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aliénation

Ce dont il s’agit dans ce que FREUD nous découvre comme l’Au-delà du principe du plaisir, c’est qu’il y a peut-être en effet ce terme dernier de l’aspiration au repos et à la mort éternelle. Mais je vous ferai remarquer, et cela a été tout le sens de ma seconde année de séminaire, que ce en quoi nous avons affaire à cela, c’est en tant que cela se fait reconnaître : que cela s’articule dans les dernières résistances auxquelles nous avons affaire chez ces sujets plus ou moins caractérisés par le fait d’avoir été des enfants non désirés : 

– dans cette irrésistible pente au suicide, 

– dans ce caractère tout à fait spécifique de la réaction thérapeutique négative. 

Du fait que c’est à mesure même que mieux pour eux s’articule ce qui doit les faire s’approcher de leur histoire de sujet, que de plus en plus ils refusent d’entrer dans le jeu, ils veulent littéralement en sortir. Ils n’acceptent pas d’être ce qu’ils sont, ils ne veulent pas de cette chaîne signifiante dans laquelle ils n’ont été admis par leur mère qu’à regret. 

Mais ceci est quelque chose qui n’est là, pour nous analystes, qu’en tant qu’exactement comme ce qu’il est dans le reste : C’est là comme, non pas seulement désir de reconnaissance, mais reconnaissance d’un désir : quelque chose qui s’articule. Le signifiant en est la dimension essentielle, et plus le sujet s’affirme à l’aide du signifiant comme voulant en sortir, plus il rentre et s’intègre à cette chaîne signifiante et devient lui-même un signe de cette chaîne signifiante. S’il s’abolit, il est plus signe que jamais, pour la simple raison que c’est précisément à partir du moment où le sujet est mort qu’il devient un signe éternel pour les autres, et les suicidés plus que d’autres. C’est bien pour cela que le suicide a, à la fois – cette "beauté horrifique" qui le fait si terriblement condamner par les hommes, – et cette beauté contagieuse qui fait que les épidémies de suicide sont quelque chose qui dans l’expérience est tout ce qu’il y a de plus donné et de plus réel.

Une fois de plus donc, dans l’Au-delà du principe du plaisir, ce sur quoi FREUD met l’accent, c’est sur le désir de reconnaissance comme tel, comme faisant le fond de ce qui fait notre relation au sujet. Et après tout, y a-t-il même autre chose que cela dans ce que FREUD appelle l’Au-delà du principe du plaisir, à savoir ce rapport fondamental du sujet à la chaîne signifiante ? Parce que si vous réfléchissez bien, au point où nous en sommes cette idée court à une prétendue inertie de la nature inanimée pour nous donner le modèle de ce à quoi aspirait la vie. Je veux dire qu’en fait de modèle de ce à quoi aspirerait la vie - et c’est quelque chose qui doit légèrement nous faire sourire – je veux dire qu’en fait de modèle de retour au néant, rien n’est moins assuré.

[…] Sans aucun doute Θάνατος [Tanathos] trouve à se libérer par l’agressivité motrice du sujet vis-à-vis de ce qui l’entoure. La nature est là, mais il y a quelque chose qui reste bien lié à son intérieur, cette douleur d’être est quelque chose qui lui paraît vraiment fondamental, comme liée à l’existence même de l’être vivant. Rien ne nous prouve que cette douleur d’être est quelque chose qui s’arrête aux vivants, d’après tout ce que nous savons d’une nature qui est autrement fermentante, croupissante, bouillonnante, animée, voire explosive, que nous pouvions jusqu’à présent l’imaginer. Mais le rapport du sujet au signifiant, en tant qu’il est prié de se constituer dans le signifiant et que de temps en temps il s’y refuse, il dit "Non, je ne serai pas un élément de la chaîne", cela par contre, est quelque chose que nous touchons du doigt, et qui est bel et bien le fond, mais le fond, l’envers, là, ici, est exactement la même chose que l’endroit. 

Car qu’est-ce qu’il fait à chaque instant où il se refuse en quelque sorte à payer une dette qu’il n’a pas contractée ? Il ne fait rien d’autre que la perpétuer ! À savoir, par ses successifs refus de faire rebondir la chaîne de celle [la dette] d’être toujours plus lié à cette chaîne signifiante. C’est bel et bien à travers la nécessité éternelle de répéter le même refus que FREUD nous montre le rôle dernier de tout ce qui, de l’inconscient, se manifeste sous la forme de la reproduction symptomatique. Nous voyons donc là, et il ne faut rien de moins que cela pour comprendre ce en quoi, à partir du moment où le signifiant est introduit, sa valeur est fondamentalement double.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ résumé ] [ jouissance ] [ mouvement dialectique incomplet ] [ impasse ] [ parlêtre ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

inconscient

Aussi bien, est-ce à partir d’un fantasme isolé par FREUD dans un ensemble de huit malades… six filles et deux garçons avec des formes névrotiques assez nuancées, pas toutes d’ailleurs des névroses, mais une part assez importante statistiquement …c’est à partir de l’étude systématique et combien soigneuse, suivie avec un pas à pas, un scrupule qui est justement ce qui distingue entre toutes, ces investigations de FREUD lui-même quand c’est lui qui les fait, c’est à travers ces sujets, si divers soient-ils, par la recherche des transformations de l’économie à travers les étapes - qui sont les étapes du complexe d’Œdipe - d’un certain fantasme : ce fantasme "On bat un enfant", que FREUD commence d’articuler pleinement ce qui se développera par la suite comme étant le moment d’investigation propre des perversions dans sa pensée, et j’y insiste, qui nous montrera toujours plus l’importance dans cette économie de quelque chose qui est à proprement parler et comme tel, le jeu du signifiant. 

Je ne puis d’ailleurs, en passant, que pointer une chose : je ne sais pas si vous avez remarqué que les derniers écrits de FREUD, l’un de ses derniers articles : Constructions dans l’analyse montre l’importance centrale de la notion du rapport du sujet au signifiant comme étant absolument fondamentale pour concevoir tout ce que nous pouvons rassembler - et c’est un des derniers articles que FREUD aient écrits - de ce que représente en fin de compte le mécanisme de la remémoration comme tel dans l’analyse, qui est essentiellement lié comme tel à la chaîne signifiante. 

C’est tout à fait avéré dans cet article, et le dernier article de FREUD que nous ayons, celui qui, dans Collected Papers était traduit sous le titre de Splitting of the ego, que je traduis par "Division ou éclatement du moi dans le mécanisme du symptôme analytique", celui dont on peut dire : sur lequel FREUD est resté, la plume lui tombant des mains, cet article inachevé, c’est la dernière œuvre qu’il nous lègue, lie étroitement tout ce qui est de l’économie de l’ego avec cette dialectique de la reconnaissance perverse, si l’on peut dire - d’un certain thème auquel le sujet se trouve confronté - lie étroitement, en un nœud indissoluble, la fonction de l’ego et la relation imaginaire comme telle dans les rapports du sujet à la réalité, et en tant que cette relation imaginaire est utilisée et intégrée au mécanisme du signifiant. 

Prenons maintenant le fantasme "On bat un enfant". FREUD s’arrête sur le sujet de ce que signifie ce fantasme dans lequel paraît absorbée, sinon l’entièreté, du moins une partie importante des satisfactions libidinales du sujet. Il insiste : il l’a vu en grande majorité chez des sujets féminins, en moindre chez des sujets masculins, il ne s’agit pas de n’importe quel fantasme sadique ou pervers, il s’agit de ceux qui culminent et se fixent sous cette forme dont le sujet donne d’abord le thème d’une façon très réticente.

Il semble qu’une assez grande charge de culpabilité se lie pour le sujet à la communication même de ce thème qui, une fois qu’il l’a révélé, donné, ne peut pas pour lui s’articuler différemment ni autrement que par "On bat un enfant". "On bat", cela veut dire que pour le sujet, ce n’est pas lui qui bat, il est là en spectateur. 

FREUD commence par analyser la chose comme elle se passe dans l’imagination des filles, chez des sujets féminins qui ont eu à lui révéler cela. Il s’agit d’un personnage qui, à le considérer dans ses caractères d’ensemble, peut être considéré comme étant de la série de la lignée du "personnage qui a l’autorité". Ce n’est pas le père. C’est à l’occasion un instituteur, un personnage tout puissant, un roi, un tyran. Quelquefois, c’est très romancé : on reconnaît, non pas le père, mais quelque chose qui en est en quelque sorte l’équivalence pour nous. 

Nous aurons très facilement à le situer, et ceci nous permet vraiment de le situer d’emblée dans la forme achevée du fantasme, à ne pas nous contenter de cette sorte d’homologie avec le père, de ne pas l’assimiler au père, de le placer dans un certain point qui est cet au-delà du père, de le situer quelque part dans cette catégorie du Nom du Père que nous prenons soin de distinguer des incidences du Père réel.

[…]

Il s’agit de tirer de ceci enseignement, de voir ce que pour nous, peut représenter cette sorte de résultat de cette investigation minutieuse, qui porte la même marque de précision et d’insistance, de retour, de travail de son matériel, jusqu’à ce qu’il ait vraiment détaché ce qui lui apparaît les articulations irréductibles, qui fait l’originalité d’à peu près tout ce qu’a écrit FREUD. 

Mais nous, spécialement, ce que nous voyons dans les Cinq Grandes Psychanalyses, dans cet admirable Homme aux loups où il revient sans cesse sur ce même thème qui est de rechercher strictement la part de ce qu’on peut appeler l’origine symbolique et l’origine réelle de ce qui est la chaîne primitive dans l’histoire du sujet, c’est cela même. Là de même, il nous détache 3 étapes, trois temps : une 1ère étape, nous dit-il, qu’on trouve toujours dans cette occasion chez les filles, qui est ceci : l’enfant qui est battu, à un moment donné de l’analyse, dévoile dans tous les cas, nous dit-il, son existence et son vrai visage : C’est un germain, c’est-à-dire un frère ou une sœur. Donc c’est un petit frère ou une petite sœur que le père bat. La signification de ceci, nous dit FREUD, se place très nettement sur deux plans.

[…]

FREUD souligne que c’est au niveau archaïque que se situe la signification de ce fantasme primitif. C’est pour autant que du père, de la part du père… il ne se trouve pas d’étape plus élevée du fantasme, je veux dire étape archaïque antérieure …c’est pour autant que de la part du père est refusée, déniée à cet enfant… au petit frère ou à la petite sœur qui subit, dans le fantasme, les sévices de la part du père …c’est pour autant qu’il y a dénonciation de la relation d’amour, humiliation, que ce sujet est visé, dans ce fantasme, dans son existence de sujet qu’il est l’objet de sévices et que ces sévices consistent à le dénier comme sujet, à réduire à rien son existence comme désirante, à le réduire à quelque chose qui, en tant que sujet, tend à l’abolir. 

C’est cela le sens du fantasme primitif : Mon père ne l’aime pas, et c’est cela qui fait plaisir au sujet, le fait que l’autre n’est pas aimé, c’est-à-dire n’est pas établi dans la relation, elle, proprement symbolique. C’est par ce nerf, par ce biais que l’intervention du père ici prend sa valeur pour le sujet, première, essentielle, celle dont va dépendre toute la suite. 

Le deuxième temps, nous dit FREUD… et ceci n’est pas moins important à considérer que l’articulation du premier temps, ce premier temps est retrouvé dans l’analyse, l’autre, nous dit-il, n’y est jamais …doit être reconstruit.

[…]

Le deuxième temps est lié à la relation de l’œdipe comme telle - je dis pour la petite fille - et a ce sens d’une relation privilégiée de la petite fille avec son père. C’est elle qui est battue, et autour de cela : la convergence du matériel analytique qui nécessite de reconstruire cet état du fantasme, mais ce fantasme n’est jamais sorti, nous dit FREUD, dans le souvenir. Par contre le temps, chez la petite fille, du désir d’être l’objet du désir de son père, avec ce que ceci comporte de culpabilité, FREUD admet que ce peut être le retour coupable de ce désir œdipien qui nécessite qu’elle se fasse elle-même, dans ce fantasme uniquement reconstruit, l’objet du châtiment. 

FREUD parle aussi à ce propos de régression, c’est-à-dire que pour autant que ce message ne peut être retrouvé dans la mémoire du sujet, pour autant qu’il est refoulé, un mécanisme corrélatif qu’il appelle à ce propos régression, peut faire que ce soit à cette relation antérieure que le sujet recourt pour exprimer dans un fantasme qui n’est jamais mis au jour, cette relation que le sujet a à ce moment–là avec le père, relation franchement libidinale, déjà structurée sur le mode œdipien. 

Dans un troisième temps, et après la sortie de l’œdipe, il ne restera rien d’autre que ce schéma général où une nouvelle transformation se sera introduite qui est double : la figure du père est dépassée, transposée, renvoyée à la forme générale du personnage qui peut battre, qui est en posture de battre, personnage omnipotent et despotique, et le sujet lui-même sera là présenté sous la forme de ces enfants multipliés qui ne sont même plus de son propre sexe, qui sont une espèce de série neutre d’enfants.

[…] nous savons tous qu’il est d’importance décisive dans le déclenchement des névroses… il suffit d’avoir la moindre expérience dans l’analyse pour savoir combien l’apparition d’un petit frère ou d’une petite sœur a un rôle vraiment carrefour dans l’évolution de quelque névrose que ce soit …seulement, si nous nous arrêtons d’abord là, cela a chez nous exactement le même effet dans notre pensée que ça en a pour le sujet dans sa névrose, c’est-à-dire que si nous nous arrêtons tout de suite dans ce rapport de réalité, cela nous masque complètement la fonction de ce rapport. 

À savoir que c’est pour autant que ce rapport vient à la place de ce qui nécessite un tout autre développement, un développement de symbolisation, et que cela le complique et nécessite une solution tout à fait différente. C’est pour cela que cette relation au frère ou à la petite sœur, au rival quelconque, prend sa valeur décisive. Or ici, que voyons-nous dans le cas de la solution fantasmatique liée au fantasme, dans cette occasion dit masochiste ? Nous voyons quelque chose dont FREUD nous a articulé la nature : ce sujet est aboli sur le plan symbolique. 

C’est en tant qu’il est un rien du tout, qu’il est quelque chose à quoi on refuse toute considération en tant que sujet, que l’enfant trouve dans ce cas particulier le fantasme de fustigation. C’est à ce titre, et pour autant que l’enfant va réussir cette solution du problème à ce niveau. 

Nous n’avons qu’à nous limiter au cas où c’est comme cela, mais à comprendre ce qui se passe dans le cas où c’est comme cela. C’est effectivement d’un acte symbolique qu’il s’agit, et FREUD le souligne bien : ce qui se passe chez cet enfant arrive chez le sujet lui-même, qui se croit quelqu’un dans la famille. Une seule taloche, nous dit FREUD, suffit souvent à le précipiter du faîte de sa toute-puissance. 

Il s’agit bien d’un acte symbolique, et je dirai que la forme même qui entre en jeu dans le fantasme, à savoir le fouet, la baguette, a quelque chose qui porte en soi le caractère et la nature de je ne sais quelle chose qui, sur le plan symbolique, s’exprime par une raie, par quelque chose qui barre le sujet.

[…]

Le 2ème temps… et ceci a son importance pour la valorisation de ce schéma que je vous ai introduit la dernière fois …est ceci : ce fantasme, dans le 2ème temps va prendre une tout autre valeur, et c’est bien cela qui est l’énigme, qui est toute l’énigme. C’est l’essence du masochisme. C’est dans le changement de sens de ce fantasme comme tel, à savoir comment ce quelque chose qui a servi à dénier l’amour, est ce quelque chose même qui va servir à le signifier.

Quand il s’agit du sujet, il n’y a pas moyen de sortir de cette impasse, et je ne vous dis pas que ce soit là quelque chose qui soit facile à saisir comme expliqué, comme déplié. Il faut que nous nous tenions d’abord au fait, à savoir que c’est comme cela, et après cela que nous tâchions de comprendre pourquoi cela peut être comme cela. 

En d’autres termes, pourquoi l’introduction de ce signifiant radical qui se divise en deux choses : 

– un message : "l’enfant battu", le sujet reçoit la nouvelle, le petit rival est un enfant battu, c’est-à-dire un rien du tout, quelque chose sur lequel on peut s’asseoir 

– et puis, de cela, un signifiant qu’il faut bien isoler comme tel, à savoir : avec quoi on fait cela.

[…] 

Ceci, au 2ème temps, manifeste donc dans sa duplicité également le message, mais un message "Mon père me bat" qui ne parvient pas au sujet. C’est comme cela qu’il faut entendre ce que dit FREUD à ce moment-là, le message qui à un moment a voulu dire : 

"Le rival n’existe pas, il n’est rien du tout" 

c’est le même qui veut dire : 

"Toi tu existes, et même tu es aimé". 

C’est ce qui sert à ce moment-là, sous la forme, disons régressive ou refoulée, mais peu importe, c’est tout de même cela qui sert de message, mais de message qui ne parvient pas. Il convient de nous arrêter sur ce temps énigmatique, parce que, comme nous le dit FREUD : c’est toute l’essence du masochisme.

[…] Nous avons donc là le message, celui qui ne parvient pas à la place du sujet, et la seule chose qui reste comme un signe par contre, c’est le matériel du signifiant, cet objet, le fouet, lui, reste.

Il reste comme un signe jusqu’à la fin et au point - restant comme un signe - de devenir le pivot, je dirai presque le modèle du rapport avec le désir de l’autre, puisque ensuite le fantasme dernier, celui qui reste - dont le caractère de généralité nous est assez bien indiqué par la démultiplication indéfinie à ce moment-là des sujets - veut dire ceci, à savoir : mon rapport avec l’autre, les autres, les petits autres, avec le petit a, mon rapport avec ceux-là, pour autant que ce rapport est un rapport libidinal, est lié à ceci, que les êtres humains sont comme tels tous sous la férule, que pour l’être humain, entrer dans le monde du désir c’est bel et bien et tout d’abord subir de la part de ce quelque chose qui existe au-delà - que nous l’appelions le père, ici, n’a plus d’importance, peu importe - c’est la Loi. Voilà ce que chez un sujet déterminé, sans doute entrant dans l’affaire par des voies particulières, comment une certaine ligne d’évolution se définit, et quelle est la fonction du fantasme terminal : de manifester un rapport essentiel du sujet au signifiant.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ formule impersonnelle ] [ langage ] [ résumé ] [ triade ] [ déplacement ] [ inversion ] [ grand Autre ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

sciences

Le résultat final  demeure inconnu, tant pour l'auteur d'une nouvelle théorie que pour ses collègues et autres critiques, déterminés à la réfuter. De fait, l'innovateur scientifique peut se sentir d'autant plus seul et incertain.

D'un autre côté, face à une théorie nouvelle, les membres de la communauté scientifique sont souvent plus vulnérables que l'innovateur isolé. Car, si ce dernier vient à avoir raison, le bouleversement de l'ordre établi qui s'ensuit peut s'avérer très douloureux et déplaisant pour ceux qui se sont longtemps consacrés à son développement et à son service. 



Auteur: mitchell peter dennis

Info: Extrait du discours du banquet Nobel (10 décembre 1978). Recueilli dans Wilhelm Odelberg (éd.) Les Prix Nobel, Les Prix Nobel : 1978 (1979).

[ mise en question ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ← B ← Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

concept psychanalytique

Je vous dirai que fréquemment dans le système signifiant, nous devons considérer que le phallus entre en jeu à partir du moment où le sujet a à symboliser comme tel - dans cette opposition du signifiant au signifié - le signifié, je veux dire la signification. Ce qui importe au sujet, ce qu’il désire, le désir en tant que désiré, le désiré du sujet, quand le névrosé ou le pervers a à le symboliser, en dernière analyse, c’est littéralement à l’aide du phallus. Le signifiant du signifié en général, c’est le phallus.

[…]

Ce phallus, c’est d’ores et déjà ce qui entre en jeu comme tel dès le premier abord du sujet avec le désir de la mère. Ce phallus est voilé et restera voilé jusqu’à la fin des siècles pour une simple raison : c’est qu’il est un signifiant dernier dans le rapport du signifiant au signifié. Il y a en effet peu de chance qu’en fin de compte il ne se dévoile autrement que sous sa nature de signifiant, c’est-à-dire qu’il ne se révèle vraiment jamais, lui, qu’en tant que signifiant, il signifie.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ définition ] [ parole ] [ représentant de la représentation ]

 

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Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

métaphore paternelle

[…] le Nom du Père a la fonction de l’ensemble du système signifiant, celui qui signifie, qui autorise le système signifiant à exister, qui en fait la loi.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ fonction ] [ concept psychanalytique ] [ définition ] [ ordre symbolique ] [ désir ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Coordination ≠ synchronisation.

structure incorporée du langage

Il apparaît clairement, dès que FREUD l’a montré, que dans la perversion l’instinct, la pulsion n’ont absolument nul droit à être promus ou déclarés comme plus nus, si on peut dire, dans la perversion que dans la névrose. Tout l’article de Hanns SACHS, qui est si remarquable sur la genèse des perversions, est pour montrer que dans toutes les formations dites perverses quelles qu’elles soient il y a exactement la même structure de compromis, d’élision, de dialectique du refoulé et du retour du refoulé, qu’il y a dans la névrose. 

C’est là l’essentiel de l’article dont il donne des exemples absolument convaincants. Il y a toujours dans la perversion quelque chose que le sujet ne veut pas reconnaître, avec ce que ce "veut" comporte dans notre langage : quelque chose qui se conçoit comme étant là articulé, et néanmoins, non seulement foncièrement méconnu par le sujet, mais refoulé pour des raisons en somme d’articulation essentielles. C’est là le ressort du mécanisme analytique, qui ferait que si le sujet le reconnaît, il serait forcé en même temps de reconnaître une série d’autres choses, lesquelles lui sont proprement intolérables. 

Ce qui est la ressource du refoulement, le refoulement ne pouvant se concevoir qu’en tant que lié à une chaîne signifiante articulée.

[…] Pour la perversion, c’est exactement la même chose. Voilà ce dont en 1923, à la suite de l’article de FREUD, tous les psychanalystes s’aperçoivent : que la perversion essentiellement, si on la regarde de près, comporte exactement les mêmes mécanismes d’élision de quelque chose qui lui est foncier, qui fait partie des rapports du sujet avec un certain nombre de termes essentiels qui sont les termes bel et bien fondamentaux que nous trouvons dans l’analyse des névroses, qui sont les termes œdipiens. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ pseudo naturalité ] [ ordre symbolique ]

 

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Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

langage chimère

On ne sait ce qu’est la poésie. Qu’elle soit inadmissible et nécessaire, c’est là truisme. Après Rimbaud, c’est une honte, le pire à son regard étant de la continuer, comme les infectes humanistes veulent qu’on vive. Or, il leur faut à elle mettre fin, se taire, mourir au monde, comme il le fit. Mais pour qui ne cherche plus par elle vérité, elle est mots, dans les mots, entre les mots qu’elle troue, art des mots. C’est tout ce qui est su. Les mots nous regardent, ils résonnent : ô, fenêtre, glaise ; ne disent rien, disent rien, redoublent, avec quelque musique de sons, l’illusion visuelle et d’un corps.

Auteur: Jude Stéfan

Info:

[ impasse ] [ parole impuissante ] [ dépassement ] [ existence poème ] [ perdu ] [ écriture ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

lecture

Comme une lettre d’amour, le poème n’a pas de public, il n’a pour destinataire, si nombreux qu’ils puissent être, que des lecteurs singuliers, visés chacun dans ce qui le différencie, dans son être unique, dans ce qui, de lui, demeure farouchement et irréductiblement rebelle à toute négation et dissolution de soi dans une pseudo-identité sociale collective, mortifère par essence, si l’on ose dire ; mortifère dans le refus de la condition de mortel qui la sous-tend.


Auteur: Davreu Robert

Info:

[ réflexivité ] [ idiosyncratique ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ← B ← Φ · Le sol parle avant le langage.

prospective

Le saut imaginatif vers l'avenir est une activité périlleuse et déraisonnable. La raison ne peut être utilisée que pour porter un regard critique sur le passé.

Auteur: mitchell peter dennis

Info: discours du banquet Nobel (10 décembre 1978).

[ défiance ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le seuil n'est plus un nombre : c'est une dérivée.

sciences

Par ailleurs, l'auteur d'une théorie peut traverser une période de grande solitude, surtout si ses collègues trouvent ses conceptions de la nature étranges et difficiles à apprécier.


Auteur: mitchell peter dennis

Info:

[ isolement ] [ dépassement ] [ innovation ]

 

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Ajouté à la BD par Le sous-projectionniste

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.