Le troupeau continuait de s'amenuiser inexorablement, même si les Français requéraient encore la présence de l'Église lors des grands événements de leur existence. Pour un mariage, des obsèques, l'église était pleine ; les parents, les voisins se pressaient, exigeant la présence d'un prêtre. Que Georges déléguât un laïc pour une bénédiction, on lui reprochait son absence. Il maugréait...
" Les gens sont incroyables ! Personne ne pratique plus, on se désintéresse de l'Église, de son message, on la critique, mais on compte sur elle : il faut un prêtre. "
Le mariage, les obsèques ne ramenaient pas les participants à une pratique plus régulière. Le lendemain de la cérémonie, l'église retrouvait son aspect ordinaire, comme une salle de spectacle après le concert. Livres rangés, micros éteints, allées balayées. Un bâtiment vide et propre, était-ce ça l’ecclesia voulue par les premiers chrétiens ?
L’époque est curieuse, pensait le père Tellier : on ne tient plus compte de ce que l'Église dit, chacun vit à sa guise, mais qu'elle prenne la parole sur le divorce, l'homosexualité, la fin de vie, aussitôt elle dérange. Elle est un caillou dans la chaussure de nos contemporains. Plus ils désertent, plus ils se heurtent à elle ; son discours plein de mesure les rend furieux : elle les empêche de forniquer, d'abréger une vie, sans se poser de questions sur ce que ces gestes signifient.
Ils la détestent mais ils ne peuvent pas se passer d'elle.
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Info: La grande épreuve
— Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.
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