principe symbolique

Le dernier séminaire où il parvint à articuler un discours audible fut celui consacré à Joyce, Le Sinthôme. Comment pallier la psychose dans un espace psychique où la métaphore paternelle est absente ? Par la prothèse de l’ego, c’est-à-dire en parvenant à se faire un nom. Telle fut la thèse nouvelle ou l’aveu d’échec qu’il avança à ce séminaire. Sans Nom-du-Père, déclara-t-il un jour, nous allons vers un monde concentrationnaire dont les nazis furent les précurseurs. Le père moderne avait désormais pris cette figure illustrée par Claudel sous le titre de père humilié. Mais il n’y aura bientôt plus de père du tout. Telle fut, me semble-t-il, la vision tragique qui occupa sa pensée à la fin de sa vie et qu’il résuma un jour à sa présentation par ce "tous à l’asile" déjà rapporté, accompagné d’un effrayant ricanement. 

Auteur: Haddad Gérard

Info: Dans "Le jour où Lacan m'a adopté", éd. Grasset & Fasquelle, Paris, 2002, page 386

[ pathologie mentale ]

 

Commentaires: 3

Ajouté à la BD par Coli Masson

Commentaires

miguel, filsdelapensee@bluewin.ch
2020-10-06 02:27
énormément de catholicisme en arrière-plan pour moi
Coli Masson, colimasson@live.fr
2020-10-06 17:22
Lacan disait que la "vraie" religion était la religion romaine, pour la place inédite qu'elle donne au dieu déchu ("castré"), discours qui se décompose lui-même et laisse la possibilité qu'advienne autre chose... à l'origine.
miguel, filsdelapensee@bluewin.ch
2020-10-06 18:05
okay