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thésaurus

Un dictionnaire analogique n’isole jamais un mot, il le considère toujours dans un ensemble de mots. L’analogie est un renvoi perpétuel d’un mot vers tous les autres auxquels il peut faire penser par association d’idées. On peut comparer les différentes définitions, les différents sens, synonymes ou pas, plus ou moins spécialisés ou étendus. Tous ces mouvements, combinés à des citations littéraires et poétiques, dessinent l’usage du mot, mais un usage vivant et vibrant.

Auteur: Rey Alain

Info: Le Temps, 2 décembre 2017

[ définition ] [ citation s'appliquant à ce logiciel ] [ contextualisations ] [ quasi-esprit ] [ mots carrefours ] [ termes univers ] [ tiercités ] [ murmurations ]

   

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inséré par miguel

— Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

plurivocité

La langue n'est jamais un miroir figé ; elle est un organisme vivant, vibrant, où les mots abritent parfois des mondes entiers sous une seule enveloppe. Cette richesse — la polysémie — fait la magie de nos parlers. Un même vocable, au fil des siècles et des frontières, s'imprègne de l'âme du peuple qui le façonne, dérivant au gré de l'histoire pour raconter une tout autre aventure humaine.

Les destins croisés des termes-vocables volia  et  mir dans l'espace slave illustrent à merveille ces subtiles métamorphoses diachroniques :

- Volia est un souffle indomptable. Né d’une même racine, il s'est installé en russe comme la force intérieure de l’esprit — la volonté —, reléguant la liberté physique à des élans poétiques. En ukrainien, au contraire, le mot a gardé ses deux visages intacts et brûlants : il y est la liberté farouche que l'on arrache par la seule force de sa détermination, un cri politique gravé jusque dans les lignes de ses armoiries*.

- Mir, quant à lui, est le théâtre d'un grand schisme sémantique. Le russe a choisi de fusionner les contraires : le village est devenu l’univers, et l’harmonie requise pour y vivre a scellé le mot dans une double identité magnifique et vertigineuse, où " la paix " et " le monde " ne font qu'un. L’ukrainien, plus géométrique dans sa poésie, a refusé cette confusion. S'il a gardé myr pour chanter la paix, il s'est tourné vers la lumière avec svit pour nommer le monde, brisant le jeu de miroirs russe pour lui préférer la clarté. Ces trajectoires nous rappellent que traduire n'est pas seulement équivaloir, c'est décoder des trajectoires historiques. Derrière la ressemblance apparente de deux langues sœurs, un simple glissement sémantique suffit à révéler deux visions du monde radicalement singulières.

( Remarque 1 : Ainsi le fameux slogan soviétique " Paix au monde ! " (Miru — mir ! en russe) se traduit donc en ukrainien par " Myru — svit ! " (Миру — світ). Le jeu de mots intraduisible du russe disparaît totalement en ukrainien au profit d'une meilleure clarté conceptuelle.

  Remarque 2 : La proximité-similarité lexicale (le vocabulaire partagé) entre l'ukrainien et le russe est estimée par les linguistes à environ  65 %. À titre de comparaison, c'est un écart similaire à celui qui existe entre l'anglais et le néerlandais. )


Auteur: Google Bard chatbot

Info: En réalité pas Google bard mais Gemini, suite à des échanges avec MG le 6 juillet 2026. *En ukrainien : Le mot a conservé sa double charge avec une intensité maximale. C'est un concept politique et existentiel vivant. En ukrainien, la volia est la liberté acquise par la lutte. D'ailleurs les Ukrainiens s'amusent souvent à montrer que les quatre lettres du mot ВОЛЯ (V-O-L-YA) sont graphiquement " cachées " à l'intérieur des branches du Tryzoub, le trident qui sert d'armoiries officielles à l'Ukraine

[ translangue ] [ idiomes proches ] [ indépendance patriotique ] [ intraduisible ] [ mots carrefours ]

   

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inséré par miguel

— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

socio-psychologie

Le matérialisme nord-américain - logé au cœur de la pensée collective - s'explique peut-être par une curieuse connexion de la langue anglaise, où le mot free signifie à la fois "libre" et "gratuit". Pour le français, la liberté est plutôt intérieure, car fonction de la conscience - ou politique. Tout le monde sait que le pouvoir de l'argent augmente le pouvoir sur les choses. Néanmoins, la liberté est séparée de l'économie par une différence de dignité. Sauf dans les cas de famine, on ne meurt pas pour le pouvoir d'achat : on y voit une commodité, non un idéal.

L'âme anglo-saxonne peut-elle échapper à cette nuance de dictionnaire et lutter contre la confusion qu'induit un seul mot pour deux horizons ? Une publicité pour une compagnie aérienne nous propose - grâce à un plan de fidélité - de "voler libres pour toujours", c'est à dire gratuitement de temps à autres. Soudain le fait de dépenser moins d'argent augmente la sensation de liberté. L'économie du moindre dollar est victoire, jubilation : réalisation. D'où le fait, chez les Canadiens, de marchander sans vergogne et de se battre pied à pied pour s'ouvrir le coin de ciel bleu d'une jouissance inversement proportionnelle au prix. La réduction est demandée comme un droit - mais sans baisse de générosité chez le vendeur ! La joie est chiffrée. Le désir de liberté - cette grande libido qui voudrait capturer la vie - est reporté sur l'argent. l'Éden est dans la gratuité. Le seul amour véritable est associé aux billets, le génie ou la justesse d'esprit sont des capitaux à réaliser. Le fait de payer incline à une certaine férocité des rapports, comme si dans l'échange il y avait, clandestinement, un gagnant et un perdant, une recherche de domination et la volupté de réduire en esclavage.

La qualité d'une œuvre finit par tenir à ces recettes. La liberté est d'autant moins comprise comme la direction même de la pensée, la recherche du savoir, la jubilation de comprendre. L'accent est rarement mis sur le plaisir volatil de l'analyse, bien séparé des questions d'intendance, dont d'autres cultures ne méconnaissent pas, pour autant, l'importance.

Ne noircissons pas cependant : s'il est peu d'accent mis sur le spirituel, il ne manque pas d'esprit impressionnants dans la vie courante. Le fait d'être peu encouragé à penser engendre une révolte qui porte loin. Et, si tant est que l'on valorise la gratuité, rien n'empêche d'arriver un jour à la poésie et à la subtile fraîcheur du rêve : sans valeur comptable, elles relèvent du miracle. Enfin, même si la relation à la richesse est omniprésente, elle ne détourne pas forcément de la tolérance et de l'harmonie : on est aimable avec le client potentiel, on le reste dès lorsqu'il n'achète pas car on l'aperçoit comme libre de l'emploi de son argent. Le matérialisme se transcende en sainteté ordinaire, l'amour et l'intelligence prévalent. Il n'en va pas toujours de même dans les pays où l'individualisme de la pensée incline au mépris.

Auteur: Gloaguen Alexis

Info: Digues de Ciel

[ linguistique ] [ capitalisme ] [ mot carrefour ] [ polysémie ] [ comparaison ] [ occident ] [ célébrité modèle ] [ marchandisation ] [ translangue ]

   

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inséré par miguel

— Ψ → B → Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

réflexivité

Le développement de la programmation et des codages informatiques semblent de nature à expandre et enrichir nos capacités de réflexion. J'en veux pour preuve l'apparition d'écrivains informaticiens comme Ted Chiang ou Greg Egan, clairs héritiers d'une pensée cybernétique qu'on dit initiée par Leibniz.

Prenons le concept d'instanciation informatique (en programmation objet : "qui définit les interactions de briques logicielles manipulées par un programme, les objets, conteneurs symboliques et autonomes incluant/englobant informations et mécanismes concernant un sujet, tangible ou conceptuel")

Ce concept initialise donc un "objet" à partir d’un espace mémoire réservé. Ceci en fonction d’un ensemble de caractéristiques nommées "classe", chaque classe regroupant membres, méthodes et propriétés/attributs/comportements communs à un ensemble d'objets.

Comme FLP s'occupe uniquement de textes - c'est à dire des manières dont nous codons/décrivons en français nos réels et imaginaires communs d'humains parlants - nous appréhenderons pour l'instant ces classes comme des mots/concepts, si possible précisément définis.

C'est sur la notion d'instanciation que nous voulons mettre l'accent ici.

Cette idée "d'initialiser, à partir d’un espace mémoire réservé, un objet doté d’un ensemble de caractéristiques", peut-être perçue comme la désignation d'un lieu/source, c'est à dire un point focalisateur, plus ou moins dense, qui peut correspondre (au sens de la pensée de CS Pierce) soit à :

1) un mot/concept "quasi esprit" soit

2) carrément à une secondéité, c'est à dire un autre "esprit interprétant", donc capable d'intention. Ce point 2 faisant possiblement basculer ce concept d'endroit/source vers le mystique ou le paranormal.

Endroit/source numéro 2 instanciateur, qui, à partir d'une volonté/désir dont nous ne connaissons rien, impulse/apporte/inspire une idée à notre esprit voire à nos songes. "Eclair, point stimulateur" insaisissable, dont la localisation potentielle laisse du coup entrevoir d'infinies possibilités sur beaucoup des échelles dont nous avons usage : temporelles, géographiques, dimensionnelles, vibratoires... Et qui nous atteint/stimule/oriente via des biais x ou y difficilement saisissables (ceux qui ne sont pas de la simple analogie/association issus de la source 1 donc). Enigmes inspiratrices/réflexives que d'aucun formaliseront sous des termes comme inconscient, télépathie, inspiration divine, manipulation extraterrestre, etc. Nous voilà très proche de la notion de projectionniste.

C'est donc la tentative de préciser un peu mieux cette idée d'"influence externe", c'est à dire que ce ne serait pas QUE le pur hasard indéterministe qui oriente les choses et nos vies.

Ainsi ce concept "d'impulsion externe", à l'instar de l'instanciation informatique décrite plus haut, peut être imaginé/modélisé comme un foyer de départ présentant plus ou moins de densité et de dégradés, allant du simple point focal jusqu'aux multivers intriqués, en passant par toutes les combinaisons de monades qu'on voudra. "Impulsion interne" fonctionnera pareillement ici, pour qui voudra mettre l'inconscient en avant.

Mais revenons sur terre. C'est la rencontre avec certaines de ces idées-points-espaces instanciateurs, sous forme de mots/concepts "quasi esprit" (source 1), bien sûr représentés par des termes que nos imaginaires tripotent tous à leur manière - que FLP tente de stimuler. Avec une bonne dose de sérendipité.

Tout ceci dans le cadre d'une lecture analytique qui s'essaye à coller le plus possible au sémantique, à la clarté du sens et à la désambiguation. A l'exception bien sûr de certains domaines comme la poésie, les jeux de mots ou l'humour. Domaines, évidemment eux aussi, "instanciateurs".

Auteur: Mg

Info: 6 janvier 2022

[ citation s'appliquant à ce logiciel ] [ mots carrefours impulsants ] [ liaisons mentales ]

   
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inséré par miguel

— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Ψ = H → H₂O → C. Ne renversez pas l'ordre.