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" Les interactions séméthiques font référence à des interactions dans lesquelles les régularités (habitudes) développées par une espèce [...] deviennent successivement utilisées (interprétées) comme des signes par les individus de la même ou d'une autre espèce, suscitant ainsi de nouvelles habitudes chez cette espèce pour devenir — tôt ou tard — des signes pour d'autres individus, et ainsi de suite dans une toile ramifiée et sans fin intégrant les écosystèmes de la planète en une sémiosphère globale. "

( Le terme " interactions séméthiques " (semethic interactions) est un concept fondamental forgé par J. Hoffmeyer. Il s'agit d'un mot-valise qu'il a créé en combinant deux racines grecques :   

Semeion : le signe.  Ethos : l'habitude (ou la régularité comportementale).

Pour faire simple, une interaction séméthique se produit lorsqu'une habitude ou une caractéristique d'une espèce devient un " signe " interprété par une autre espèce, déclenchant chez cette dernière un nouveau comportement.  

C'est précisément ce mécanisme qui permet à la " pensée distribuée " de l'écosystème de fonctionner : les espèces n'interagissent pas seulement par pure mécanique physique (manger/être mangé), mais en " lisant " et en interprétant les comportements des autres. 

Deux exemples concrets pour comprendre :

1) La feinte de l'aile cassée (Le Pluvier kildir) :

Lorsqu'un renard (prédateur) s'approche du nid d'un oiseau, l'oiseau a l'habitude de s'enfuir. Mais au fil de l'évolution, l'oiseau a développé une interaction séméthique : il simule une aile cassée au sol. Le renard interprète cette régularité comportementale (un oiseau au sol qui bat de l'aile) comme le signe d'une proie facile. Le renard change de trajectoire pour suivre l'oiseau, s'éloignant ainsi du nid. Les habitudes de l'un guident et modifient directement les habitudes de l'autre. 

2 ) La parade amoureuse de l'araignée d'eau (Neumannia papillator) :

Hoffmeyer cite souvent le cas de cette mite aquatique mâle. Pour courtiser la femelle, le mâle fait vibrer ses pattes antérieures sur l'eau. Cette vibration est physiquement identique (iconique) à la vibration produite par les minuscules proies dont la femelle se nourrit habituellement. Le mâle utilise l'habitude alimentaire de la femelle (détecter les vibrations comme signe de nourriture) pour déclencher chez elle une habitude d'approche, qu'il détourne ensuite pour l'accouplement. 

Hoffmeyer montre que la nature crée des " échafaudages de sens ". Une espèce s'appuie sur la régularité du comportement d'une autre pour bâtir sa propre stratégie de survie. À l'échelle de la planète, toutes ces interprétations croisées forment un immense réseau cognitif global : la sémiosphère.

Auteur: Hoffmeyer Jesper

Info: Surfaces Inside Surfaces. On the Origin of Agency and Life, Cybernetics & Human Knowing, Vol. 5, n°1, 1998, p. 33-42.

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inséré par miguel

— Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

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