Je me suis retrouvée dans la rue plus contractée que jamais – et je vous écris après une heure et demi sur mon lit à ne pouvoir rien faire – avec la nuque qui craque et me tire toute la tête en arrière ;
Il fallait me dire que la “technique” consistait à achever de démoraliser – à combler la mesure des déceptions, à accumuler de nouvelles difficultés sur celles qui déjà étouffent et écrasent à donner tout l’aliment possible à l’aversion, tout en disant faites-moi confiance : la confiance à qui se montre adversaire, ennemi, exploiteur.
Je ne demandais ce soir que de reprendre les choses au mieux, de trouver des points de rencontre, d’accord – j’avais l’illusion d’attendre encore une aide !
Il fallait m’avertir au début que l’analyse est une comédie – mais c’est sinistre de se jouer comme cela d’une âme humaine.
Ce désarroi n’arrange rien – il me crispe sur moi-même ; les séances font monter à la surface les difficultés, c’est pour jeter sur elles une grêle de pierres.
Auteur:
Info: Lettre à Jacques Lacan, 12 octobre 1951
Commentaires: 2
nbsp;
miguel
04.01.2026
corrigé
Coli Masson
04.01.2026
Merde c'est Marie de la Trinité l'auteure, pas Lacan.