cimetière
Les tombes sous le soleil ne sont jamais tout à fait mélancoliques. On trouve toujours un peu de vie pour égayer le regard, un brin d'herbe qui miroite, un pinson étourdi qui picore le sol, un scarabée noir aux grosses mandibules qui se traîne sur le gravier. Et puis, quand les tombes ne racontent rien, on ne s'y attarde pas.
Auteur:
Le Tellier Hervé
Années: 1957 - 20??
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: écrivain, oulipien, mathématicien
Continent – Pays: Europe - France
Info:
Electrico W, p125
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animation
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— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.
cimetière
Je n'aimais pas aller voir la tombe de Lilli. J'aurais supporté Lilli et moi, mais pas les fleurs rouges de sa tombe. Mon beau-père les qualifiait de tradescantias. Au marché, on les appelait des Viennoises, et pour moi c'étaient des sanguinaires. Rouges étaient les tiges, les feuilles et les fleurs, chaque plante était jusqu'aux extrémités une poignée de lambeaux de chair. Lilli les nourrissait et moi, je me plaçais à ses pieds et me fourrais les doigts dans la bouche pour ne pas claquer les dents.
Auteur:
Müller Herta
Années: 1953 - 20??
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: écrivain, Nobel de littérature
Continent – Pays: Europe - Allemagne
Info:
La convocation
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imagination
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deuil
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désagréable
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— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.
cimetière des innocents
En 1590, pendant le siège de Paris par le roi de Navarre, la faim a poussé les Parisiens à ramasser les ossements du cimetière pour en faire de la farine. On a gravé des images, des compositions de la scène. On a gardé des souvenirs. Les enfants qui jouent aux osselets, qui s’amusent avec des têtes. Les chères têtes blondes, justement ! Les Innocents, précisément ! Comment plus longtemps aurait-on pu laisser les enfants voisiner avec la mort révulsante ? Tout cela était trop choquant et la Révolution viendra comme réponse à cette révulsion. Revanche des dames patronnesses. Respectueuses de la mort en train de devenir sacrée. En même temps que l’enfance innocente, c’est-à-dire délivrée du péché, du sale dogme de l’absurdité ontologique. En même temps que la sexualité en train de sortir de son bourbier, le fumier prostitutionnel. La mort, le sexe et l’enfance en train de se diviniser, de se mirer dans leur divinité naissante, et voilà frappés les trois coups du 19e siècle dans les neuf mille mètres carrés de terre visqueuse, asphyxiante, croulante des fermentations des grands dormants.
Auteur:
Muray Philippe
Années: 1945 - 2006
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: essayiste et romancier
Continent – Pays: Europe - France
Info:
Dans "Le 19e siècle à travers les âges", page 27
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cohabitation morts-vivants
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tabou
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— Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.