[…] l’objet phallus, n’est pas la simple spécification, l’homologue, l’homonyme du petit(a) imaginaire où déchoit la plénitude de l’Autre, du grand A. Ce n’est pas une spécification enfin venue au jour de ce qui aurait été auparavant l’objet oral, puis l’objet anal.
[…] c’est un objet privilégié dans le champ de l’Autre. C’est un objet qui vient en déduction du statut de l’Autre, du grand Autre comme tel.
En d’autres termes, le petit(a) […] c’est le A moins phi [phallus imaginaire] : (a) = A – φ.
En d’autres termes, c’est par ce biais que le φ (phi) vient à symboliser ce qui manque à l’A pour être l’A noétique, l’A de plein exercice, l’Autre en tant qu’on peut faire foi à sa réponse à la demande. De cet Autre noétique, le désir est une énigme, et cette énigme est nouée avec le fondement structural de sa castration. C’est ici que va s’inaugurer toute la dialectique de la castration.
Faites attention maintenant de ne pas confondre non plus cet objet phallique avec ce même signe qui serait le signe au niveau de l’Autre de son manque de réponse, le manque dont il s’agit ici, est le manque du désir de l’Autre. La fonction que va prendre ce phallus en tant qu’il est rencontré dans le champ de l’imaginaire, c’est non pas d’être identique à l’Autre comme désigné par le manque d’un signifiant, mais d’être la racine de ce manque.
C’est l’Autre qui se constitue dans une relation, privilégiée certes à cet objet φ, mais dans une relation complexe.
C’est ici que nous allons trouver la pointe de ce qui constitue l’impasse et le problème de l’amour, c’est que le sujet ne peut satisfaire la demande de l’Autre qu’à le rabaisser, qu’à le faire lui, cet autre, l’objet de son désir.