égalité
La laïcité ce n'est pas l'effacement des croyances, c'est la promesse que nul ne seras jamais soumis à la croyance de l'autre.
Auteur:
Abnousse Shalmani
Années: 1977 -
Epoque – Courant religieux: récent et libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: journaliste, productrice et réalisatrice de courts-métrages
Continent – Pays: Iran - France
Info:
[
pluralisme
]
[
religions
]
[
oecuménisme
]
adaptabilité
Le piège mortel de la suroptimisation
Le culte de la performance ne se contente pas d'être inefficace à long terme : il devient carrément destructeur. Le biologiste rappelle la définition moderne de la performance, dévoyée par les contrôleurs de gestion : " la somme de l'efficacité et de l'efficience ", soit atteindre son objectif avec le moins de moyens possibles. Ce qui était initialement "l'art de bien faire" s'est transformé en logique mécanique où "le bien est devenu le bien réglé".
Dans le sport de compétition, cette dérive atteint des sommets dramatiques. Le dopage en est l'illustration la plus criante : "Quand on fait du sport de compétition, on ne voit plus qu'un seul objectif à atteindre, quitte à détruire tout le reste, y compris son corps", observe le biologiste. Il cite la loi de Goodhart : "Quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être fiable." La focalisation exclusive sur la performance transforme le sport en machine à broyer les individus.
Mais c'est peut-être en géopolitique que les leçons de robustesse sont les plus urgentes. Olivier Hamant s'appuie sur le témoignage du diplomate britannique Rory Stewart, relatant l'occupation de l'Irak en 2003. Là où les Anglo-Américains tentaient de tout contrôler, générant insécurité et chaos, les Italiens "restent dans leur caserne", adoptant une approche de sous-optimalité qui s'est révélée bien plus pacificatrice. Face aux Trump, Poutine, Netanyahou et autres "aficionados de la performance", le chercheur est catégorique : "Ça ne marche que dans un monde stable et abondant en ressources. Un parasite dans un monde qui devient fluctuant avec des pénuries chroniques de ressources tombe." Une prédiction qui prend des allures prophétiques au regard de l'actualité vénézuélienne et des soubresauts autoritaires mondiaux.
La robustesse comme projet politique
Loin d'être un concept purement descriptif, la robustesse peut devenir un véritable programme politique. Pour Olivier Hamant, cela passe d'abord par une réhabilitation de l'incohérence : "Le dialogue, c'est faire chanter les incohérences, ce sont les désaccords féconds", affirme-t-il en référence à Patrick Viveret. Les conventions citoyennes sur le climat en ont fourni la preuve : 150 personnes tirées au sort, incluant même des négationnistes, ont produit des propositions plus ambitieuses que les experts. La diversité des points de vue, loin de paralyser l'action, la renforce.
Le chercheur prône également une relecture urgente de Darwin, trop longtemps réduit à la "sélection du plus fort". Or, dans L'Affiliation de l'homme (1871), Darwin emploie 70 fois le mot "sympathie" et décrit de nombreux cas de coopération, d'escargots qui s'entraident aux comportements solidaires. "On l'a un peu raté là Darwin, on a juste prélevé ce qui nous convenait dans la révolution industrielle", regrette le biologiste. Réhabiliter cette lecture plus nuancée, c'est redonner à l'évolution sa véritable complexité, faite autant de coopération que de compétition.
Au niveau territorial, des signes encourageants émergent. Contrairement aux gouvernements nationaux et supranationaux, "les politiques plus territoriaux vivent dans le territoire avec l'effectuation, et en fait ça ne marche pas, la performance". Les collectivités locales, confrontées quotidiennement à la complexité du réel, redécouvrent empiriquement les vertus de la robustesse. Les conventions territoriales pour le climat essaiment, portant la preuve que d'autres voies sont possibles.
Face à la polarisation extrême de ce début 2026, Olivier Hamant ne cède ni au pessimisme ni à l'optimisme béat. Il observe simplement que les systèmes suroptimisés, "ça casse", relevant une forme de "justice cosmique". Et surtout, il nous rappelle cette phrase essentielle : "Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse. Il ne faut pas oublier la forêt qui pousse." Une invitation à porter notre attention sur les alternatives qui germent discrètement, loin du fracas médiatique, et qui dessinent peut-être déjà le monde de demain.
Auteur:
Internet
Années: 1985 -
Epoque – Courant religieux: Récent et libéralisme économique
Sexe: R
Profession et précisions: tous
Continent – Pays: Tous
Info:
https://www.radiofrance.fr/, 5 janvier 2026. A lire : L’Entreprise robuste : Pour une alternative à la performance, Olivier Hamant, Olivier Charbonnier et Sandra Enlart. Odile Jacob, février 2025 De l'incohérence : Philosophie politique de la robustesse, Olivier Hamant. Éditions Odile Jacob, mars 2024 Antidote au culte de la performance : La robustesse du vivant, Olivier Hamant. Éditions Gallimard, août 2023 Manifeste pour une santé commune : Trois santés en interdépendance : naturelle, sociale, humaine, Olivier Hamant, François Collart Dutilleul, Ioan Negrutiu, Fabrice Riem, Emmanuel Druon et Patrick Degeorges, Paris, Les Éditions Utopia, mai 2023 La Troisième voie du vivant, Olivier Hamant. Éditions Odile Jacob, février 2022
[
symbiose
]
[
résilience
]
[
complexité
]
[
coopération
]
[
pluralisme
]