thanatos

Si c’est le besoin de destruction qui crée l’objet, faut-il encore qu’il reste quelque chose de l’objet après l’effet destructif ? C’est pas du tout impensable. Non seulement ce n’est pas impensable, mais nous y retrouvons bien ce que nous–mêmes élaborons d’une autre manière au niveau de ce que nous appelons le champ de l’imaginaire et les effets de l’imaginaire. 

Car, si l’on peut dire, ce qui reste, ce qui survit de l’objet après cet effet libidinal, ce Trieb de destruction, après l’effet proprement thanatogène qui est ainsi impliqué, c’est justement ce qui éternise l’objet sous l’aspect d’une forme, c’est ce qui le fixe à jamais comme type dans l’imaginaire. Dans l’image il y a quelque chose qui transcende justement le mouvement, le muable de la vie, en ce sens qu’elle lui survit. C’est en effet même un des premiers pas de l’art pour le νοῦς [nouss] antique, en tant que dans la statuaire est éternisé le mortel. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 7 juin 1961

[ question ] [ pulsion ] [ archétype ] [ transformation ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

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