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web

Internet s'avérait une redoutable machine de guerre. De par l'infinitude des opinions présentées on y trouvait à tous les coups celle qui vous correspondait, complexe ou simple. Un système qui vous confortait : le pire des abrutissement.

Auteur: Mg

Info: 26 décembre 2014

[ étouffement ] [ biais de confirmation ] [ corroborer ]

   

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— Ψ → B → Φ · Le collectif ne précède pas l'individu : il le rend possible.

démographie

Les grandes épidémies meurtrières ont disparu. Elles ont toutes été remplacées par une seule : la prolifération des êtres humains eux-mêmes. La surpopulation constitue une sorte d'épidémie lente et irrésistible, inverse de la peste et du choléra. On peut seulement espérer qu'elle s'arrêtera d'elle-même, une fois repue de vivants, comme le faisait la peste, une fois repue de cadavres. Le même réflexe de régulation jouera-t-il contre l'excès de vie qu'il a joué jadis contre l'excès de mort ? Car l'excès de vie est plus mortel encore.

Auteur: Baudrillard Jean

Info:

[ surpeuplement ] [ étouffement ]

   
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— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

éloignement

C’est contre une injonction précise que je m’érige : faire des efforts, encore, toujours. Tout est question d’efforts. Lorsqu’on est un jeune adulte, il faut se trouver un but dans sa vie, il faut réussir, se poser avec femme et enfants, cultiver une vie mondaine. Mais pourquoi est-ce devenu obligatoire ?... Rester chez moi comme j’aspire à le faire est aussi un mode de vie. sans certitude que mon bonheur soit dans la réclusion, j’ai en tête une vie entrecoupée de retraites entre quatre murs. Ce besoin n’est-il pas naturel chez l’homme ?

Auteur: Saada Andréas

Info: Dans "En retrait du monde, je suis un hikkikomori", page 91

[ conformité sociale ] [ étouffement ] [ fuite ] [ refus social ]

   

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inséré par Coli Masson

— Ψ ↔ B ↔ Φ · Le sol parle avant le langage.

province

Madame Staël n'aimait pas les petites villes. "Leur séjour m'a toujours paru très ennuyeux, L'esprit des hommes s'y rétrécit, le coeur des femmes s'y glace ; on y vit tellement en présence les uns des autres qu'on est oppressé par ses semblables. Ce n'est plus cette opinion à distance qui vous anime et retentit de loin comme le bruit de la gloire ; c'est un examen minutieux de toutes les actions de votre vie, une observation de chaque détail, qui rend incapable de comprendre l'ensemble de votre caractère; et plus on a d'indépendance et d'élévation moins on peut respirer à travers tous ces petits barreaux."

Auteur: Staël Madame de Germaine Necker baronne de Staël-Holstein

Info: in Staëlliana de Cousin d'Avallon

[ étroitesse ] [ étouffement ]

   

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— Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

mère-enfant

Tous les enfants commencent par agresser ; tous. Ceux qui persistent adultes sont des individus qui n’ont pas eu la possibilité de sublimer dans des activités créatrices et licites ces pulsions agressives. Si on revit avec eux leur histoire, on doit comprendre ce qui s’est passé dans leur jeunesse. Très souvent, ces adultes agressifs ont été des "enfants gâtés". L’analyse révèle que la mère a violé les désirs de l’enfant en le satisfaisant au-delà des besoins par peur qu’il ne meure de privation ou qu’il cherche à en jouir avec d’autres, sans elle. Cette angoisse vient de ce que sa libido s’est engouffrée dans cet objet sorti d’elle, au lieu de rester en relation avec ceux de sa classe d’âge, pour elle, des adultes de son sexe et de l’autre sexe. Cet enfant est devenu le fétiche d’elle-même ; elle se masturbe le nombril, si j’ose dire, représenté par l’enfant.

Auteur: Dolto Françoise

Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985

[ phallus ] [ idole ] [ étouffement ] [ intrusion ] [ conséquences ] [ agressivité ]

   
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inséré par Coli Masson

— Ψ ± B ± Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

végétal

...ce genre de ficus, lui, s’accroche d’abord à des terrains aussi hauts que possible et de là entame son existence... Si ce qui lui sert de support est un organisme vivant (un arbre, en l’occurrence), avec le temps, peu à peu, il le recouvre entièrement, l’empêchant finalement de respirer, jusqu’à le faire mourir. C’est pourquoi ce ficus s’appelle aussi "l’arbre étrangleur"... Il en use comme d’une sorte de "support" mais c’est de la terre sur laquelle il étend ses lianes qu’il se nourrit.
L’idée me traversa l’esprit que cela ressemblait aux nations et aux sociétés que construisent les hommes. Elles prennent pied sur un territoire qu’elles donnent l’impression de protéger par les lois qu’elles créent, or, en réalité, elles ne font que déployer un réseau de règles qui semblent faire prospérer ce sur quoi elles sont installées, mais, si l’on y regarde de plus près, on découvre que cette chose est exsangue ou que seule sa structure extérieure continue à se développer en maintenant plus ou moins sa forme initiale. Il s’agit donc d’une momification. Mais qui dépend aussi de la destinée sans doute. Alors, même exsangue, il est possible que l’intérieur continue quand même à vivre...

Auteur: Nashiki Kaho

Info: Les Mensonges de la mer

[ analogie ] [ étouffement ] [ espérance ]

   

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— Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

naissance

Lorsque la mère, par angoisse, a contrarié en le comblant la recherche personnelle des plaisirs de l’enfant en quête de satisfactions "bradées" par son inventivité autour de besoins, c’est le déclenchement du processus d’agressivité. L’enfant a besoin de sécurité. À tort, la mère croit qu’elle la lui donne en lui donnant tout ce qu’il a l’air de vouloir. Cette sécurité, il ne peut en fait la tenir que de quelqu’un qui suscite en lui un progrès quotidien, qui lui parle de ses désirs, et qui lui parle de ce qui l’intéresse : "Tu regardes la lumière ; on l’éteint ; tu vois, la lumière est éteinte ; la lumière est allumée ; c’est le petit bouton que je manie ici…" Et, à un bébé, on peut lui faire manier le bouton en lui disant : "Tu éteins, tu rallumes", il sait alors qu’il est maître d’une perception. Il ne sait pas très bien comment, mais sa mère le lui a enseigné, par les mots, et quand il entendra allumer la lumière et qu’il verra que la lumière s’allume, ou s’éteint, il saura qu’il y a eu une médiation humaine pour le faire ; au lieu de croire à la magie, ou à la toute-puissance maternelle. L’agressivité de certains individus de notre ethnie s’éclaire dès lors que l’on sait qu’aucune verbalisation venant de la mère ou du père ne les a initiés au fait que c’est le désir qui est à l’origine de leur existence. Presque toujours, tous les enfants sont instruits d’un fonctionnement des corps à l’origine de leur existence, et non pas d’une option désirante entre deux êtres, ce désir qui crée la vie et l’énigme de son propre être. Même s’il n’a pas été "programmé", voulu par ses géniteurs, tout être, du fait qu’il naît, c’est qu’il a désiré naître. Et on se doit de l’accueillir ainsi : "Tu es toujours né d’un désir inconscient… et, d’autant plus que tu n’as pas été consciemment souhaité, désiré par tes parents, et que te voilà vivant d’autant plus que tu es sujet de désir. Tu es d’autant plus sujet de ton être de désir que tu n’étais pas objet de leur attente au cours de leur étreinte, que la conception a été une surprise pour tes parents, mais qu’ils t’ont permis d’aller jusqu’au bout." C’est l’enfant-désir : lui a désiré naître, alors que ses parents ne savaient pas qu’il désirait enfanter, il est désir toujours, amour souvent, "charnalisé". Chaque être humain est ainsi verbe incarné (exactement ce que l’on dit de Jésus-Christ). En effet chaque être humain mérite cette même définition au moment de sa conception. S’il n’a pas été programmé, il y a moins de chance que la mère se l’approprie et s’identifie à lui. En tout cas, il a eu au moins trois semaines sinon un mois à deux mois (avant qu’elle n’ait ses prochaines règles) à n’être vivant connu que de lui, signifiant du désir inconscient de ses deux géniteurs. Les enfants qui ont été désirés et conçus, après longue attente de leurs parents, n’ont pas cette puissance vitale de vie secrète à l’insu de tous puisqu’ils satisfont le désir de leurs parents. C’est l’enfant surprise, inattendu, qui est le prototype de l’être humain le plus riche de sa seule dynamique vitale, sans auxiliaire en alerte au départ de son existence.

Auteur: Dolto Françoise

Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985

[ besoin-désir ] [ étouffement ] [ apprentissage ] [ parole ] [ fétiche ] [ ordre symbolique ]

   
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inséré par Coli Masson