grâce
Il y a, ce me semble, quatre manières d’arroser un jardin : la première, en tirant de l’eau du puits à force de bras, et c’est là un rude travail ; la seconde, en la tirant à l’aide d’une noria, et l’on obtient ainsi, avec moins de fatigue, une plus grande quantité d'eau, comme j’en ai moi-même quelquefois fait l’épreuve ; la troisième, en faisant venir l’eau d’une rivière ou d’un ruisseau ; cette manière l’emporte de beaucoup sur les précédentes : le sol est plus profondément humecté, il n’est pas nécessaire d’arroser si souvent, et le jardinier a beaucoup moins de fatigue ; la quatrième enfin, et sans comparaison la meilleure de toutes, est une pluie abondante, Dieu lui-même se chargeant alors d’arroser sans la moindre fatigue de notre part.
Auteur:
Sainte Thérèse d'Avila
Années: 1515 - 1582
Epoque – Courant religieux: renaissance
Sexe: F
Profession et précisions: religieuse
Continent – Pays: Europe - Espagne
Info:
Vie Ecrite par elle-même, traduit par Marcel Bouix
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états de manifestation de l'être
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exemple
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foi
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prière
Ici, bien que toutes nos puissances soient endormies, et bien endormies aux choses du monde et à nous-mêmes, (car, en fait, on se trouve comme privée de sens pendant le peu de temps que dure cette union, dans l'incapacité de penser, quand même on le voudrait), ici, donc, il n'est pas nécessaire d'user d'artifices pour suspendre la pensée. [...]. Et c'est une mort savoureuse, l'âme s'arrache à toutes les opérations qu'elle peut avoir, tout en restant dans le corps : délectable, car l'âme semble vraiment se séparer du corps pour mieux se trouver en Dieu, de telle sorte que je ne sais même pas s'il lui reste assez de vie pour respirer. J'y pensais à l'instant, et il m'a semblé que non. Du moins, si on respire, on ne s'en rend pas compte.
Auteur:
Sainte Thérèse d'Avila
Années: 1515 - 1582
Epoque – Courant religieux: renaissance
Sexe: F
Profession et précisions: religieuse
Continent – Pays: Europe - Espagne
Info:
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre I,3-4,(l'oraison est une méditation silencieuse par laquelle nous nous tenons en relation avec Dieu grâce à un travail de notre intelligence ou de notre imagination, méditation, ou dans une attitude d'attention simple et aimante à sa présence en nous, contemplation
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spiritualité
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extase mystique
J'ai vu dans sa main une longue lance d'or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu'il y avait un petit feu. Il m'a semblé qu'on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu'elle me perçait jusqu'au fond des entrailles ; quand il l'a retirée, il m'a semblé qu'elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu'elle me faisait gémir ; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu'il m'était impossible de vouloir en être débarrassée. L'âme n'est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n'est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C'est une si douce caresse d'amour qui se fait alors entre l'âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens.
Auteur:
Sainte Thérèse d'Avila
Années: 1515 - 1582
Epoque – Courant religieux: renaissance
Sexe: F
Profession et précisions: religieuse
Continent – Pays: Europe - Espagne
Info:
Autobiographie de STA. Chapitre XXIX, 17e partie. Scène dite de la Transverbération* de Sainte Thérèse. *phénomène qui désigne le transpercement spirituel du cœur par un trait enflammé. L'autopsie de Sainte Thérèse aurait révélé des plaies au coeur inexplicables
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légende catholique
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