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double causalité

Nos intentions causent des effets dans le futur, qui deviennent les futures causes d’un effet dans le présent.

Auteur: Guillemant Philippe

Info:

[ temps ] [ circularité ]

 
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tautologie

Le signifiant avec lequel on désigne le même signifiant, ça n’est évidemment pas le même signifiant que celui par lequel on désigne l’autre, ça saute aux yeux. Le mot obsolète en tant qu’il peut signifier que le mot obsolète est lui-même un mot obsolète n’est pas le même mot obsolète d’un côté et de l’autre.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre XI", page 191

[ circularité ] [ différence ] [ synonymes ]

 

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chef d'oeuvre

Il faut imaginer soixante-cinq ans de silence qui explosent là, sous une forme maîtrisée, la force qui s’en dégage, l’incroyable basculement d’une vie d’outre-tombe vers la lumière, l’éclosion d’une passion enfouie depuis l’enfance dont les filins inondaient l’espace comme les branches d’un jeune hêtre qui repousse au printemps, captent le monde par la vibration de ses nouvelles feuilles, enlacent les humains insensibles et secouent leur conscience pour réveiller leur humanité.

Auteur: Becquart Remy

Info: François, Xavier, Paul et les autres

[ chef d'oeuvre ] [ renaissance ] [ éveilleur ] [ maturation ] [ avènement ] [ circularité ] [ propagation ] [ régénération ]

 

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charité

Jésus dit : "Va et fais de même." En souvenance de lui, agissons envers les autres par amour pour lui, comme il l’a fait pour nous. Ces autres, à leur tour, ne sont pas obligés à notre égard, car c’est nous qui sommes leurs obligés d’avoir pu grâce à eux agir notre amour. Eux, libres de leur vie, agiront à leur tour comme nous avons agi à leur égard. C’est la liberté des enfants de Dieu qui ne connaît plus faute ni péché, mais l’amour vivant au-delà de toutes les séparations (fût-ce la mort du corps), au-delà des valeurs connues du désir, de ses pièges, de ses jouissances partagées et complices, de ses épreuves mutilantes. Cet amour transcende masques et miroirs, mensonges et certitudes de ce monde, pour nous conduire, d’expériences en expériences, d’actes en actes d’amour, à son inconnaissable source.

Tel est, me semble-t-il, le message révolutionnaire et initiatique de la parabole du bon Samaritain.

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, pages 173-174

[ interprétation psychanalytique ] [ circularité ] [ gratuité ] [ dénarcissisé ] [ sans attente ]

 

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rite

Il est clair que l’initiation consiste en l’instauration d’un échange là où il n’y avait que fait brut : de la mort naturelle, aléatoire et irréversible, on passe à une mort donnée et reçue, donc réversible dans l’échange social, "soluble" dans l’échange. Du même coup, l’opposition entre la naissance et la mort disparaît : elles peuvent s’échanger elles aussi sous les espèces de la réversibilité symbolique. L’initiation est ce moment crucial, ce nexus social, cette chambre noire où naissance et mort, cessant d’être les termes de la vie, réinvoluent l’une dans l’autre – non vers quelque fusion mystique, mais bien pour faire ici de l’initié un véritable être social. L’enfant non initié n’a fait que naître biologiquement, il n’a encore qu’un père et une mère "réels", pour devenir un être social il lui faut passer par l’événement symbolique de la naissance/mort initiatique, il lui faut avoir fait le tour de la vie et de la mort pour entrer dans la réalité symbolique de l’échange.

Auteur: Baudrillard Jean

Info: Dans "L'échange symbolique et la mort", éditions Gallimard, 1976, pages 216-217

[ signification ] [ circularité ]

 

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parents-enfants

Le désintéressement n’existe pas chez l’être humain. Même dans l’amour des parents, on ne trouve pas le gratuit : ils ne soignent leurs enfants que pour ne pas mourir, eux, parents. Les enfants sont le signe pour eux de moins mourir quand ils mourront. Aimer ses enfants, c’est lutter contre sa mort.

Les enfants peuvent partir, ne plus aimer leurs parents… Ce qui compte, c’est qu’ayant tellement profité de l’exemple qui leur a été donné, ces enfants aiment à leur tour, devenus parents, leurs enfants, même si, à leur tour, ces enfants, vis-à-vis d’eux, seront ingrats.

Il n’a jamais été dit dans la Bible d’aimer ses parents. Il est dit de les honorer, de leur donner de quoi vivre dans le dénuement de leur vieillesse.

Qu’il y ait des relations inter-humaines entre parents et enfants comme entre d’autres êtres avec lesquels on a des affinités, très bien. Mais il n’a jamais été dit nulle part d’aimer ses parents.

On aime le prochain mais il y a des parents qui ne sont pas le prochain de leurs enfants.

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, pages 156-157

[ circularité ] [ transmission ] [ aide ] [ report générationnel ]

 

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parlêtre

L’existence de tout organisme vivant a pour corrélat dans le monde un ensemble singulier d’objets présentant un certain style. Mais s’agissant de l’homme, cet ensemble est d’une diversité surabondante, luxuriante. De plus, l’objet humain, le monde des objets humains, reste insaisissable comme objet biologique. Or, ce fait se trouve dans cette conjoncture devoir être étroitement, voire indissolublement, mis en relation avec la soumission, la subduction de l’être humain par le phénomène du langage.

[...] ce qui est saisissable au niveau du discours concret, se présente toujours, par rapport à l’engendrement du sens, dans une position d’ambiguïté, étant donné que le langage est tourné vers des objets qui incluent déjà en eux-mêmes quelque chose de la création qu’ils ont reçue du langage même. C’est ce qui a pu faire l’objet de toute une tradition, voire de toute une rhétorique philosophique, celle de la critique dans le sens le plus général, qui pose la question – que vaut ce langage ? Que représentent ces connexions par rapport à celles auxquelles elles paraissent aboutir, qu’elles se posent même pour refléter, et qui sont les connexions du réel ?

C’est en effet la question à quoi aboutit une tradition philosophique dont nous pouvons définir la pointe et le sommet par la critique kantienne, qui peut s’interpréter comme la plus profonde mise en cause de toute espèce de réel, pour autant que celui-ci est soumis aux catégories a priori non seulement de l’esthétique, mais aussi de la logique. C’est là un point-pivot, d’où la méditation humaine est repartie pour retrouver ce qui n’était point aperçu dans cette façon de poser la question au niveau du discours logique et d’interroger la correspondance entre le réel et une certaine syntaxe du cercle intentionnel en tant qu’il se ferme dans toute phrase.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre V", "Les formations de l'inconscient (1957-1958)", éditions du Seuil, 1998, page 50

[ circularité ] [ recherche d'une sortie ] [ idiomes interfaces ] [ signes transcodés ]

 

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charité

Qui est le prochain ? C’est le Samaritain pour ce pauvre homme battu, volé, dépouillé. C’est le Samaritain qui s’était comporté comme son prochain. Le Christ demande donc au blessé de la route d’aimer ce Samaritain sauveur et de l’aimer comme lui-même.

C’est à celui qui a été sauvé que Jésus enseigne l’amour. Toute sa vie il aimera l’homme dont il a reçu attention, assistance et secours matériels, celui sans qui il serait mort. Jamais il ne devra oublier cet homme qui l’a remis en selle.

[…] Toute notre vie, d’après le Christ, nous avons à reconnaître une dette vis-à-vis de qui nous a épaulés dans un moment où, seuls, nous n’aurions pas pu continuer notre chemin. Que nous le connaissions ou pas, nous sommes en dette vis-à-vis de qui nous secourt dans nos moments de détresse.

[…] Le modèle "samaritain" de cet évangile laisse l’autre libre. Il se retire de notre chemin et continue le sien. Cette dette d’amour, de reconnaissance que nous avons envers le connu ou l’inconnu qui nous a aidé, nous ne pouvons la régler qu’en faisant de même avec d’autres.

[…] Quand tu es "samaritain", dit le Christ, tu dois ignorer et la dette et la reconnaissance.

C’est désintéressé, quand celui qui a accompli un geste généreux n’en a plus aucun souvenir. Il n’a pas à en chasser le souvenir. C’est accompli.

C’est un acte de sublimation génitale. C’est comme la mère qui accouche. C’est un acte d’amour. C’est donné. C’est comme dans un coït d’amour, c’est donné.

Mais qui s’en souviendra ? L’enfant. Il est en dette d’une vie, en dette de refaire la même chose avec ses enfants ou ses compagnons de vie. Mais non par "devoir", non par "justice". C’est un courant d’amour. S’il est stoppé, c’est la mort.

Combien de fois n’entend-on pas des gens convaincus d’avoir été charitables ou d’avoir donné, reprocher ensuite aux autres de manquer de reconnaissance […].

Ce n’est pas au "samaritain" que la reconnaissance est directement manifestée. On pense à ce qu’il a fait pour nous, et on agira de même avec un autre.

Si celui qui a été "charitable" garde en lui une exigence vis-à-vis de celui qu’il a un jour aidé, s’il en attend de la reconnaissance, il prouve qu’il cherchait à acheter quelqu’un et qu’il n’était donc pas "samaritain".

[…] Notre prochain, c’est tous ceux qui, à l’occasion du destin, se sont trouvés là quand nous avions besoin d’aide, et nous l’ont donnée, sans que nous l’ayons demandée, et qui nous ont secourus sans même en garder le souvenir. Ils nous ont donné de leur plus-value de vitalité. Ils nous ont pris en charge un temps, en un lieu où leur destin croisait notre chemin.

Notre prochain, c’est le "toi" sans lequel il n’y aurait plus en nous de "moi", dans un moment où, dépouillés de ressources physiques ou morales, nous ne pouvons plus nous paterner ni nous materner nous-mêmes, nous ne pouvons plus nous assister, nous assumer, nous soutenir ou nous diriger.

Tous ceux qui, comme des frères et de façon désintéressée, nous ont pris sous leur responsabilité, jusqu’à la réfection de nos forces, puis nous ont laissés libres d’aller notre chemin, ont été notre "prochain".

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, pages 149 à 152

[ semblable-prochain ] [ parabole ] [ communion des saints ] [ gratuit ] [ circularité ] [ désir ] [ interprétation psychanalytique ]

 

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charité

Je t’ai donné et tu ne m’as rien rendu. Je n’en ai pas eu le bénéfice. Mais toi, tu as eu le bénéfice de savoir que tu es aimé et que tu aimes. Alors jaillit un lien nouveau de nouvelle alliance, une "alliance" d’amour entre les êtres sans bénéfice commercial.

Le Samaritain a donné sans rien recevoir en retour et le blessé pourra en faire autant avec d’autres.

"Va et fais de même", dit Jésus. "Aime ton prochain comme toi-même", c’est-à-dire : "N’oublie jamais cette plus-value de vitalité dont ton prochain t’a fait don, sans s’appauvrir lui-même. En passant, il t’a permis de reprendre, debout, ton chemin".

[…] Rayonner sans être appauvri, c'est le don juste dont sont capables seulement les êtres qui ont le cœur libre et ouvert. C'est aussi une métaphore, dans la vie adulte, de l'amour chaste et secourable des parents pour les petits d'hommes alors que ceux-ci sont dans leur naturelle impuissance corporelle.

[…] S'ils sont vraiment parents, ils agissent ainsi sans même avoir le sentiment qu'ils font un sacrifice : ils ne peuvent pas faire autrement.

Leur attitude serait pervertie si, ayant accompli leur désir de parents, ils demandaient à leurs enfants d'avoir de la reconnaissance. Les parents ont donné l'exemple ; aux enfants, devenus parents, de faire de même à l'égard de leurs enfants.

[…] On pourrait dire aussi : "Notre âme, c'est l'autre." Chacun pris individuellement ne peut rien connaître de son âme. Jamais nous ne saurons si nous avons une âme. L'âme que nous sentons confusément, le vibrant point focal ultime de notre supposée identité, bref, l'âme que nous "avons", est dans l'autre. Sinon il n'y aurait même pas de parole ni de communication.

Si la participation mystérieuse de l'être à laquelle "je" prétends n'était pas venue d'un autre —, père, mère, pour commencer —, puis entretenue et reconduite par des compagnons de route, je ne participerais plus à l'être.

[…] Chacun veut sauver sa petite âme, son petit avoir, alors que ce que nous avons c'est l'autre. "Qui veut sauver son âme, la perdra, a dit le Christ, et qui la perdra, la sauvera."

Alors pourquoi parler d'âme à sauver ? Mots insensés, étrangers au message de la Nouvelle Alliance et étranger à la psychologie la plus élémentaire.

Cette manie de sauver son âme a correspondu à un moment dans l'Église où elle fut, pourrait-on dire, condamnée par la philosophie d'une époque. Celle où le philosophe disait : "Je pense donc je suis." Autre parole insensée et morte !

En effet, je ne peux penser qu'avec les mots d'autrui. Dans le temps et dans l'espace, il y a une rencontre d'un être vivant et des paroles reçues des autres qu'il assemble et répète pour lui-même. Mais de qui a-t-il pris son existence, de qui a-t-il appris à vivre ? Face à qui dit-il "je" ? Où est "je" qui pense ?

On devrait dire : "Ça pense et moi l'exprime." Si je te sais m'entendre, je me sais parlant. Sans toi je n'ai pas d'existence. Mais l’existence n’est pas tout de l’être, l’existence n’en est qu’un phénomène perceptible.

L’existence d’un homme n’est-elle pas l’ombre de l’Être ? Et ce que nous appelons notre âme n’est-ce pas notre lumineux et invisible fétiche identitaire ?

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, pages 163 à 165

[ semblable-prochain ] [ communion des saints ] [ interprétation psychanalytique ] [ parabole ] [ circularité ] [ parents-enfants ] [ interdépendance ] [ altérité ] [ question ]

 

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