psychanalyse

Sur quoi l’analyse, la découverte freudienne à son départ a-t-elle porté l’accent ? Sur le désir. Ce que FREUD essentiellement découvre, ce que FREUD a appréhendé dans les symptômes quels qu’ils soient, qu’il s’agisse de symptômes pathologiques ou qu’il s’agisse de ce qu’il a interprété dans ce qui se présentait jusque-là de plus ou moins réductible dans la vie normale, à savoir le rêve par exemple, c’est toujours essentiellement un désir.
Bien plus encore, dans le rêve par exemple, il ne nous parle pas simplement de désir, mais d’accomplissement de désir, et ceci ne doit pas être sans nous frapper. C’est à savoir que c’est précisément dans le rêve qu’il parle de satisfaction du désir. Il indique d’autre part que dans le symptôme lui-même il y a bien quelque chose qui ressemble à cette satisfaction, mais cette satisfaction, il me semble que c’est assez marquer son caractère problématique puisque aussi bien c’est une sorte de satisfaction à l’envers. Donc, d’ores et déjà, il apparaît dans l’expérience :
– que le désir est lié là, à quelque chose qui est son apparence et, pour dire le mot : son masque,
– que le lien étroit qu’a le désir tel qu’il se présente à nous dans l’expérience analytique avec quelque chose qui le revêt de façon problématique, est bien ce qui - à tout le moins - nous sollicite de nous y arrêter comme à un problème essentiel.
J’ai souligné à plusieurs reprises ces dernières fois la façon dont le désir, pour autant qu’il apparaît à la conscience, se manifeste sous une forme paradoxale dans l’expérience analytique, ou plus exactement combien l’expérience analytique a promu ce caractère inhérent au désir en tant que désir pervers qui est d’être une sorte de désir au second degré, de jouissance du désir en tant que désir.
D’une façon générale, dans l’ensemble, tout ce que l’analyse nous permet de percevoir de la fonction du désir ce n’est pas elle qui le découvre. Mais elle nous montre jusqu’à quel degré de profondeur est porté le fait que le désir humain n’est pas impliqué d’une façon directe dans un rapport pur et simple avec l’objet qu’il satisfait, mais qu’il est lié :
– à une position que prend le sujet en présence de cet objet,
– à une position que prend le sujet en dehors de sa relation avec l’objet et qui fait que jamais rien ne s’épuise purement et simplement dans cette relation à l’objet.
D’autre part, l’analyse est bien faite aussi pour rappeler ceci, qui est toujours connu, à savoir le caractère en quelque sorte vagabond, fuyant, insaisissable, échappant précisément à la synthèse du moi, qu’est le désir, laissant à cette synthèse du moi qu’elle apporte, que l’issue d’être - à tout instant en quelque sorte - illusoire affirmation de synthèse.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 16 avril 1958, Les formations de l'inconscient

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

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