La découverte du dessin d'Ernst Mach fut un moment pivotal pour Douglas Harding, marquant le déclencheur de sa réalisation de son livre "Vivre sans tête" en 1942 ou 1943, lors d'une période d'intense questionnement sur son identité. Ce portrait, intitulé " Vue depuis l'œil gauche " et issu du livre From The Analysis of Sensations (1891), montre uniquement les pieds, jambes, mains, bras et torse de Mach, encadrés par son sourcil, son nez et sa moustache, sans tête ni visage, tel qu'il apparaît de son propre point de vue sur son sofa.
Circonstances de la découverte
Harding, alors en quête philosophique profonde après des années de réflexion, tombe sur ce dessin au milieu des années 1930 ou peu avant 1942, probablement pendant son séjour en Inde comme architecte. Ce n'est pas un simple amusement pour lui : le portrait révèle instantanément sa propre "non tête" à zéro distance, où son champ visuel ne montre que son corps et le monde, sans tête au centre, inaugurant une expérience de non-dualité où le "rien" conscient englobe tout.
Impact existentiel
Cet événement dissout son ego habituel : raison, mémoire et sens du soi s'effacent, laissant un présent pur, vide de "moi" mais plein du monde, comme Harding le décrit dans On Having No Head (1961). Il perd une tête pour gagner un monde, une intuition qui fonde sa "Voie sans tête" et ses expériences pratiques partagées dès les années 1960.
Le dessin de Mach
Mach décrit : " Si je ferme mon œil droit, le tableau représenté dans la gravure ci-jointe se présente à mon œil gauche. Dans un cadre formé par l'arête de mon sourcil, par mon nez et par ma moustache, apparaît une partie de mon corps, pour autant qu'il est visible, avec son environnement. " Ce croquis illustre empiriquement la perspective en première personne, sans miroir, et inspire Harding à vérifier directement son expérience.