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sujet de l'inconscient

Au "que suis-je ?" il n’y a pas d’autre réponse au niveau de l’Autre que "laisse-toi être". Et toute précipitation donnée à cette réponse, quelle qu’elle soit dans l’ordre de la dignité : enfant ou adulte, n’est que le quelque chose où je fuis le sens de ce "laisse-toi être". Il est donc clair que c’est au niveau de l’Autre et de ce que veut dire cette aventure au point dégradé où nous la saisissons, c’est au niveau de ce "que ?", qui n’est pas "que suis-je ?" mais que l’expérience analytique nous permet de dévoiler au niveau de l’Autre,

– sous la forme de l’Autre,

– sous la forme du "que veux-tu ?",

– sous la forme de ce qui seulement peut nous arrêter au point précis de ce dont il s’agit dans toute question formulée, à savoir ce que nous désirons en posant la question ...c’est là qu’elle doit être comprise et c’est là qu’intervient le manque de signifiant dont il s’agit dans le Φ du phallus.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 19 avril 1961

[ message sous forme inversée ] [ moi idéal ] [ che vuoi ] [ effet ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

sujet de l'inconscient

Je voudrais soulever une autre question qui est celle de la traduction anglaise du Ich des Allemands [dans l'oeuvre de Freud] par ego. Nous avons donné à cela un poids plus raisonnable en traduisant par le moi. C’est là que je retrouve la question tout à fait pressante qu’a soulevée Jacques-Alain Miller, des rapports de Stephen avec James Joyce. Stephen Dedalus, n’est-ce pas ce qu’on appelle communément l’ego ? Je serais assez porté à y pointer un imaginaire redoublé, un imaginaire de sécurité si l’on peut dire. Est-ce que Stephen Dedalus ne joue pas par rapport à James Joyce le rôle d’un point d’accrochage, d’un ego ? Est-ce un ego fort comme disent les Américains, ou est-ce un ego faible ? Je crois que c’est un ego fort, d’autant plus fort qu’il est entièrement fabriqué. C’est faire retour à la question d’où je partais : quelle est la fonction de l’ego dans la formation catholique ? Est-ce que la formation catholique n’accentue pas ce caractère en quelque sorte détachable de l’ego ? Il est très frappant que les anglais n’aient pas traduit le Ich par I. Il faut que quelque chose les en ait empêchés, parce que cela semble aller de soi, quelque chose qui tient à la langue anglaise.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Interventions lors des Conférences du "Champ freudien", 9 mars 1976

[ personnage de fiction ] [ roman ] [ idiome ] [ psychanalyse ] [ écrivain ] [ moi-je ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Chaque lecteur est un neurone d'un cerveau anthropo-Gaïen.

sujet inconscient

Qu’il y ait "des pensées qui se pensent elles-mêmes", disons que c’est à l’accepter et à l’entendre, que la découverte de FREUD nous a convoqués.

Qu’il y ait "des pensées qui se pensent elles-mêmes" reçoit de FICHTE le nom de "postulat de la déraison". C’est là sans doute une expression qui doit nous retenir en ce qu’elle marque, sans équivoque, la limite de la philosophie de la subjectivité, dans son impossibilité à concevoir rien d’une pensée qui ne serait pas l’acte d’un sujet.

Au contraire, articuler "les lois de la pensée qui se pense elle-même" requiert de nous, de nous constituer des catégories incompatibles radicalement avec celles de la pensée pensée par le sujet. C’est pourquoi nous nous aiderons ici de ce qui a été élaboré dans un domaine de la science où il fut question, dès l’origine, des pensées qui se pensent elles-mêmes : qui s’articulent en l’absence d’un sujet qui les anime.

Ce domaine de la science, c’est la logique mathématique. Disons que nous devons tenir la logique mathématique comme logique pure, pour le jeu théorique où se réfléchissent " les lois de la pensée qui se pense elle-même " en dehors de la subjectivité du sujet.

Or, on doit noter que la constitution du domaine de la logique mathématique s’est faite par l’exclusion, progressivement assurée, de la dimension psychologique, où il semblait auparavant possible de dériver la genèse des éléments des catégories spécifiquement logiques. Rappelons qu’à nos yeux l’exclusion de la psychologie nous laisse libres de suivre, en ce champ, les traces où se marque ce qu’il faut nommer "le passage du sujet", dans une définition qui ne doit plus rien à la philosophie du cogito pour ce qu’elle rapporte le concept du sujet, non pas à sa subjectivité, mais à son assujettissement.

En quoi la logique mathématique s’avère-t-elle propre à notre lecture ? Eh bien, en ceci : que l’autonomie et la suffisance qu’elle s’efforce d’assurer à son symbolisme rendent d’autant plus manifestes les articulations où achoppe la marque de son fonctionnement. C’est donc très simplement en tant qu’elles articulent sans le savoir la suggestion de la subjectivité du sujet, que les lois de la logique mathématique peuvent nous retenir ici.

Auteur: Miller Jacques-Alain

Info: Séminaire de Jacques Lacan, 30 novembre 1966

[ psychanalyse ] [ exemplarité structurelle ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Chaque lecteur est un neurone d'un cerveau anthropo-Gaïen.

sujet de l'inconscient

Ici est le point central autour de quoi se joue ce que nous avons à penser de la fonction de (a), et bien sûr il convient d’y revenir encore, et de vous rappeler le mythe dont nous sommes partis - je dis "mythe" - ce mythe que j’ai fabriqué pour vous cette année au moment du Banquet, de "la main qui se tend vers la bûche". 

Quelle étrange chaleur, cette main devrait-elle porter avec elle pour que le mythe soit vrai, pour qu’à son approche jaillisse cette flamme par quoi l’objet prend feu ? Miracle pur contre lequel s’insurgent toutes les bonnes âmes, car si rare soit-il, ce phénomène, il faut - encore qu’il soit considéré comme impensable - qu’on ne puisse pas, en tout état de cause, l’empêcher. C’est en effet le miracle complet qu’au milieu de ce feu induit, une main apparaisse. Elle est l’image toute idéale, c’est un phénomène rêvé comme celui de l’amour. 

– Chacun sait que le feu de l’amour ne brûle qu’à bas bruit. 

– Chacun sait que la poutre humide peut longtemps le contenir sans que rien n’en soit révélé au dehors. 

– Chacun sait, pour tout dire, ce qu’est chargé - dans Le Banquet, le plus gentiment bêta [Agathon] - d’articuler de façon quasi dérisoire : que la nature de l’amour est la nature de l’humide, ce qui veut dire justement, dans sa racine, exactement la même chose que ce qui est là au tableau, que le réservoir de l’amour objectal, en tant qu’il est amour du vivant, c’est justement cette Schatten, cette ombre narcissique.

La dernière fois, je vous avançais la présence de cette ombre, et aujourd’hui j’irai bien jusqu’à l’appeler, cette tache de moisissure, de moisi peut-être mieux nommé qu’on le croit, si le mot moi est inclus. Nous irions y rejoindre toute la spéculation du tendre FÉNELON, lui aussi - comme on dit - ondoyant, quand il fait aussi du moi le signe de je ne sais quel apparentement à la divinité. 

Je serais tout aussi capable qu’un autre de pousser très loin cette métaphore et jusqu’à faire de mon discours un message pour votre drap. Cette odeur de rat crevé qui affleure du linge pour peu qu’on le laisse séjourner sur le rebord d’une baignoire doit vous permettre d’y repérer un signe humain essentiel. Mon style d’analyste, ce n’est pas uniquement par préférence que je lui préfère des voies que l’on qualifie, que l’on stigmatise d’"abstraction", cela peut être simplement pour ménager chez vous un odorat que je saurais aussi bien chatouiller qu’un autre. 

Quoi qu’il en soit, là derrière, vous voyez se profiler ce point mythique - qui est sûrement bien celui né de l’évolution libidinale - que l’analyse, sans trop savoir jamais bien le situer dans l’échelle, a cerné autour du "complexe urinaire" dans son rapport obscur avec l’action du feu : termes antinomiques, l’un luttant contre l’autre, jeu de l’ancêtre primitif. 

Comme vous savez que - notre ancêtre - l’analyse a découvert que son premier réflexe de jeu à l’endroit de l’apparition de la flamme avait dû être de pisser dessus, renouvelé dans le Gulliver. Rapport profond de "uro" : je brûle, à "urina" : je pisse dessus. Tout cela s’inscrit au fond de l’expérience infantile : l’opération du séchage des draps, les rêves du linge énigmatiquement empesé, – plutôt de l’érotique de la blanchisseuse chez M. VISCONTI, pour ceux qui ont pu aller voir sa splendide mise en scène de tous les blancs possibles, illustrant sur la scène, matérialisant pour nous, le fait et la raison de savoir pourquoi Pierrot, sur scène est en blanc. Bref, c’est un petit milieu bien humain qui fait bascule autour du moment ambigu entre l’énurésie et les premières pollutions. – C’est là autour, que se joue la dialectique de l’amour et du désir dans ses racines les plus sensibles.

L’objet central, l’objet du désir - sans vouloir pousser plus loin ce mythe placidement incarné dans les premières images dans lesquelles apparaît pour l’enfant ce qu’on appelle la petite carte géographique, la petite Corse sur les draps que tout analyste connaît bien - l’objet du désir s’y présente, au centre de ce phénomène, comme un objet sauvé des eaux de votre amour. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 28 juin 1961

[ puanteur ] [ opposition ] [ moi-je ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.