"En attendant qu'une autre cuirasse de calcaire ne se constitue, commente Pouchet, le homard va se gonfler d'eau, de manière à grossir ; pendant toute cette période, il sera mou, défaillant, vulnérable. Mais une fois la mue achevée, il sera plus gros, plus fort et mieux armé pour la vie. "
Flaubert croise le regard du savant ; il a cru saisir dans ces paroles une intention bienveillante, une allusion délicate à sa situation, un encouragement discret. Il se pourrait qu'il n'ait entendu que l'écho de ses propres besoins, mais peu importe : l'élan de gratitude qu'il éprouve à cet instant envers Pouchet réveille un sentiment très ancien, à demi oublié ; c'est la reconnaissance qu'un jeune enfant ressent pour son père à l'âge où tout ce qui émane de celui-ci, le moindre geste, le moindre mot, paraît nimbé d'une bonté omnipotente et infinie.
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Info: Un automne de Flaubert
— Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.
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