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philosophie

Je sais bien qu’avant on ne songeait pas - personne n’avait jamais songé - à faire tourner le rapport au monde autour de "moi, je suis moi !". La division du moi et du non-moi, voilà une chose qui n’était jamais venue à l’idée de personne, avant quelque siècle récent ! C’est la rançon, c’est le prix qu’on paye - quoi ? - le fait d’avoir jeté la pensée à la poubelle, peut-être.

Cogito, après tout dans DESCARTES c’est le déchet puisqu’il le met effectivement au panier, tout ce qu’il a examiné dans son cogito.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 14 décembre 1966, La logique du fantasme

[ cogito cartésien ] [ symptôme ] [ moderne ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

intellect

Je ne suis point cet assemblage de membres, que l'on appelle le corps humain ; Je ne suis point un air délié et pénétrant, répandu dans tous ces membres ; je ne suis point un vent , un souffle, une vapeur, ni rien de tout ce que je puis feindre et imaginer, puisque j'ai supposé que tout cela n'était rien , et que, sans changer cette supposition je trouve que je ne laisse pas d'être certain que je suis quelque chose. [...] Mais qu'est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu'est-ce qu'une chose qui pense ? C'est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent.

Auteur: Descartes René

Info: Dans les "Méditations métaphysiques"

[ neti neti ] [ cogito ] [ monade ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

fuite

Notre propre corps a été colonisé par le signifiant, rendu Autre, inaccessible sans la médiation du langage... que nous reste-t-il comme possibilité de commémorer ce paradis perdu de n’avoir jamais existé? comment s’imaginer encore toucher à une transcendance proprement humaine?

La sexualité.

La passion sexuelle, en tant que pulsion "non-morte", apparaît souvent sous la forme de sa "détermination oppositionnelle" (pour le dire avec les mots de Hegel): l'obstacle qui nous empêche d'être de "purs esprits", nous ramenant inlassablement à notre contingence corporelle...

Dans la cure psychanalytique, les fantasmes sexuels permettent à l’analysant d'approcher son fantasme fondamental qui, lui, n’est rien de sexuel, faisant écran au Réel insupportable dont il est, comme tout un chacun, affligé, la sexuation opérée par le signifiant qui scinde l’être du sujet.

Je suis où je ne pense pas, je pense où je ne suis pas.

Auteur: Dubuis Santini Christian

Info: Sur Facebook, 22 mai 2019

[ chiasme ] [ psychanalyse ] [ cogito ]

 
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Ajouté à la BD par miguel

philosophie

A cette question – qu’est-ce que, ou qui est, cet ego qui vient de s’assurer de sa propre existence en tant qu’il pense ? – la réponse est : une chose qui pense, donc un esprit, un entendement ou une raison. […]

Il faut que cela soit tout à fait clair : si l’ego cogitans cartésien, comme esprit, a en soi de manière native (innée) les idées ou notions qui lui servent à appréhender tous les aspects de la réalité, soit sensible (les choses corporelles), soit purement intelligibles (Dieu, mais aussi lui-même comme esprit), il n’est pas question qu’il constitue un "ego transcendantal" dont l’activité noétique donnerait forme à tout ce qui lui apparaît, depuis le donné sensible jusqu’aux pures idéalités. Du même fait, il n’a pas à se poser comme ontologiquement ou formellement extérieur à un monde qui lui devrait lui aussi sa forme entière : il est, en tant qu’esprit, une partie du monde (ou de "l’universalité de tous les êtres", rerum universitas, comme dit la Méditation IV). […]

Lorsque l’ego cogitans de la Méditation II se reconnaît lui-même comme "esprit, entendement ou raison", Descartes prend soin d’ajouter que ce sont là "des termes dont la signification [lui] était auparavant inconnue". Il entend par là souligner que c’est dans l’expérience que cet ego fait de lui-même, et non d’une autre manière, que cette signification est constituée.

Auteur: Kambouchner Denis

Info: La question Descartes, éditions Gallimard, 2023, page 113

[ cogito ] [ explication ] [ pratique ] [ processus ] [ immanent ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

philosophie

Je veux dire qu’il m’est, autant qu’à tout le monde, permis de relever que, dans la traduction latine que DESCARTES donne du Discours de la Méthode, très précisément en 1644, apparaît, comme traduction du "Je pense, donc je suis" : "Ergo sum sive existo". Et d’autre part dans les Méditations, dans la deuxième Méditation et juste après qu’il se sent quelque enthousiasme, il compare au point d’ARCHIMÈDE, ce point dont on peut tellement attendre, nous dit-il :

"Si je n’ai touché, je n’ai inventé (invenero), que celui-ci, minimum, qui comporte quelque chose de certain et d’inébranlable (certum sit & inconcussum)"

["Nihil nisi punctum petebat Archimedes, quod esset firmum & immobile, ut integram terram loco dimoveret ; magna quoque speranda sunt, si vel minimum quid invenero quod certum sit & inconcussum." Meditatio II, 3]

…que c’est dans le même texte qu’il formule cette formule qui n’est pas absolument identique : Ego sum, ego existo.

[ Haud dubie igitur ego etiam sum, si me fallit ; & fallat quantum potest, nunquam tamen efficiet, ut nihil sim quamdiu me aliquid esse cogitabo. Adeo ut, omnibus satis superque pensitatis, denique statuendum sit hoc pronuntiatum, Ego sum, ego existo, quoties a me profertur, vel mente concipitur, necessario esse verum. Meditatio II, 3 ]

Et qu’enfin dans les Principes de la recherche de la vérité par la lumière naturelle, c’est "dubito ergo sum", ce qui pour le psychanalyste, a une tout autre résonance, mais une résonnance où je n’essaierai pas aujourd’hui de m’engager, c’est un terrain trop glissant…

Auteur: Lacan Jacques

Info: 14 décembre 1966, La logique du fantasme

[ cogito cartésien ] [ traduction ] [ variantes ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

philosophe

Assurément il n’est pas permis de douter de la foi catholique de Descartes ; l’histoire est sur ce point sans aucun nuage. Il croyait et il avait le prosélytisme de sa croyance. Il contribua puissamment à la conversion de Christine de Suède. Cependant Descartes introduisait dans la pensée philosophique de l’Europe ce que Luther avait introduit dans la pensée religieuse, et ni plus ni moins. Singulier raccourcissement dans un esprit de cette étendue, que de ne pas voir à l’avance ce que son principe portait en lui-même ! Sa conscience religieuse ne murmura pas du crime intellectuel qu’il allait commettre. Les maux que produit parfois l’abstraction sont incalculables. On coupe son âme par quartiers et l’on dit : Ceci est à Dieu ; ceci est à l’homme, cela est à la religion, cela à la philosophie ! et l’on ne se doute pas qu’on accomplit un meurtre : on oublie que l’homme est l’unité vivante, et que ce qu’il fait au nom d’une faculté, toutes les autres facultés en répondent ! Le protestantisme philosophique mêlé à l’orthodoxie, et toutes deux s’embrassant dans la vie et la pensée de Descartes avec la plus inaltérable sécurité, est un de ces spectacles qui épouvantent… Ce spectacle, Descartes ne l’a pas donné seul. Le Cartésianisme a été accepté tranquillement par les esprits de la plus haute orthodoxie ; par Bossuet aussi, l’illustre auteur des Variations, le foudroyant adversaire de Jurieu ! En vérité, pour expliquer de telles anomalies, j’imagine que s’accomplissait dans ces grands esprits (et à leur insu, lamentables ténèbres !) cette séparation de l’Église et de l’État, qui est devenue le droit public du dix-neuvième siècle. Abstraction vantée et placée dans la loi pour tuer l’Église, et qui tuera infailliblement l’État et même tuerait l’Église, si l’Église pouvait jamais périr.

Ainsi Descartes, plus que Luther encore, voilà le père de la Philosophie moderne !

Auteur: Barbey d'Aurevilly Jules

Info: Les prophètes du passé, éditions La onzième heure, 2025, page 33

[ doute méthodique ] [ cogito ] [ critique ]

 
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Ajouté à la BD par Coli Masson