Si le temps de l’enfant est trop tôt structuré par le désir de la mère, l’enfant ne peut pas exprimer sa curiosité au monde, il vit à un rythme imposé par les obsessions de l’adulte et souvent contraire au sien. Ou il se soumet, ou il refuse tout. Dans quelle dépendance certaines personnes tutélaires mettent-elles l’enfant dont elles s’occupent ! Mères et gardiennes ne sont pas conscientes d’induire une vie à contresens, à contre-rythme, en imposant aux bébés une sorte d’emploi du temps standard : il faut partir au jardin, aller se promener. Je leur demande : "Avez-vous envie, vous madame, d’aller au jardin ? – Ah, non, j’y vais pour lui. – Est-ce pour avoir une bonne relation avec lui et qu’il soit heureux ? Pourquoi lui gâcher le temps qu’il a à la maison si ni vous pour vous, ni lui n’en a envie ? Un enfant qui n’a pas envie de sortir, c’est qu’il est content de rester à la maison, d’y faire des choses amusantes. On va au jardin public, on a à peine le temps d’y arriver qu’il faut rentrer. Si vous vous arrêtiez en chemin ? – Ah oui, il s’arrêterait à toutes les vitrines." Un enfant de dix-huit mois, de deux ans, ne "prend pas seulement l’air", il s’intéresse à tout ce qui se passe autour de lui. Parlez avec lui de tout ce qui l’intéresse. Ce sera ça la vraie promenade. Trop de gens ont l’idée qu’il faut que l’enfant aille faire des pâtés dans le sable. Pourquoi le "faut-il" ? Je crois que ce sont des personnes qui ne savent pas être en relation avec l’enfant. Avec un tel emploi du temps, le bébé ne peut pas découvrir son articulation au monde de la société ; il n’a même pas l’occasion de la découvrir et d’en parler surtout avec qui le promène.
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Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985
— Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.
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