L'air était pur ; un dernier jour d'automne, En nous quittant, arrachait la couronne Au front des bois ; Et je voyais d'une marche suivie Fuir le soleil, la saison et ma vie, Tout à la fois. Près d'un vieux tronc, appuyée en silence , Je repoussais l'importune présence Des jours mauvais ; Sur l'onde froide, ou l'herbe encore fleurie, Tombait sans bruit quelque feuille flétrie, Et je rêvais !... Au saule antique incliné sur ma tête Ma main enlève, indolente et distraite, Un vert rameau ; Puis j'effeuillai sa dépouille légère, Suivant des yeux sa course passagère Sur le ruisseau. De mes ennuis jeu bizarre et futile ! J'interrogeais chaque débris fragile Sur l'avenir ; Voyons, disais-je à la feuille entraînée, Ce qu'à ton sort ma fortune enchaînée Va devenir ?
Années: 1791 - 1885
Epoque – Courant religieux: industriel
Sexe: F
Profession et précisions: femme de lettres
Continent – Pays: Europe - France