La psychanalyse aurait suffi pour moi avant les chocs trop violents que j’ai subis, et qui ont déclenchés les obsessions.
Elle est trop faible pour faire contrepoids à ces chocs, dont je suis sûre qu’ils ont laissé dans mon cerveau des marques sur lesquelles la psychanalyse ne peut que glisser.
Je reconnais tout le bienfait que, sur les autres points, elle est pour moi – bien que, dans les conditions glacées où je l’expérimente, elle consiste surtout dans un effort intellectuel – et par suite très superficiel – et non pas du tout dans une re-vie si factice soit-elle, des faits intérieurs qui m’ont bouleversée. C’est pour cela que je regrette tant que cela se passe ainsi ; il ne s’agit pas du degré de sympathie, etc. entre le Dr [Lacan] et moi, mais de moi avec moi-même, avec la présence de l’analyste. Le Dr L. me fige au point que j’en suis glacée avec moi-même, de sorte qu’au lieu de pouvoir me ressouder avec ce qui a été brisé, broyé, cet état où la peur me met augmente la crevasse entre les deux bords de moi-même. Il est possible que vous ne compreniez pas, et pourtant c’est ainsi.
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Info: Lettre au docteur Nodet, 21 septembre 1952
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