Cette conscience, est-ce que vous pouvez m’aider à la retrouver ? Elle a été tellement mutilée, piétinée, harcelée, moquée (dans les “marottes” et les “lubies”, etc.) que c’est à peine s’il en reste des lambeaux. Et je le ressens comme ce qu’il y a de plus tragique et de plus horrible au monde – avec cette constatation que plus d’une fois l’esprit de rivalité masculine et de domination masculine a joué – et mettre ces tendances que tous les hommes ont envers toutes les femmes (consciemment ou inconsciemment, sous une forme crue ou voilée, habillée de motifs religieux très sincèrement et candidement consentis), les mettre, ces tendances, au service du ministère religieux, les englober dans les motivations toutes spirituelles qui doivent l’animer, c’est odieux.
On retrouve là, sous une forme terriblement significative et grossie, la tendance constante d’un homme devant une femme (qui ne lui est pas “uxor”*) à la rabaisser – ce qui est un moyen, même inconscient de se grandir, de se donner s’il en est besoin de l’assurance par ce moyen subtil, d’autant moins perceptible qu’il est plus subtil et que la droiture des intentions et des buts ne fait pas de doute.
Vous savez comment ce directeur de Jeanne Jugan lui a commandé de faire devant lui le tour de la pièce à quatre pattes, avec un sucre au bout de l’exercice : tout comme un animal = absolument un être de nature inférieure. De cela, vous pouvez rapprocher ce dessin du cahier de Fêtes et Saisons sur la Bible où Adam figure avec seulement un animal en guise d’Eve, et où la Vierge Marie même est absente – un groupe de femmes seulement autour de Jésus ressuscité, car alors sa résurrection le place dans la sphère transcendante où justement ces femmes ne sont pas. Quant à faire figurer Eve à côté d’Adam, et Marie Mère de Dieu, il n’en est pas question.
Le cahier de “Marie figure de l’Eglise” est très instructif sur l’idée que certains OP qui y ont écrit se font de la situation de la femme, de la forme que doit avoir sa spiritualité, etc. Ils appliquent leurs thèmes à la Vierge Marie, comme étant l’idéal de leur propre idéal de spiritualité féminine. Ils idéalisent en Marie leur idéal personnel, tiré de l’idéal traditionnel d’une mentalité féminine – pas tous, mais quelques uns.
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Info: Lettre au Père Motte, de Paris, le jeudi 14 décembre 1950 * mot latin signifiant " femme " ou " épouse " On disait que Freud était "uxorieux" en ce sens qu'il était d'une certaine façon soumis à sa femme (comme Socrate et Xanthippe ?)
Commentaires: 3
nbsp;
miguel
11.01.2026
ok merci
Coli Masson
04.01.2026
On disait que Freud était "uxorieux" en ce sens qu'il était d'une certaine façon soumis à sa femme (comme Socrate et Xanthippe ?)
miguel
04.01.2026
uxor ?