Que veut dire qu’un signifiant manque ? Combien de fois vous ai-je dit qu’une fois donnée la batterie des signifiants, au-delà d’un certain minimum qui reste à déterminer, dont je vous ai dit qu’à la limite 4 doivent pouvoir suffire à toutes les significations comme nous l’apprend JAKOBSON [Cf. α,β,γ,δ, in "le séminaire sur La lettre volée" : Écrits, p. 11], il n’y a pas de langue, si primitive qu’elle soit, où tout finalement ne puisse s’exprimer, à ceci près bien sûr que, comme on dit dans le proverbe vaudois : "Tout est possible à l’homme, ce qu’il ne peut pas faire, il le laisse", que ce qui ne pourra pas s’exprimer dans ladite langue, eh bien tout simplement, ceci ne sera pas senti. Ceci ne sera pas senti, subjectivé, si subjectiver c’est prendre place dans un sujet, valable pour un autre sujet c’est-à-dire dépasser ce point le plus radical où l’idée même de communication n’est pas possible.
Toute batterie signifiante peut toujours "tout dire" puisque ce qu’elle ne peut pas dire ne signifiera rien au lieu de l’Autre, et que tout ce qui signifie pour nous, se passe toujours au lieu de l’Autre. Pour que quelque chose signifie, il faut qu’il soit traductible au lieu de l’Autre. […]
Il n’y a pas de signifiant qui manque. À quel moment commence à apparaître possiblement le manque de signifiant ? À cette dimension propre qui est subjective et qui s’appelle la question.
Années: 1901 - 1981
Epoque – Courant religieux: récent et libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: psychanalyste
Continent – Pays: Europe - France