parlêtre

En même temps que le contrôle du sphincter sur l’anus et l’urètre se met à fonctionner, l’enfant acquiert la capacité de parler si bien qu’une voie "d’extériorisation", présente depuis la naissance, devient extrêmement importante. Avant tout, la décharge de la tension des sensations, lorsque celle-ci n’est plus libérée par la décharge physique, peut avoir lieu grâce à la parole. L’activité que représente le fait de parler se substitue à l’activité physique, maintenant restreinte à d’autres ouvertures du corps. Les mots eux-mêmes deviennent alors les substituts mêmes des substances corporelles. La parole devient ensuite un moyen d’expression, la décharge des idées. Si bien que nous pouvons dire que la parole est en elle-même une métaphore, que la métaphore est aussi fondamentale que la parole. 

Les mots qui existent dans notre langue d’aujourd’hui sont dérivés de deux sources, à savoir : les onomatopées et les "racines". Elles représentent respectivement les aspects affectifs et idéatifs du langage. Sous le terme d’onomatopée sont réunis des mots basés sur l’imitation de sons naturels : sifflement, cri perçant, ricanement, souffle, suçotement, coucou. Ces mots impliquent des perceptions sensorielles, pas de pensée. La seconde classification comprend les "racines". Il y en a environ cinq cents, et c’est à partir de celles-ci que viennent toutes les dérivations comprenant les dizaines de milliers de mots d’une langue civilisée. Les "racines" sont les sons organisés et cristallisés qui ont émergé dans la civilisation primitive. Elles comprennent tous les noms essentiels nécessaires à l’expression entre un homme et son prochain, un homme et son environnement, à la conservation de sa personne et à ses capacités de procréation. Le langage idéatif évolue à partir des "racines". 

Les mots utilisés par un patient selon les moments exprimeront : 1. quelque chose de ressenti sans pensée aucune (c’est-à-dire l’onomatopée), 2) une pensée sans rien de ressenti (c.à.d. idéative), et 3) la métaphore qui, comme un symptôme, est un compromis entre moi, surmoi et ça. 

Auteur: Sharpe Ella

Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 60

[ sublimation ] [ ordre symbolique ] [ origine ] [ psychanalyse ] [ formation de l'inconscient ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

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