Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info
Rechercher par n'importe quelle lettre



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Dictionnaire analogique intriqué pour extraits... Recherche mots ou phrases tous azimuts... Outil de précision sémantique et de réflexion communautaire... Voir aussi la rubrique mode d'emploi. Jetez un oeil à la colonne "chaînes". ATTENTION, faire une REINITIALISATION après  une recherche complexe. Et utilisez le nuage de corrélats ... Lire la suite >>
Résultat(s): 2
Temps de recherche: 0.026s

cléricaux

Plusieurs fois, j’ai entendu des Pères dire : “On ne peut plus agir avec les jeunes filles comme autrefois”. En effet, les clercs n’agissent pas avec les femmes selon les principes généraux de morale, mais selon l’opinion que chacun d’eux se fait du rôle de la femme sur la terre, auquel rôle, selon qu’il se le représente, chacun accommode la morale à son gré.

Tant que cela a pu tenir ainsi, pas un ne s’est demandé si c’était juste ou injuste – pas un ne s’est élevé pour dire ce qui était équitable ou abusif. Lisez dans Judith 10.18 et Esther 1.15-22, les arguments qui ont valeur : les femmes existent pour le plaisir ou le service des hommes – pour les clercs le plaisir consiste dans les satisfactions de paternalisme et de domination auxquels ils sont extrêmement sensibles, et sur lesquels ils sont très susceptibles. C’est pour eux, un des points très importants de la religion, d’après lequel souvent ils jugent du degré de vertu des religieuses : leur valeur vertueuse se mesure aux deux extrêmes : jusqu’où elles honorent et s’abaissent devant eux – et eux, jusqu’où ils peuvent les assujettir et les mépriser.

Cependant, je ne vois pas que notre Seigneur ait agi ainsi ; il a même souvent pris parti pour elles contre le mépris des apôtres.


Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre à Jacques Lacan, 22 octobre 1952

[ hommes-femmes ] [ église ] [ soumission ] [ infériorité ] [ christianisme ] [ imperfection humaine ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson

cléricaux

J’ai vu deux sœurs de passage à Paris ces jours-ci. L’une d’elle a comme d’habitude refoulé depuis des années sa sensibilité ce qui, à la longue l’a un peu désaxée − car détruire l’ordre naturel entraîne forcément des perturbations. Car il n’est jamais question d’intégrer la sensibilité à tout l’ensemble de la vie, mais seulement de la tenir en suspicion, de ne pas la satisfaire, au contraire. Les hommes ne peuvent rien y entendre, encore moins les directeurs qui pourtant donnent d’abondants conseils sur ce point – ils ne peuvent pas faire autrement que de mépriser et tenir pour suspect, ce qui, dans notre psychologie, diffère de la leur, et de l’éliminer de notre comportement spirituel. La sensibilité féminine est considérée par eux comme une tare, une infériorité. Je ne sais pas si je me trompe en pensant que notre sensibilité féminine a dans notre comportement psychologique, une influence équivalente à celle de la sexualité chez les hommes : pour elle, ils invoquent toutes les circonstances atténuantes quand ils sont lâches ; et ils fondent sur elle toute leur grandeur = d’une part, ils abusent honteusement des femmes, et de l’autre ils prennent la liberté de se livrer à toutes sortes d’excès de domination. Mais pour eux, tout est permis, c’est une entente collective et ils tiennent bon pour la défendre et se disculper les uns les autres.

Mais la sensibilité féminine a tout leur mépris – pourtant elle participe éminemment de l’esprit et souvent je pense que ce serait la plus grande force du monde si seulement on prenait soin de l’éduquer et de l’objectiver. Seulement cela accroîtrait la valeur féminine humaine – et cela porte ombrage à la plupart des hommes : ils ne demandent pas mieux que les femmes les dépassent sur certains points, à condition que cela soit dans le sens de l’effacement, du renoncement, de l’inspiration cachée qu’ils en reçoivent, etc. Plus nous sommes les modestes servantes de leur grandeur, plus y trouvent que tout est dans l’ordre. Ni le dogme, ni la morale n’obligent à penser comme eux, mais si une religieuse y déroge anathema sit. Encore est-ce pour son bien et pour lui ouvrir les yeux qu’ils lui font sentir leur mécontentement.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre à Jacques Lacan, 24 juillet 1951

[ hommes-femmes ] [ misogynie discrète ] [ soumission ] [ contrôle ] [ peur ] [ pensée-de-femme ]

 
Commentaires: 2
Ajouté à la BD par Coli Masson