structure incorporée du langage

Dans la 3ème année de mon séminaire [La psychose], nous avons parlé de la psychose en tant qu’elle est fondée sur une carence signifiante primordiale, et nous avons montré ce qui survient de subduction du réel quand, entraîné par l’invocation vitale, il vient prendre sa place dans cette carence du signifiant dont on parlait hier soir sous le terme de Verwerfung, et qui - j’en conviens - n’est pas quelque chose qui soit sans présenter quelques difficultés.

C’est pour cela que nous aurons à y revenir cette année, mais je pense que ce que vous avez compris dans ce séminaire sur la psychose c’est que, sinon le dernier ressort, du moins le mécanisme essentiel de cette réduction de l’Autre, du grand Autre - de l’Autre comme siège de la parole - à l’autre imaginaire, cette suppléance du symbolique par l’imaginaire, et même comment nous pouvons concevoir l’effet de totale étrangeté du réel qui se produit dans les moments de rupture de ce dialogue du délire, par quoi seulement le psychosé peut soutenir en lui ce que nous appellerons une certaine intransitivité du sujet, chose qui nous paraît, quant à nous, toute naturelle : "Je pense, donc je suis" disons-nous intransitivement. Mais assurément c’est là la difficulté pour le psychosé, précisément dans la mesure de cette réduction de la duplicité de l’Autre avec le grand A et de l’autre avec le petit a :

– de l’Autre siège de la parole et garant de la vérité,

– et de l’autre duel, qui est celui en face de qui il se trouve comme étant sa propre image.

Cette disparition de cette dualité est précisément ce qui donne au psychosé tant de difficulté à se maintenir dans un réel humain, c’est-à-dire dans un réel symbolique.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 6 novembre 1957

[ résumé ] [ définition ] [ forclusion ] [ nom-du-père ]

 

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