cléricaux
Plusieurs fois, j’ai entendu des Pères dire : “On ne peut plus agir avec les jeunes filles comme autrefois”. En effet, les clercs n’agissent pas avec les femmes selon les principes généraux de morale, mais selon l’opinion que chacun d’eux se fait du rôle de la femme sur la terre, auquel rôle, selon qu’il se le représente, chacun accommode la morale à son gré.
Tant que cela a pu tenir ainsi, pas un ne s’est demandé si c’était juste ou injuste – pas un ne s’est élevé pour dire ce qui était équitable ou abusif. Lisez dans Judith 10.18 et Esther 1.15-22, les arguments qui ont valeur : les femmes existent pour le plaisir ou le service des hommes – pour les clercs le plaisir consiste dans les satisfactions de paternalisme et de domination auxquels ils sont extrêmement sensibles, et sur lesquels ils sont très susceptibles. C’est pour eux, un des points très importants de la religion, d’après lequel souvent ils jugent du degré de vertu des religieuses : leur valeur vertueuse se mesure aux deux extrêmes : jusqu’où elles honorent et s’abaissent devant eux – et eux, jusqu’où ils peuvent les assujettir et les mépriser.
Cependant, je ne vois pas que notre Seigneur ait agi ainsi ; il a même souvent pris parti pour elles contre le mépris des apôtres.
Auteur:
Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier
Années: 1903 - 1980
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: religieuse dominicaine française
Continent – Pays: Europe - France
Info:
Lettre à Jacques Lacan, 22 octobre 1952
[
hommes-femmes
]
[
église
]
[
soumission
]
[
infériorité
]
[
christianisme
]
[
imperfection humaine
]