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principe opératoire

Selon la loi de Goodhart, " quand une mesure devient une cible, elle cesse d’être fiable ".

Auteur: Hamant Olivier

Info: Antidote au culte de la performance: La robustesse du vivant - Si on transforme un indicateur en objectif, il devient trompeur.

[ optimisation ciblée ] [ manipulation implicite ]

 

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écologie

La croissance donne l’illusion de l’abondance, alors qu’elle crée la pénurie ; elle dessine une trajectoire de progrès alors qu’elle menace la viabilité de l’humanité sur Terre. La performance, en s’autojustifiant grâce à des indicateurs, écrase d’autres valeurs et nourrit une forme de pensée réductionniste toxique.

Auteur: Hamant Olivier

Info: Antidote au culte de la performance: La robustesse du vivant

[ désalignement anthropique ] [ compétitivité néfaste ] [ mauvaise voie ] [ fuite en avant ]

 

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propagation

L'idée d'une sélection du plus apte pourrait faire penser que le vivant s'optimise au cours de l'évolution. On retrouve ici une lecture très biaisée de l'essai de Darwin, et finalement très teintée de l'idéologie du XIXème siècle et ses suites dans le monde néolibéral contemporain. L'origine des espèces est le livre de chevet des fanatiques de la compétition, qui manifestement n'ont pas compris la théorie de l'évolution. En effet, Darwin ne dit pas que seuls les plus aptes sont sélectionnés, mais plutôt que les organismes ayant des caractères satisfaisants sont sélectionnés. Darwin implique donc que ce ne sont pas les individus les plus adaptés qui survivent, mais les individus les plus adaptables. Cette nuance change tout puisqu'il ne s'agit pas d'être le plus compétitif, mais au contraire de garder des marges de manœuvre ! De même, une lecture superficielle de la théorie de la sélection naturelle pourrait faire croire qu'elle canalise une forme d'homogénéité, les meilleurs étant les seuls sélectionnés. Darwin a dit exactement le contraire en creux : pour que la sélection naturelle opère, une forte hétérogénéité dans la population est requise. Entre marge de manœuvre et hétérogénéité, la sélection naturelle requiert donc une grande part de non-efficacité.

Darwin entre aussi dans la notion d'efficacité en biologie en proposant que l'évolution n'a pas de mais. S'il n'y a pas d'objectif à atteindre, alors il n'y a pas d'efficacité, par définition.

Auteur: Hamant Olivier

Info: La troisième voie du vivant

[ souplesse ] [ orthogonale ]

 

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homme-végétal

Quand les plantes nous enseignent l'art de la "sous-optimalité"

Pourquoi les plantes sont-elles vertes et non noires comme des panneaux solaires ? Cette question, en apparence anodine, révèle l'un des secrets fondamentaux du vivant. Si les végétaux arboraient une couleur noire, ils absorberaient l'intégralité de la lumière solaire, maximisant ainsi leur rendement énergétique. Mais leur teinte verte signifie qu'elles ne captent que le rouge et le bleu de l'arc-en-ciel, reflétant le vert : un " gaspillage " énorme de ressources.

Ce prétendu gaspillage est en réalité une stratégie de survie magistrale. La photosynthèse, processus fondamental de la vie sur Terre, incarne parfaitement cette logique de la robustesse : "Il y a beaucoup de redondances, il y a une enzyme qui est incohérente, la Rubisco qui va fixer du carbone, mais aussi de l'oxygène, enfin c'est quand même le bazar complet", s'amuse le chercheur. Cette apparente inefficacité permet aux plantes de vivre avec les fluctuations, de résister aux pics de luminosité et aux grandes variations quotidiennes et saisonnières.

L'observation des fleurs a constitué le point de départ de cette réflexion. Comment une fleur parvient-elle à maintenir une forme reconnaissable dans un environnement constamment changeant ? Contrairement à une "armoire Ikea" assemblée selon une notice précise, chaque fleur est unique à l'échelle cellulaire, "comme un flocon de neige". Les cellules en croissance mobilisent leurs hétérogénéités pour générer des conflits mécaniques riches en informations, permettant à l'organe de savoir où il en est et d'ajuster sa forme. La diversité devient alors la clé de la stabilité.




Auteur: Hamant Olivier

Info:

[ bio stratégie ] [ adaptativité ] [ singularités ]

 

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environnementalisme

J'oppose, tout au long de cet entretien, la logique de la performance — culte de l'optimisation, de la maîtrise et du contrôle — à la logique de la robustesse du vivant, qui assume le gaspillage apparent, la lenteur, l'inachèvement et la redondance afin de rester viable dans un monde fondamentalement fluctuant et imprévisible.​

Robustesse du vivant : contre-programme à la performance


- Je fais part d'un constat biologique : dans les réseaux du vivant (génétiques, neuronaux, écosystémiques), dominaent l'hétérogénéité, l'aléatoire, les délais, l'inachèvement et l'erreur, autant de " contre-performances " qui constituent en réalité les conditions de la robustesse.​

- L'exemple canonique est la photosynthèse : rendement inférieur à 1%, " gaspillage " de 99% de l'énergie solaire, plantes vertes et non noires, enzyme rubisco incohérente, etc., mais c'est précisément ce gaspillage qui permet aux plantes d'encaisser des fluctuations extrêmes de lumière et de conditions, et donc de durer.​

Vivre, c'est résister : sous-optimalité, marges et symbiose

- Pour le vivant, l'enjeu n'est pas d'être optimal mais sous-optimal : il s'agit de maintenir des marges, des options, des chemins alternatifs pour parer aux aléas, ce qu'il résume en disant que les êtres vivants sont sélectionnés d'abord sur leur niveau de robustesse, non sur leur niveau de performance.​

- Même là où il y a performance (la lionne qui chasse par exemple), celle-ci est rare, encadrée par de longues phases de repos et un taux d'échec très élevé, de sorte que le compromis performance–robustesse reste fondamental, surtout dans un monde de pénuries chroniques de ressources où la symbiose domine sur la simple prédation.​

Des fleurs à la politique : la robustesse comme principe général

Mes travaux sur la forme des fleurs me servent de matrice conceptuelle : chaque fleur est unique à l'échelle cellulaire, faite de conflits mécaniques et d'hétérogénéités, et pourtant la forme se maintient, ce qui montre comment un système peut être à la fois singulier, fluctuant et néanmoins stable.​

- Aidé par des artistes et confronté à la matérialisation des crises (Covid, polycrise), j' étend ce schème à d'autres domaines : systèmes politiques, organisations, géopolitique, démontrant que le couple performance/robustesse vaut pour tous les systèmes, y compris le langage, qui doit rester " imparfait " pour que le dialogue demeure possible.​

Impuissance de la performance et crise culturelle

Je lis l'actualité géopolitique comme l'illustration d'une impuissance à maîtriser la complexité dès lors qu'on répond aux problèmes par la performance et le contrôle total : l'occupation de l'Irak par les Anglo-Américains crée de l'insécurité là où la " sous-optimalité " italienne (rester dans la caserne) pacifie davantage.​

- J'
insiste sur le fait que la crise actuelle n'est pas seulement écologique, sociale ou géopolitique mais d'abord culturelle : un endoctrinement dans le culte de la performance, qui conduit à des sociétés " sur-optimisées ", fragiles, polarisées, dominées par des figures parasites obsédées par la force, le rendement et la domination.​

Performance, parasitisme et fin de cycl

-
La performance n'est viable, selon moi, que dans un monde stable et abondant en ressources : elle devient une stratégie de parasite qui prospère sur des flux garantis, mais s'effondre dès que le monde se met à fluctuer, se démanteler, se démondialiser.​

- Je
qualifie le moment actuel de " chant du cygne " du vieux monde : une polarisation extrême, des dirigeants dopés à la performance, dont la trajectoire n'en est pas moins vouée à la chute, même si, d'ici là, les dégâts peuvent être massifs et devraient être l'inquiétude première du politique.​

Diversité, décanalisation et critique des grands dispositifs

- L'exemple du canal de Suez illustre la fragilité des dispositifs hyper-performants : en canalisant 12% du commerce maritime mondial et en contribuant à l'externalisation massive de la production (médicaments, etc.), il rend nos sociétés extrêmement dépendantes d'un point de passage unique.​

-
La logique robuste suppose de diversifier les voies, les ressources, les outils (comme pour l'Allemagne dépendant massivement du gaz russe) : la monoculture, qu'elle soit agricole, logicielle ou logistique, " tenue le pathogène " et construite de la vulnérabilité structurelle.​

Adaptation, adaptabilité, résilience : renversement de vocabulair

- Je distingue finement adaptation et adaptabilité : s'adapter, dans le culte de la performance, c'est simplement changer de filière étroite (remplacer toutes les voitures thermiques par des électriques) sans modifier l'architecture profonde du système.​

-
L'adaptabilité, en revanche, consiste à se placer dans les conditions d'une diversité de solutions, à dé-optimiser volontairement pour garder des marges et des options, ce qui renvoie directement à la robustesse plutôt qu'à la performance.​

La résilience mise en cause au profit de la transformation

- Je critique la notion de résilience, malheureuse : étymologiquement liée au rebond, elle présuppose le traumatisme, et ne permet pas de penser une polycrise où les chocs se succèdent sans répit.​

-
À mes yeux, deux mots suffisent : robustesse et transformation ; si la robustesse est ajustée au niveau de fluctuation, on évite la chute, et si le seuil de rupture est franchi, ce n'est plus de résilience qu'il s'agite, mais de métamorphose du système.​

Incohérence féconde, dialogue et convention citoyenne

- L' incohérence est réhabilitée comme ressource politique : le dialogue vise à faire " chanter les incohérences ", à rendre féconds les désaccords plutôt qu'à faire taire la dissonance au nom de l'efficacité.​

- La convention citoyenne pour le climat comme exemple : tirage au sort, présence même de climatosceptiques, mais production de propositions plus ambitieuses que celles du pouvoir, preuve que l'hétérogénéité et la confrontation peuvent produire du commun robuste, à condition qu'on accepte d'en tenir compte.​

Sobriété piégée par la performance

- Nous allons être réduits à une sobriété réduite à l'" efficacité énergétique " : avions plus sobres transportant de l'ultra fast fashion, sur-tourisme, effets rebonds, bref, une sobriété totalement capturée par la même logique performative.​

- La sobriété n'est pas rejetée mais déplacée : ce doit être un résultat et non une stratégie première ; la question n'est pas " comment être sobres ? " mais " quelles conditions de robustesse (objets réparables, durée, transmission) engendrent spontanément de la sobriété ? ".​

Moins mais mieux : vers un projet politique de la robustesse

- La révolution que j' appelle de mes vœux est un basculement du " toujours plus " vers " moins mais mieux ", où le " mieux " signifie un mieux pluriel : moins de mails mais plus d'interactions incarnées, plus de liens humains et non-humains, plus de territorialité.​

- La robustesse devient alors un projet précisé politique : certaines villes envisagent de l'inscrire dans leurs programmes, au-delà du clivage gauche/droite, selon un axe qu'il emprunte à Latour — terrestre/extraterrestre —, c'est-à-dire entre ceux qui veulent continuer la fuite hors-sol et ceux qui acceptent d'" atterrir " dans un monde fluctuant et limité.​

Robustesse plutôt que services publics optimisés

Enfin, je suggère que le culte de la performance a largement contribué à détruire les services publics en les traitant comme des machines à optimiser plutôt que comme des infrastructures de robustesse collective, capables d'encaisser les chocs et de maintenir la société viable dans la durée.​

Penser les institutions, l'économie, la démocratie, non plus comme des dispositifs alignés sur la performance maximale, mais comme des systèmes sous-optimaux, divers, prêtés parfois et redondants, sont pour moi comme la condition pour habiter la Terre d'une manière durablement humaine.​


Auteur: Hamant Olivier

Info: https://www.radiofrance.fr/, Souhaitons-nous de la robustesse, 5 janvier 2026 - synthèse de perplexity. ai. A propos de son ouvrage "La 3e voie du vivant" — une vision inspirée directement des mécanismes du vivant biologique, qui privilégie la robustesse, la résilience, l’adaptabilité, l’imperfection et la diversité plutôt que la performance maximale et l’optimisation absolue.

[ bon sens ] [ carte et territoire ]

 

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