Y a-t-il derrière l’apparence des choses, derrière le masque douloureux de la réalité, une féérie secrète, une gaieté essentielle, une fête qui ne cesse jamais et que nous font tout à coup pressentir quelques pas de danse, quelques notes de musique, un rire de fille enchantée ? Je ne sais. Je ne crois guère aux profondeurs secrètes, lorsqu’il s’agit du bonheur. Le bonheur est à fleur de peau, il a horreur des épaisseurs, le mystère ne lui sied guère, c’est un frou-frou. Il se nourrit d’éphèmre. L’art des profondeurs, celui de nos savants docteurs, auteurs, penseurs, n’a jamais ramené de ses explorations un sourire : on parle rarement de gaieté lorsqu’on parle de génie. La valse a du nâitre d’un oubli chez celui ou ceux qui s’occupent de l’homme ; quelque chose, quelque part, s’était détraqué dans les calculs immenses, dans les agencements hautement prémédités ; il y eut une erreur ; un moment d’insouciance se glissa entre le marteau et l’enclume ; c’est ainsi que la valse est née. Une panne des profondeurs, et la légèreté put enfin inspirer les hommes, le temps d’un air de violon.
Années: 1914 - 1980
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: écrivain
Continent – Pays: Europe - France