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lignée animale

Pourtant les ancêtres de ce cheval faisaient à peine la taille d'un chien. Ils roulaient leur ventre dans l'herbe et vivaient sur toute la surface du globe. C'est seulement par une terrible malchance que le dernier venu de cette famille - celui-là même qui porte Moguer sur son dos -, adapté à la course, à l'attelage, à la fois rapide, robuste, capable de transporter de lourdes charges, proliférera en Asie mais disparaîtra d'Amérique. Il sera chassé dans les vallées de la Dordogne, domestiqué en Ukraine, dressé à Sumer. Et il parcourra le monde, traçant ses chemins dans la boue, portant l'homme très loin, telle une autre partie du corps qui aurait quatre jambes et serait haute et belle. Mais le plus souvent, ce n'est ni la paix ni l'amour qu'il annonce, c'est la guerre !

Auteur: Vuillard Eric

Info: Conquistadors, p. 121

[ équidés ] [ évolution ] [ homme-animal ]

 

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inséré par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.

enfance

Je me souviens des chevaux

sous la lune

je me souviens que je leur donnais

du sucre

de blancs rectangles de sucre

qui ressemblaient à de la glace

et ils avaient des têtes qui ressemblaient à

des aigles

des têtes chauves qui auraient pu mordre mais qui

ne le faisaient pas.



Les chevaux étaient plus réels que

mon père

plus réels que Dieu

et ils auraient pu m’écraser les

pieds mais ils ne le faisaient pas

ils auraient pu faire toutes sortes d’horreurs

mais ils ne le faisaient pas.



J’avais presque cinq ans

mais je n’ai pas oublié ;

dieu qu’elles étaient fortes et douces

ces langues rouges baveuses

dégoulinant de leurs âmes.

Auteur: Bukowski Charles

Info: Les Jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines, Poche 2011

[ équidés ] [ poème ] [ homme-animal ]

 

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inséré par miguel

Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

homme-animal

C’est en Amérique que les chevaux ont commencé à parcourir le monde. Un million d’années avant l’apparition de l’homme, ils paissaient dans les vastes plaines d’herbes rabougries et traversaient d’autres continents sur des ponts de roche bientôt détruits par le retrait des glaces. Ils ont d’abord connu l’homme comme la proie connaît le chasseur, car bien avant de les considérer comme un moyen de tuer d’autres bêtes, l’homme les tuait pour leur viande.

Des peintures rupestres en témoignent. Lions et ours se retournaient et se battaient, et c’est à ce moment-là que les hommes les transperçaient de leurs lances. Mais le cheval était une créature de fuite, non de combat, et, avec une logique implacable, le chasseur utilisa la fuite pour l’anéantir. Des troupeaux entiers furent précipités du haut des falaises vers une mort certaine. Les amas de leurs ossements brisés en témoignent. Et bien que plus tard il soit venu feindre l’amitié, l’alliance avec l’homme ne serait jamais que fragile, car la peur qu’il avait semée dans leurs cœurs était trop profonde pour être délogée.

Depuis ce moment néolithique où l’on a mis un licol au cheval pour la première fois, certains hommes l’ont compris.

Ils pouvaient voir au fond d’eux. Ils apaisaient l'âme des créatures et les blessures qu'ils y trouvaient. On les prenait souvent pour des sorcières, et peut-être l'étaient-elles. Certaines pratiquaient leur magie avec des os blanchis de crapauds, cueillis dans des ruisseaux au clair de lune. D'autres, disait-on, pouvaient d'un seul regard enraciner les sabots d'une équipe de travailleurs dans la terre qu'ils labouraient. Il y avait des gitans et des forains, des chamans et des charlatans. Et ceux qui possédaient véritablement ce don avaient coutume de le garder précieusement, car on disait que celui qui chassait le diable pouvait aussi le faire rentrer. Le propriétaire d'un cheval que vous aviez apaisé pouvait vous serrer la main puis danser autour des flammes pendant qu'elles vous brûlaient sur la place du village.

Pour les secrets murmurés à l'oreille des personnes sensibles et troublées, ces hommes étaient connus sous le nom de Chuchoteurs. 


Auteur: Evans Nicholas

Info: L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux

[ équidés ] [ compréhension ] [ empathie ]

 

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inséré par miguel

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