Est-ce à dire qu’en fin de compte une machine […] est en quelque sorte capable d’authentifier, d’entériner comme telle, si nous la supposons suffisamment complexe pour faire l’analyse exhaustive complète des éléments de signifiant, si elle est capable d’accuser le coup et de dire "ceci est un trait d’esprit", c’est-à-dire que pour une certaine façon l’égal du message par rapport au code est juste ce qui convient pour que nous soyons dans les limites, au moins possibles, de quelque chose qui s’appelle un trait d’esprit.
Bien entendu cette imagination n’est là que produite d’une façon purement humoristique. Il n’en est pas question, la chose va de soi. Qu’est-ce à dire ? Est-ce que cela suffit à ce que nous disions qu’il faut en somme que nous ayons en face de nous un homme ? Bien sûr, cela peut aller de soi, et nous en serons très contents. Si nous nous disons cela, cela correspond à peu près en masse à l’expérience, mais justement parce que, pour nous, le terme de "l’inconscient" existant avec son énigme : "l’homme", c’est justement la sorte de réponse qu’il nous faut décomposer. Nous commencerons par dire qu’il nous faut en face de nous un sujet réel.
Ceci indique que puisque c’est dans cette direction de sens que gît le rôle du trait d’esprit, ce sens - nous l’avons déjà indiqué et affirmé - ne peut être conçu que par rapport à l’interaction d’un signifiant et d’un besoin. Autrement dit, pour une machine, l’absence de cette dimension du besoin est ce qui fait objection et obstacle à ce que d’aucune façon elle entérine le mot d’esprit. Nous voyons donc bien que c’est situé au niveau de la question, mais pouvons-nous dire pour autant que ce quelqu’un de réel doit avoir avec nous des besoins homogènes ?
Ce n’est pas quelque chose qui est forcément indiqué dès le départ de notre démarche puisqu’en somme dans le trait d’esprit ce besoin ne sera nulle part désigné et que, ce que le trait d’esprit désigne, ce vers quoi il porte, est quelque chose qui est une distance précisément entre le besoin et ce quelque chose qui est mis en jeu dans un certain discours, et qui de ce fait-même nous met à une distance d’une série infinie de réactions par rapport à ce qui est à proprement parler le besoin. Voilà donc une première définition.
[…]
Car en somme nous nous trouvons entre ces deux termes :
– d’abord d’avoir affaire à un sujet réel, c’est-à-dire à un vivant,
– d’autre part d’être un vivant qui entend le langage, et même bien plus, qui possède un stock de ce qui s’échange verbalement des usages, des emplois, des locutions, des termes, sans quoi bien entendu il ne serait pas question que nous entrions avec lui, d’aucune façon, en communication par le langage.
Auteur:
Info: 11 décembre 1957
Commentaires: 1
nbsp;
miguel
21.01.2026
limite métaphysique ?