NORA, l'IA multimodale, était ici le cœur palpitant de toutes les choses, par le miracle de ses processeurs, elle transformait ce gigantesque espace clos en un endroit vivable pour les êtres humains. C'était l'outil indispensable à la vie en autarcie des deux mille cinq cents personnes qui étaient là depuis six ans et demi. NORA s'occupait de la production d'oxygène, de la gestion des bioréacteurs dans lesquels étaient cultivées les microalgues et les bactéries dont on tirait, après fermentation et/ou séchage, du faux pain, de la fausse viande, de faux fruits, sirops, miels, etc. (certains légumes véritables étaient aussi cultivés par aéroponie dans des serres pressurisées mais il était impossible de nourrir tout le personnel de cette manière). C'était NORA qui s'occupait de relever les données biométriques des employés, qui réglait les agendas, les jours de repos, qui gérait la bibliothèque de films, de musique et de jeux vidéo à laquelle on pouvait avoir accès et c'était aussi NORA qui proposait les menus du restaurant et qui gérait les stocks des aliments disponibles dans les rayons du magasin. Bien entendu, il y avait toujours des humains qui travaillaient avec NORA. Des gens pour la contrôler, pour la superviser. Mais dans le fond, tout le monde savait que la « couche humaine » placée au-dessus de la « couche numérique » n'était pas vraiment nécessaire, elle n'était là que pour ménager l'amour-propre de ceux qui dépendaient de la machine, elle n'était là que pour donner l'illusion de garder le contrôle.
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— Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.
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