philosophie

[…] je vous ai assez souligné l’année dernière ce dont il s’agit dans ce qu’on appelle la morale utilitaire. Il s’agit assurément de quelque chose de tout à fait fondamental dans la reconnaissance des objets qu’on peut appeler constitués par "le marché des objets". Ce sont des objets qui peuvent servir à tous, et en ce sens, la morale dite utilitaire est plus que fondée : il n’y en a pas d’autre. Et c’est bien justement parce qu’il n’y en a pas d’autre, que les difficultés qu’elle présenterait - soi-disant - sont en fait parfaitement résolues.

Il est bien clair que les "utilitaristes" ont tout à fait raison en disant que, chaque fois que nous avons affaire à quelque chose qui peut s’échanger avec nos semblables, la règle en est l’utilité, non pas la nôtre mais la possibilité d’usage, l’utilité pour tous et pour le plus grand nombre. C’est bien cela qui fait la béance de ce dont il s’agit, dans la constitution de cet objet privilégié qui surgit dans le fantasme, avec toute espèce d’objet dit du monde socialisé, du monde de la conformité.

Le monde de la conformité est déjà cohérent d’une organisation universelle du discours. Il n’y a pas d’utilitarisme sans une "théorie des fictions". Prétendre d’aucune façon qu’un recours est possible à un objet naturel, prétendre réduire même les distances où se soutiennent les objets de l’accord commun, c’est introduire une confusion, un mythe de plus dans la problématique de la réalité.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 19 avril 1961

[ résumé ] [ objet a ] [ petit a ] [ imaginaire ] [ critique ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le collectif ne précède pas l'individu : il le rend possible.

Commentaires

No comments