1. La métaphore se développe parallèlement à la maîtrise des orifices corporels. Les émotions qui, à l’origine, ont accompagné les décharges corporelles trouvent ainsi des voies substitutives de même que matière à substitution.
2. La métaphore spontanée utilisée par un patient, si on y fait attention, s’avère être le concentré d’une expérience vécue oubliée. Elle peut révéler un état psychique actuel fondé sur une expérience psychophysique originelle.
3. Avec la métaphore – c’est-à-dire l’expression d’émotions vitales –, des expériences psychophysiques refoulées ont trouvé dans le préconscient des images verbales pour les exprimer. Les toutes premières images verbales sont les sons des mots, d’où l’importance de la phonétique et la valeur de l’écoute des associations phonétiques d’un patient. La personne qui parle d’une façon vitale en faisant des métaphores sait, mais sans le savoir consciemment, ce qu’elle sait inconsciemment.
4. Un examen des métaphores utilisées par les patients révèle, comme on s’en doute, une prépondérance d’images fondées sur l’expérience vécue des stades prégénitaux et des souhaits œdipiens refoulés.
5. Elles révèlent aussi quelque chose de l’incorporation de l’entourage aux premiers moments de la vie.
6. La métaphore donne des renseignements sur l’état de tension pulsionnelle. Les métaphores de la dépression traduisent le moment zéro, l’épuisement et l’immobilité, en nous livrant la disposition physique qui a en premier lieu accompagné le ressenti psychique : pleurs prolongés, lit trempé, solitude, épuisement. D’autres métaphores traduisent l’activité futile, la réalisation d’aucun but ; elles traduisent aussi l’échec répété et les obstacles que l’on se dresse. Il y a enfin des métaphores qui révèlent le blocage de l’énergie, le fait de "tirer sur la laisse", le désir et la peur de "se laisser aller", comme dans l’image de l’arc et de la flèche.
7. On récolte des informations quand on note le genre d’images qui revient le plus fréquemment chez un patient donné. J’ai découvert qu’un déploiement d’images auditives s’accompagne souvent d’une absence notoire de visuel. Ceci nous donne une indication sur la relation des conflits avec un organe des sens plutôt qu’avec un autre.
Auteur:
Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, pages 75-76
Commentaires: 2
— Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.
nbsp;
miguel
06.09.2026
Et stade anal aussi :-)
miguel
06.09.2026
acquisition du verbe parole, apprentissage de la parole, transition non-verbal oral, nourrisson - bambin ?