technologie

On ne peut pas savoir le degré de sincérité de ceux qui prétendent que la technique supprime la peine des hommes ; ils poussent à toutes les révoltes, sauf à celle contre la technique ; ils ouvrent de temps en temps des portes dans les prisons ouvrières, mais toutes ces portes aboutissent à des nasses, à de solides filets de pêcheurs qui font la poche devant ces portes ouvertes, et les ouvriers ne peuvent jamais vraiment sortir. L’ouvrier est l’état le plus malheureux de l’homme ; il est plus bas que l’état de misère physiologique ; c’est l’homme devenu matière première. Il est incapable d’agir, on le fait agir. Il n’y a pas de civilisation ouvrière ; il y a une civilisation bâtie et qui continue à s’élever sur l’esclavage total de l’ouvrier ; bâtie par d’autres que l’ouvrier, jamais pour des fins ouvrières. C’est un état si malheureux qu’il n’a pas d’amis. On n’aime pas une carrière de marbre, un puits de pétrole, une mine de charbon : on l’exploite.

Auteur: Giono Jean

Info:

[ domination consentie ] [ travailleurs ] [ exploitation ] [ passivité ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.

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