" Xavier a toujours été un connard de droite, ce n’est pas lui qui a changé, c’est le monde qui s’est aligné sur ses obsessions. "
- Pour moi, le passage de l’an 2000, ça a été annoncé par l’engouement collectif pour Philippe Muray, le troupeau changeait d’enclos. Des déclarations qui étaient impensables, sont devenues parfaitement normales et tolérables. Beaucoup de gens se sont décomplexés. Je me situe spontanément à gauche, toujours, mais parfois je me demande pourquoi. Quelle pensée de gauche me nourrit aujourd’hui ? Je ne sais pas… En animant " Ce soir (ou jamais) " tu dois t’en rendre compte… Les concepts paraissent bons, mais c’est comme s’ils avaient été dévitalisés. Et puis, la droite a explosé, toujours en expliquant qu’elle ne pouvait s’exprimer nulle part, mais on entend qu’elle. Partout. Et ça donne le sentiment que toute tentative de penser l’économie autrement qu’ultra-gore est une démagogie débile. Les réformes économiques les plus idéologiques, venues de droite, deviennent, magiquement, des décisions quasi immanentes – il serait fou de penser différemment du troupeau. Et quiconque proteste est attardé. Les médias sont à fond là-dedans. Lors des manifs contre le mariage gay, c’était manifeste: il fallait inviter leurs représentants partout, à toute heure, les faire s’exprimer à fond. Quand il y a des manifs contre la réforme du régime des retraites, je n’observe pas la même folie médiatique pour les représentants syndicaux. Il y a une fascination morbide envers l’extrême droite. On a vu Éric Zemmour pendant cinq ans tous les samedis soir sur France 2. Il a été construit par le service public sans personne en face pour le contredire.