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enfer administratif

Le propre de toute bureaucratie (son ambition ? sa fin ultime ?) revient à dissocier les visages de ses agents en les rendant interchangeables, afin qu'elle perdure. Au fond de son activité et l'animant toute entière, il y a une aversion pour les traits, les expressions et tout ce que signale, dans un visage, l'accident du singulier. Derrière des fonctions, des numéros, des sigles, l'entreprise d'anonymat bureaucratique remplace les volontés par des mots d'ordres, les choix libres par des canaux décisionnels, les consciences par des tâches ponctuelles, les affects par des gestes mécaniques.

Auteur: Doumet Christian

Info: L'évanouissement du témoin

[ paperasserie ] [ administration ] [ dépersonnalisation ] [ déshumanisation ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

littérature

[…] Dante, avec sa vision traditionnelle favorable à la suprématie du Sacré sur le Temporel, lança de vives critiques contre Philippe le Bel et Clément V dans sa Divine Comédie écrite pendant le procès des Templiers, les accusant respectivement de cupidité et de haute trahison. Dans le chant XIX de l’Enfer, Dante imagine un dialogue avec Clément V, qu’il place dans le cercle infernal réservé aux simoniaques […]. En ce qui concerne le rôle de la monarchie française et de son représentant Philippe le Bel, Dante est encore plus cinglant et adopte un ton très accusateur, voire terriblement vengeur (n’oublions pas que Dante appartenait à une organisation initiatique affiliée à l’Ordre du Temple) ; dans le chant XX du Purgatoire, Dante fait parler l’ancêtre des Capétiens, Hugues Capet, en ces termes quasi-prophétiques : "Mais pour que le mal arrivé et le mal futur soient encore surpassés, je vois les lys entrer dans Anagni et le Christ prisonnier dans la personne de son vicaire… Je vois un nouveau Pilate que ce supplice ne rassasie pas, il porte dans le Temple ses désirs cupides. Ô mon seigneur ! Quand serai-je assez heureux pour être témoin de la vengeance qui, cachée dans tes vues secrètes, satisfait ta juste colère ?"

Auteur: Lenoble Pierre-Yves

Info: Métaphysique du Moyen Age, Archè Milano, 2013, pages 113-114

[ contexte ] [ clé de lecture ] [ pape ] [ roi ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

modernité

Tel est le mal actuel, le mal suprême, tel le caractère distinctif et profond de la Philosophie moderne. C’est l’homme, au fond, se préférant à Dieu et se posant à sa place dans l’intelligence. C’est la notion de l’homme qui veut donner ce qu’elle ne contient pas, c’est-à-dire la notion de Dieu. Le mal n’est pas d’hier, il vient de plus loin. Il a été fait par les uns avec une préméditation criminelle, par les autres avec une affreuse innocence. La Renaissance avait gagné son nom à faire renaître le Paganisme, et son éclat avait été si beau que la séduction fut universelle. Les Sirènes antiques reprirent, dans leurs bras amollissants, le monde brisé par l’ascétisme chrétien. Sans doute, l’Église indéfectible ne chancela pas. Elle resta ce qu’elle était. Ce n’est pas la Colombe mystique dont les ailes s’étendent sur le monde qui pouvait prendre le vertige à cette vapeur parfumée, s’élevant de la terre comme d’une cuve où bouillait le vieil Éson du Paganisme dans l’or et l’airain de Corinthe retrouvés ! Mais le Médicis qui gouvernait l’Église, — il faut bien le dire, — s’enivra un instant du nectar de l’Antiquité ; Léon X oublia, en lisant Platon, de lever la main qui doit frapper, et cette distraction coûta cher au monde. Le plus obscur des moines de la chrétienté prit bien son temps pour jeter le tison du Protestantisme sur l’autel. Avant cette heure de somnolence, la Papauté avait atteint l’erreur jusque dans sa source humaine, en fermant par un châtiment exterminateur la bouche coupable qui l’avait vomie, et qui pouvait recommencer de la vomir, si l’on ne savait pas la fermer. Dans ce monde où l’esprit et le corps sont unis par un indissoluble mystère, le châtiment corporel a sa raison spirituelle d’exister ; car l’homme n’a pas charge, que je pense, de dédoubler la création. Eh bien, si, au lieu de brûler les écrits de Luther, dont les cendres retombèrent sur l’Europe comme une semence, on avait brûlé Luther lui-même, le monde était sauvé, au moins pour un siècle.

Auteur: Barbey d'Aurevilly Jules

Info: Les prophètes du passé, éditions La onzième heure, 2025, page 31

[ critique ] [ historique ] [ pape ] [ décadence ] [ laxisme ] [ séduction ] [ religion ]

 
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Ajouté à la BD par Coli Masson