusion ] [ erreur ] [ rectification ]

 

Commentaires: 0

inséré par Coli Masson

Ψ ← B ← Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

émotion

Le bruit s’estompait, la forêt devenait d’une profondeur abyssale mais, douillette, elle m’offrait son abri. Berçait mes pensées. Ainsi, je n’étais plus obligée de cacher la plus embarrassante de mes affections, celle de pleurer. Ici, mes larmes pouvaient couler, me rincer les yeux et améliorer ma vision. C’était peut-être la raison pour laquelle j’en voyais davantage que les gens aux yeux secs.

Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Sur les ossements des morts, p.173

[ naturelle ] [ nettoyage ] [ sylve refuge ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

plumitifs

D'une certaine façon [...], ceux qui manient la plume peuvent être dangereux. On les suspecte tout de suite de mentir, de ne pas être eux-mêmes, de n'être qu'un oeil qui ne cesse d'observer, transformant en phrases tout ce qu'il voit; tant et si bien qu'un écrivain dépouille la réalité de ce qu'elle contient de plus important : l'indicible.

Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Sur les ossements des morts

[ écriture ] [ transmutation ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · La transduction précède la computation.

signatures olfactives

Toujours attentives, nous sentons s’élever de leurs chandails, puis se mêler, les effluences de leurs corps. Chacun d’eux a une odeur différente. Walter Frommer dégage des relents légèrement musqués de poussière, de papier sec bruissant, de vieux maroquin desséché, de portefeuille usé. Longin Lukas exhale un remugle violent, c’est celui de la peur et de la préparation au combat, l’auréole invisible d’un guerrier inassouvi qui, pour avoir perdu sa force physique, prend part à la guerre de loin, hurlant les ordres et commentant les mouvements des stratèges. L’odeur d’August est complètement différente. Elle propage les miasmes organiques d’une matière corrompue, sur le point d’être entamée par des processus méphitiques, la décomposition des particules corporelles. On y perçoit aussi la pestilence acido-lactée de provisions alimentaires oubliées dans un cellier. Une puanteur qui sera bientôt incontrôlable, mais que parviennent encore à étouffer une eau de Cologne et une crème à raser de qualité. Opitz, quant à lui, baigne dans un nuage d’acétylène, odeur qui fait grincer les dents tandis que la bouche s’emplit de salive. Rien ne peut en sortir. Pour sa part, et sans qu’il le sache, Mieczysław diffuse un parfum qui relègue tous les autres au second plan et domine. Même si le jeune Polonais se sent perdu, peu sûr de lui, ses phéromones sont comme chargées d’électricité, puissantes, pareilles à l’odeur du pelage d’un renard ou d’un chevreuil fuyant les chasseurs. 


Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Le Banquet des Empouses

[ mâles humains ] [ hommes-par-femme ] [ odorat féminin ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

homme-animal

- C'est pourtant simple, l'homme a un énorme devoir à accomplir envers les animaux : les aider à vivre leur vie jusqu'au bout ; quant aux espèces apprivoisées, il doit leur procurer amour et tendresse, car les bêtes nous donnent bien plus qu'elles ne reçoivent de nous. Il est important qu'elles puissent vivre leur vie dignement, qu'elles se mettent en règle avec leur milieu naturel et valident leur semestre dans le registre karmique : " J'ai été un animal, j'ai vécu et mangé ; je suis allée sur les pâturages verts, j'ai mis bas, et j'ai réchauffé mes petits de mon corps; j'ai construit des nids, j'ai fait ce qui était de mon devoir. "

Quand on tue des animaux et qu'ils meurent dans la peur et la terreur, comme ce sanglier dont le corps s'étalait hier à mes pieds, et qui d'ailleurs doit s'y trouver toujours, avili, couvert de boue et de sang séché, transformé en charogne, alors on les condamne à aller en enfer, et le monde entier devient l'enfer. Est-ce que les gens ne le voient pas ? Est-ce que leur esprit est capable de dépasser leurs petits plaisirs égoïstes ? Le devoir que nous avons envers les animaux, c'est de les mener - à travers leurs vies successives - vers leur libération. Nous allons tous vers cette même direction, de la dépendance à la liberté, du rituel au libre arbitre.

Voilà ce, que j'ai dit en employant un tas de mots savants.

[...]

Vous entendez ai-je demandé en m'adressant à toutes les personnes présentes, mais, cette fois-ci, même l'homme d'entretien s'était remis au travail, déçu sans doute par mon discours alors je me suis tournée vers le caniche :

- Dans quel monde vivons-nous ? Un monde où un corps est transformé en chaussures, boulettes de viande, saucisses, descente de lit, et dont les os servent à faire du bouillon... Confectionner des chaussures, des canapés des sacs avec un ventre, s'envelopper d'un pelage pour se réchauffer, manger un corps, le découper en morceaux puis le faire frire dans de l'huile... Est-ce possible que ces monstruosités aient vraiment lieu ? Cette tuerie gigantesque organisée, cruelle et impassible, mécanique, sans aucun remords, sans la moindre réflexion, car la réflexion on la réserve plutôt à des philosophies, à des théologies inventées de toutes pièces. Quel est ce monde où la tuerie et la souffrance sont érigées en norme ? Avons-nous perdu la tête ?

Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Sur les ossements des morts, Discours pour un caniche, pp. 125-6

[ responsabilité humaine ] [ hiérarchie ] [ conscience ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

habitations

C’est bien à cela que servent nos maisons, à nous protéger du ciel menaçant, autrement il aurait pénétré l’intérieur même de notre corps où, telle une petite bille de verre, se tapit notre âme. Si tant est qu’elle existe.

Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Sur les ossements des morts

[ carapaces ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

bulle anthropique

Le monde sauvage. Sans êtres humains. Nous ne pouvons pas le voir car nous sommes des humains. Nous avons choisi de nous en distancier et, désormais, pour y revenir, nous devons changer. On ne peut pas voir ce dont on est exclu. Nous sommes prisonniers de nous-mêmes. C'est un paradoxe. Une perspective de recherche intéressante, mais également une erreur fatale de l'évolution : l'homme ne voit jamais que lui-même.

Auteur: Tokarczuk Olga

Info: Histoires bizarroïdes

[ incarnations ] [ limitations ]

 

Commentaires: 0

inséré par miguel

Ψ → B → Φ · Une occurrence isolée de B est structurellement inefficace.