idéalisme
Il lui manque [à la conscience morale] la force de l’aliénation, la force de faire de soi une chose et de supporter l’être. Elle vit dans la peur de souiller la splendeur de son intérieur par l’action et l’existence, et pour préserver la pureté de son cœur, elle fuit le contact de l’effectivité, et persiste dans l’impuissance obstinée à renoncer à son Soi-même effilé jusqu’à l’extrême abstraction et à se donner de la substantialité, ou encore à transformer sa pensée en être et à se confier à la différence absolue. L’objet creux qu’elle se fabrique, elle ne le remplit donc que de la conscience de la vacuité ; son activité, c’est le languir qui ne fait que se perdre dans un devenir où il devient objet inconsistant, et qui, retombant en soi-même par-delà cette perte, ne se trouve que comme perdu — dans cette pureté transparente de ses moments, elle est ce qu’on appelle une belle âme malheureuse dont l’ardeur se consume et s’éteint en soi-même, et s’évanouit en une brume informe qui se disperse dans les airs.
Auteur:
Hegel Georg Wilhelm
Années: 1770 - 1831
Epoque – Courant religieux: préindustriel
Sexe: H
Profession et précisions: philosophe idéaliste
Continent – Pays: Europe - Allemagne
Info:
La Phénoménologie de l'esprit, Flammarion, Paris, trad. Jean-Pierre Lefebvre, 2012, pages 541-542
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désincarnée
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critique
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