analyste-analysant

Je me suis retrouvée dans la rue plus contractée que jamais – et je vous écris après une heure et demi sur mon lit à ne pouvoir rien faire – avec la nuque qui craque et me tire toute la tête en arrière ;

Il fallait me dire que la “technique” consistait à achever de démoraliser – à combler la mesure des déceptions, à accumuler de nouvelles difficultés sur celles qui déjà étouffent et écrasent à donner tout l’aliment possible à l’aversion, tout en disant faites-moi confiance : la confiance à qui se montre adversaire, ennemi, exploiteur.

Je ne demandais ce soir que de reprendre les choses au mieux, de trouver des points de rencontre, d’accord – j’avais l’illusion d’attendre encore une aide !

Il fallait m’avertir au début que l’analyse est une comédie – mais c’est sinistre de se jouer comme cela d’une âme humaine.

Ce désarroi n’arrange rien – il me crispe sur moi-même ; les séances font monter à la surface les difficultés, c’est pour jeter sur elles une grêle de pierres.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre à Jacques Lacan, 12 octobre 1951

[ cure analytique ] [ effets ] [ critique ] [ souffrance ] [ accentuation ] [ tromperie ]

 

Commentaires: 2

Ajouté à la BD par Coli Masson

Commentaires

Coli Masson, colimasson@live.fr
2026-01-04 15:12
Merde c'est Marie de la Trinité l'auteure, pas Lacan.
miguel, filsdelapensee@bluewin.ch
2026-01-04 17:17
corrigé