Le plus beau des océans est celui que l'on n'a pas encore traversé. Le plus beau des enfants n'a pas encore grandi. Les plus beaux de nos jours sont ceux que nous n'avons pas encore vécus. Et les plus beaux des poèmes que je veux te dire sont ceux que je ne t'ai pas encore dits. Que c'est beau de penser à toi : à travers les rumeurs de morts et de victoire en prison alors que j'ai passé la quarantaine... Que c'est beau de penser à toi : ta main oubliée sur un tissu bleu et dans tes cheveux la fière douceur de ma terre bien-aimée d'Istanbul... C'est comme un second être en moi que le bonheur de t'aimer... le parfum de la feuille de géranium au bout de mes doigts, une quiétude ensoleillée et l'invite de la chair : striée d'écarlate l'obscurité chaude dense...
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Info: 24 septembre 1945
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