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analogie

Les laboureurs le savent, les pierres et les objets enfouis remontent à la surface. En fait, c’est la terre qui s’enfonce autour d’eux sous l’effet de la pluie, de l’incessant labeur des lombrics et de la succession des périodes de gel. Il n’en va pas autrement des souvenirs, qui ressurgissent à la suite de répétitives décantations.

Auteur: Bénégui Laurent

Info: Retour à Cuba

[ mémoire ] [ humus ] [ gravitation ]

 

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inséré par miguel

Ψ ← B ← Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

nature

...ils parviennent en vue de la tourbière, les molles ondulations des collines sombres masquent à demi la ligne d'horizon. Le sol est tapissé de mousse. La surface de la tourbière a des tons de jaune et de brun, chinée du blanc de quelques moutons épars. On a laissé pourrir une brouette de tourbe qui penche vers une mare. Ils foulent des étendues de lande pelée, les blocs de tourbe au flan échancré par la pelle évoquent des falaises miniatures levées face à un océan de mousse ondoyant sous le vent.

Auteur: Lynch Paul

Info: Un ciel rouge, le matin

[ humus ] [ humidité ] [ littérature ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

éloge

La traduction d’Eugène Onéguine, c’est, oui, de loin, de loin, de loin, la chose la plus importante que j’aie faite de ma vie – et je ne dis pas que l’intégrale de Dostoïevski, ce n’est rien du tout… Et je ne peux pas expliquer pourquoi, parce que, soit on comprend, soit on ne comprend pas. Je le dis souvent : une fois qu’on est entré dans Onéguine, qu’on a, non pas "compris" (il n’y a rien à comprendre, pas de sens caché, rien – tout est à la surface), mais "senti", alors, vraiment, votre vie change, et vous vivez dans ce sourire, ce sourire d’une tristesse infinie, mais dont émane une lumière étonnante : quelque chose d’intime (je veux dire que ça parle à chacun de nous différemment, selon sa vie, son enfance, ses propres souvenirs) et de totalement universel. Et, je le redis, léger. Et je repense, une fois encore, à cette phrase d’Alexandre Blok, en 1921, avant de se laisser mourir : "Notre mémoire conserve depuis l’enfance un nom joyeux : Pouchkine. Ce nom, ce son emplit de nombreux jours de notre vie. Les sombres noms des empereurs, des chefs de guerre, des inventeurs d’armes de destruction, des bourreaux et des martyrs de la vie. Et, à côté d’eux, ce nom léger : Pouchkine."

Cette légèreté-là, c’est ce qui fait que j’aime si fort la langue russe, et la Russie (et que je suis tellement blessé par son histoire).

Auteur: Markowicz André

Info: Partages

[ écrivain-sur-écrivain ] [ humus linguistique ] [ patrie idiomatique ] [ littérature ]

 

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inséré par miguel

Ψ ⇄ B ⇄ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

dernières volontés

Il ne me reste qu’un seul désir,

Dans ce silence du soir :

Que vous me laissiez mourir

Au bord de la mer Noire



Car je voudrais, dans mon sommeil

Avoir la mer tout près,

Le ciel bleu et le soleil,

Et la forêt après.



Je ne veux pas de cercueil riche,

Ni de drapeaux, ni bannières,

Juste, tressez-moi un lit postiche

De branches printanières.



Et que personne, à mon chevet,

Vienne pleurer pour moi,

L’automne, dans son langage muet

Parlera par les bois.



Parmi les hautes cimes de sapins,

La lune immense me veille.

Sans cesse, les sources au bruit fin

Murmurent à mes oreilles.



Le tintement d’une cloche, perdu

Le vent va me l’amener

Avec le frémissement connu

De mon tilleul sacré.



Car, désormais, je ne serai jamais errant…

L’éternité me teste…

Seulement les souvenirs charmants

Arrivent chez moi et restent.



Les lucioles célestes, surgies

De l’ombre de sapins,

Qui sont devenues mes compagnes,

Me souriront tous les matins.



La rude chanson de l’âpre mer,

Va larmoyer ses passions

Quand je serai un bout de terre

Privé de toute émotion… 

Auteur: Eminescu Mihail

Info: Il ne me reste qu’un seul désir - traduit du roumain par Nicolae Mușa

[ poème ] [ humus ] [ océanique ] [ fin de vie ] [ nature ]

 

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Ψ ± B ± Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.