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totalitarisme

Quand une conversation d’amis devant un verre de vins est diffusée publiquement à la radio, ce ne peut vouloir dire qu’une chose : que le monde est changé en camp de concentration.

Tereza utilisait ce mot presque depuis son enfance pour exprimer l’idée qu’elle se faisait de la vie dans sa famille. Le camp de concentration, c’est un monde où l’on vit perpétuellement les uns sur les autres, jour et nuit. Les cruautés et les violences n’en sont qu’un aspect secondaire (et nullement nécessaire). Le camp de concentration, c’est l’entière liquidation de la vie privée.

Auteur: Kundera Milan

Info: L'insoutenable légèreté de l'être, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1989, page 197

[ signification quotidienne ] [ collectivisme ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.

surprise

L'amour, par définition, est un cadeau non mérité ; être aimé sans mérite c'est même la preuve d'un vrai amour. Si une femme me dit : "Je t'aime parce que tu es intelligent, parce que tu es correct, parce que tu m'achètes des cadeaux, parce que tu ne cours pas après les femmes, parce que tu fais la vaisselle", me voilà déçu ; cet amour me semble plutôt intéressé. Combien il est plus agréable d'entendre : Je suis folle de toi, même si tu n'es ni intelligent ni décent, même si tu es un menteur, un égoïste, un salaud.

Auteur: Kundera Milan

Info: La lenteur

[ gratuité ] [ murphisme ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

décontraction

Il quitta le groupe où officiait sa femme pour le cercle où régnait sa fille. Une personne était dans un fauteuil, les autres debout. Marie-Anne était assise par terre. Franz était certain que Marie-Claude, à l’extrémité opposée du salon, allait bientôt s’asseoir à son tour sur le tapis. A cette époque, s’asseoir par terre devant ses invités était un geste qui signifiait qu’on était naturel, détendu, progressiste, sociable et parisien. Marie-Claude mettait tant de passion à s’asseoir par terre en tous lieux que Franz redoutait souvent de la trouver assise par terre dans la boutique où elle allait s’acheter des cigarettes.

Auteur: Kundera Milan

Info: L'insoutenable légèreté de l'être, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1989, pages 155-156

[ baba cool ] [ hippie ] [ se donner un genre ] [ moquerie ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

sexualité

Avec ses muscles magnifiques, Franz était dans le coït comme un chiot géant s’allaitant à ses seins. Et c’est vrai, il a un de ses mamelons dans la bouche, comme pour téter ! L’idée qu’en bas Franz est un homme adulte mais qu’en haut c’est un nouveau-né qui tête, donc qu’elle couche avec un nouveau-né, cette idée est pour elle à la limite de l’abject. Non, elle ne veut plus jamais le voir se débattre désespérément sur elle, jamais plus elle ne lui tendra son sein comme une chienne à son petit, c’est aujourd’hui la dernière fois, irrévocablement la dernière fois !

Auteur: Kundera Milan

Info: L'insoutenable légèreté de l'être, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1989, page 169-179

[ homme-par-femme ] [ baise ] [ dégoût ] [ tue l'amour ] [ infantile ] [ régressif ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ← B ← Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

femmes-par-homme

Cette phrase est curieuse. Il ne se disait pas : respecter Marie-Claude, mais : respecter la femme en Marie-Claude.

Seulement, puisque Marie-Claude était elle-même une femme, quelle est cette autre femme qui se cache en elle et qu’il doit respecter ? Ne serait-ce pas l’idée platonicienne de la femme ?

Non. C’est sa mère. Jamais il ne lui serait venu à l’idée de dire que ce qu’il respectait chez sa mère, c’était la femme. Il adorait sa mère, non pas quelque femme en elle. L’idée platonicienne de la femme et sa mère, c’était une seule et même chose.

Auteur: Kundera Milan

Info: L'insoutenable légèreté de l'être, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1989, page 134

[ idéalisation ] [ mère-fils ] [ relations amoureuses ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le bit réside dans le saut, non dans le proton nu.

lecture

Le romancier apprend au lecteur à appréhender le monde comme question. Il y a de la sagesse et de la tolérance dans cette attitude. Dans un monde construit sur des certitudes sacro-saintes, le roman est mort. le monde totalitaire, qu'il ait pour base Marx ou l'islam, est un monde de réponses plutôt que de questions. le roman n'y a pas sa place. En tout cas, il me semble qu'à travers le monde les gens préfèrent aujourd'hui juger plutôt que comprendre, répondre plutôt que demander, si bien que la voix du roman peine à se faire entendre dans le fracas imbécile des certitudes humaines.

Auteur: Kundera Milan

Info: Entretien avec Ph. Roth. 1980

[ quête ] [ littérature ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

randonnée

Chemin : bande de terre sur laquelle on marche à pied. La route se distingue du chemin non seulement parce qu'on la parcourt en voiture, mais en ce qu'elle est une simple ligne reliant un point à un autre. La route n'a par elle-même aucun sens ; seuls en ont un les deux points qu'elle relie. Le chemin est un hommage à l'espace. Chaque tronçon du chemin est en lui-même doté d'un sens et nous invite à la halte. La route est une triomphale dévalorisation de l'espace, qui aujourd'hui n'est plus rien d'autre qu'une entrave aux mouvements de l'homme, une perte de temps.

Auteur: Kundera Milan

Info: L'immortalité, p.330, Folio no2447

[ comparaison ]

 

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Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le sol parle avant le langage.

rupture amoureuse

Le drame d'une vie peut toujours être exprimé par la métaphore de la pesanteur. On dit qu'un fardeau nous est tombé sur les épaules. On porte ce fardeau, on le supporte ou on ne le supporte pas, on lutte avec lui, on perd ou on gagne. Mais au juste qu'était-il arrivé à Sabina? Rien, elle avait quitté un homme parce qu'elle voulait le quitter. L'avait-il poursuivie après cela ? Avait-il cherché à se venger? Non. son drame n'était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui s'était abattu sur elle, ce n'était pas un fardeau, mais l'insoutenable légèreté de l'être.

Auteur: Kundera Milan

Info: L'insoutenable légèreté de l'être

[ indépendance ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

vieillir

... Notre expérience la plus banale nous apprend (surtout si la vie derrière nous se prolonge trop) que les visages sont lamentablement pareils (l'avalanche démographique insensée augmentant encore cette sensation), qu'ils se laissent confondre, qu'ils diffèrent l'un de l'autre par quelque chose de très menu, d'à peine saisissable, qui, mathématiquement, ne représente souvent, dans la disposition des proportions, que quelques millimètres de différence. Ajoutons à cela notre expérience historique qui nous a fait comprendre que les hommes agissent en s'imitant l'un l'autre, que leurs attitudes sont statistiquement calculables, leurs opinions manipulables, et que, donc, l'homme est moins un individu (un sujet) qu'un élément d'une masse.

Auteur: Kundera Milan

Info: Une Rencontre, p.20, Gallimard,nrf, 2009

[ grégaire ] [ automate ]

 

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liberté

Suspendre le jugement moral ce n'est pas l'immoralité du roman, c'est sa morale. La morale qui s'oppose à l'indéracinable pratique humaine de juger tout de suite, sans cesse, et tout le monde, de juger avant et sans comprendre. Cette fervente disponibilité à juger est, du point de vue de la sagesse du roman, la plus détestable bêtise, le plus pernicieux mal. Non que le romancier conteste, dans l'absolu, la légitimité du jugement moral, mais il le renvoie au-delà du roman. Là, si cela vous chante, accusez Panurge pour sa lâcheté, accusez Emma Bovary, accusez Rastignac, c'est votre affaire ; le romancier n'y peut rien.

Auteur: Kundera Milan

Info: Les Testaments trahis, 1995

[ littérature ] [ ouverture ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · Propagation par infection douce, jamais par imposition.