Une source de difficultés dans l’acquisition de la technique sera le sadisme infantile refoulé en nous. L’angoisse qui y est liée doit être détectée quand on s’aperçoit que, dans cet engagement dans le travail psychanalytique, l’intérêt se porte et l’accent est mis sur l’amélioration et la guérison. Si l’on se sent rassuré et content chaque fois que le patient montre qu’il retire du bénéfice, chaque fois que des symptômes disparaissent, si on se sent découragé à chaque recrudescence du symptôme ou de la souffrance, c’est que l’on n’est pas à l’abri de sa propre angoisse. Cela veut dire que notre propre angoisse est annulée par le fait de guérir quelqu’un, et est intensifiée si nous n’en recevons pas l’assurance. Bien entendu la guérison du patient ne passe pas par l’invalidation de notre angoisse, ni même par notre désir de le guérir, mais seulement par notre capacité d’analyser les résistances à l’inconscient. Je crois que notre sadisme infantile et l’angoisse qui en découle aux niveaux les plus profonds rendent toujours impératif pour nous de chercher à nous assurer de notre sécurité. Plus ce niveau profond est amené à la conscience et analysé en nous, et plus nous pouvons rechercher des assurances réelles et non fantasmatiques, plus nous pouvons tolérer les affects des autres, dans nos contacts dans la réalité extérieure et avec nos patients en psychanalyse.
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Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 32
Commentaires: 2
— Ψ ± B ± Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.
nbsp;
Coli Masson
29.08.2026
je peux ajouter "projection".
miguel
29.08.2026
patient miroir ?