maladie

Comme on a compté environ 88 méningites à pneumocoques en 2017 en France chez les bébés de moins de 2 ans (la population concernée par l’analyse que je conduis ici, voir tableau de la page 22) nous aurions (c’est approximatif) entre 4 et 8 méningites à pneumocoques mortelles par an chez les bébés de moins de 2 ans pour environ 800 000 naissances annuelles. Compte tenu de la variabilité des conditions de vie et des statuts immunitaires des bébés vivant en France, on peut s’estimer heureux, même si un décès de bébé est toujours de trop. Ça veut aussi dire, compte tenu des multiples comorbidités possibles, que pour un bébé en bonne santé avec des conditions d’existence normales et un statut immunitaire optimal, le risque de méningite à pneumocoque fatale est très faible, voire nul, à notre époque.

Les défenseurs des obligations vaccinales et les administrations sanitaires disent que ce très faible risque est dû au fait que la majorité des bébés est vaccinée à partir de 2 mois après la naissance. Ce n’est pas impossible mais, comme discuté dans la section précédente, on ne peut pas s’appuyer sur des données scientifiques solides, notamment une efficacité démontrée du vaccin, pour se permettre de telles affirmations. D’autres facteurs peuvent jouer (ou avoir joué) des rôles importants. Les méningites bactériennes sont toutes (quelle que soit la bactérie) accessibles au traitement antibiotique et la sévérité du pronostic dépend – outre la présence d’une comorbidité (faiblesse immunitaire) –, de la promptitude du diagnostic et d’un traitement adapté : un antibiotique actif et des corticostéroïdes (pendant environ 48 heures) pour prévenir d’éventuelles complications ou séquelles neurologiques.

L’identification de l’infection bactérienne (dosage de la procalcitonine), la recherche de signes de gravité (signes neurologiques, etc.) et le traitement adéquat des méningites bactériennes sont des urgences médicales. C’est une autre façon de voir les choses. Plutôt que de mettre en place de coûteuses campagnes de vaccination obligatoire, ne serait-il pas plus utile de mieux informer les professionnels de santé et surtout d’assurer un fonctionnement optimal des services d’urgence pédiatrique ? De sorte que le moins souvent possible des bébés soient renvoyés à la maison sans que le diagnostic de méningite ait été posé avec les conséquences vitales que l’on sait.

Auteur: De Lorgeril Michel

Info: Les vaccins du nourrisson, livre 5 : les méningites bactériennes, page 48

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inséré par Coli Masson

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