Dans Les Frères Karamazov, on rencontre une scène particulièrement révélatrice sur Dostoïevski. Le Starets reconnaît au cours de sa conversation avec Dimitri que celui-ci est prêt à commettre le parricide, et il se prosterne devant lui. Il ne peut s’agir là d’une expression d’admiration ; cela doit signifier que le saint rejette la tentation de mépriser ou de détester le meurtrier et, pour cela, s’humilie devant lui. La sympathie de Dostoïevski pour le criminel est en fait sans limite. Elle va bien au-delà de la pitié à laquelle a droit le malheureux ; elle nous rappelle la terreur sacrée avec laquelle, dans l’antiquité, on considérait les épileptiques et les fous. Le criminel est pour lui presque comme un rédempteur ayant pris sur lui la faute qui, sinon, aurait dû être supportée par d’autres. Il n’est plus nécessaire de tuer puisqu’il a déjà tué ; et on doit lui être reconnaissant puisque, sans lui, on aurait été obligé soi-même de tuer.
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Info: Dostoïevski et le parricide
Commentaires: 2
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Coli Masson
09.02.2026
Le starets n'est pas assassin en l'occurence.
miguel
31.01.2026
assassin vicarial ?