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couple

G. S. [Gérard Sévérin] : L’Ange annonce à Marie : "La puissance du Très-Haut te couvrira d’ombre." Où est Joseph ?

F. D. : Mais l’ombre de Dieu, tout homme ne l’est-il pas pour une femme qui aime son homme ?

La puissance et l’ombre de Dieu qui couvrent Marie peuvent être la charnalité d’un homme qu’elle reconnaît comme époux.

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, page 23

[ homme-par-femme ] [ annonciation ] [ christianisme ] [ question ] [ petit autre-grand autre ] [ hypothèse ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · La transduction précède la computation.

concept psychanalytique

Le symptôme est donc quelque chose qui va dans le sens de la reconnaissance du désir. 

Mais [qu’était] ce symptôme - en tant qu’il est là pour faire reconnaître le désir - avant que FREUD soit arrivé, et donc derrière lui toute la levée de ses disciples, les analystes ? C’est une reconnaissance qui tend à se faire jour, qui cherche sa voie mais qui, précisément parce qu’elle n’est - elle ne se manifeste - que par la création de ce que nous avons appelé le masque, c’est-à-dire quelque chose de fermé. Cette reconnaissance du désir c’est une reconnaissance par personne, qui ne vise personne puisque personne, jusqu’à ce moment où on commence d’en apprendre la clé, ne peut la lire. C’est essentiellement une reconnaissance qui se présente sous une forme close à l’Autre, reconnaissance du désir donc, mais reconnaissance par personne.

D’autre part, si c’est un désir de reconnaissance, en tant que désir de reconnaissance c’est autre chose que le désir. D’ailleurs on nous le dit bien : ce désir est un désir refoulé. C’est pour cela que notre intervention ajoute quelque chose de plus à la simple lecture. Ce désir c’est un désir que le sujet exclut, en tant que le sujet veut le faire reconnaître comme un désir de reconnaissance. C’est un désir peut-être, mais en fin de compte un désir de rien : 

– c’est un désir qui n’est pas là, 

– c’est un désir qui est rejeté, 

– c’est un désir qui est exclu. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 16 avril 1958, Les formations de l'inconscient

[ définition ] [ petit autre-grand autre ] [ parole codée ] [ tore ] [ parlêtre ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

psychanalyse

Sur quoi l’analyse, la découverte freudienne à son départ a-t-elle porté l’accent ? Sur le désir. Ce que FREUD essentiellement découvre, ce que FREUD a appréhendé dans les symptômes quels qu’ils soient, qu’il s’agisse de symptômes pathologiques ou qu’il s’agisse de ce qu’il a interprété dans ce qui se présentait jusque-là de plus ou moins réductible dans la vie normale, à savoir le rêve par exemple, c’est toujours essentiellement un désir.
Bien plus encore, dans le rêve par exemple, il ne nous parle pas simplement de désir, mais d’accomplissement de désir, et ceci ne doit pas être sans nous frapper. C’est à savoir que c’est précisément dans le rêve qu’il parle de satisfaction du désir. Il indique d’autre part que dans le symptôme lui-même il y a bien quelque chose qui ressemble à cette satisfaction, mais cette satisfaction, il me semble que c’est assez marquer son caractère problématique puisque aussi bien c’est une sorte de satisfaction à l’envers. Donc, d’ores et déjà, il apparaît dans l’expérience :
– que le désir est lié là, à quelque chose qui est son apparence et, pour dire le mot : son masque,
– que le lien étroit qu’a le désir tel qu’il se présente à nous dans l’expérience analytique avec quelque chose qui le revêt de façon problématique, est bien ce qui - à tout le moins - nous sollicite de nous y arrêter comme à un problème essentiel.
J’ai souligné à plusieurs reprises ces dernières fois la façon dont le désir, pour autant qu’il apparaît à la conscience, se manifeste sous une forme paradoxale dans l’expérience analytique, ou plus exactement combien l’expérience analytique a promu ce caractère inhérent au désir en tant que désir pervers qui est d’être une sorte de désir au second degré, de jouissance du désir en tant que désir.
D’une façon générale, dans l’ensemble, tout ce que l’analyse nous permet de percevoir de la fonction du désir ce n’est pas elle qui le découvre. Mais elle nous montre jusqu’à quel degré de profondeur est porté le fait que le désir humain n’est pas impliqué d’une façon directe dans un rapport pur et simple avec l’objet qu’il satisfait, mais qu’il est lié :
– à une position que prend le sujet en présence de cet objet,
– à une position que prend le sujet en dehors de sa relation avec l’objet et qui fait que jamais rien ne s’épuise purement et simplement dans cette relation à l’objet.
D’autre part, l’analyse est bien faite aussi pour rappeler ceci, qui est toujours connu, à savoir le caractère en quelque sorte vagabond, fuyant, insaisissable, échappant précisément à la synthèse du moi, qu’est le désir, laissant à cette synthèse du moi qu’elle apporte, que l’issue d’être - à tout instant en quelque sorte - illusoire affirmation de synthèse.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 16 avril 1958, Les formations de l'inconscient

[ fondateur ] [ résumé ] [ contexte ] [ objet a ] [ petit autre-grand autre ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

message

[…] le signifiant au début est fait pour servir à quelque chose, il est fait pour exprimer une demande. Arrêtons-nous donc un instant au ressort de la demande. C’est ce quelque chose d’un besoin qui passe au moyen d’un signifiant qui est adressé à l’Autre. […]

[…] la demande est quelque chose qui par soi-même est si relative à l’Autre, que le fait que ce soit l’Autre qui l’accuse, il se trouve tout de suite en posture d’accuser le sujet lui-même, de le repousser, alors qu’en évoquant le besoin il authentifie ce besoin, il l’assume, il l’homologue, il l’amène à lui, il commence déjà à le reconnaître, ce qui est une satisfaction essentielle.

Le mécanisme de la demande naturellement… et le fait que l’Autre par nature s’y oppose, ou encore on pourrait dire, que la demande par nature exige qu’on s’y oppose pour être soutenue comme demande …est lié justement à l’introduction dans la communication du langage, et illustré à chaque instant par le mode sous lequel l’Autre accède à la demande.

[…] après tout dans cette demande de satisfaction d’un besoin, qu’est-ce qui se passe purement et simplement ? Nous répondons à la demande. Nous donnons à notre prochain ce qu’il nous demande. Par quel trou de souris faut-il qu’il passe ? Par quelle réduction de ses prétentions faut-il qu’il se réduise lui-même pour que la demande soit entérinée ?

[…] C’est à un Autre - au-delà de celui qui est en face de vous - en fin de compte, que la réponse à la demande, l’accord de la demande, est déféré. Et l’histoire - qui est une des histoires sur lesquelles FREUD fait pivoter son analyse du mot d’esprit - l’histoire dite "du saumon mayonnaise", est la plus belle histoire qui en donne ici l’illustration.

Un personnage s’indigne, après avoir à un quémandeur donné quelque argent dont il a besoin pour faire face à je ne sais quelles dettes, à ses échéances, de le voir donner à l’objet de la générosité, un emploi autre que celui qui répond en quelque sorte déjà à quelque autre esprit limité.

C’est une véritable histoire drôle, quand le retrouvant le lendemain dans un restaurant en train de s’offrir ce qui est considéré comme le signe de la dépense somptuaire : du "saumon à la mayonnaise", avec ce petit accent viennois que peut donner le ton de l’histoire, il lui dit :

"Comment ! Est-ce pour cela que je t’ai donné de l’argent ? Pour t’offrir du saumon mayonnaise !"

À quoi l’autre entre dans le mot d’esprit et répond :

"Mais alors je ne comprends pas !

Quand je n’ai pas d’argent je ne peux pas avoir de saumon mayonnaise.

Quand j’en ai je ne peux pas non plus en prendre !

Quand donc mangerai-je du saumon mayonnaise ?"

Auteur: Lacan Jacques

Info: 4 décembre 1957

[ reconnaissance ] [ dialectique du refus ] [ petit autre-grand autre ] [ blague ] [ choix forcé ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

structure incorporée du langage

Je vous ai déjà dit pas mal de choses de l’obsessionnel, il ne s’agit pas de les répéter. Il ne s’agit pas de simplement répéter ce qu’il y a de foncièrement substitutif, de perpétuellement éludé, de cette sorte de "passez-muscade" qui caractérise toute la façon dont l’obsessionnel procède dans sa façon de se situer par rapport à l’Autre, plus exactement de n’être jamais à la place où sur l’instant il semble se désigner.

Ce à quoi fait très précisément allusion la formulation du second terme du fantasme de l’obsessionnel, c’est ceci que les objets, pour lui, en tant qu’objets de désir, sont en quelque sorte mis en fonction de certaines équivalences érotiques, ce qui est précisément dans ce quelque chose que nous avons l’habitude d’articuler, en parlant de l’érotisation de son monde, et spécialement de son monde intellectuel, ce à quoi tend précisément cette façon de noter cette mise en fonction par φ [petit phi] qui désigne ce quelque chose.

Il suffit de recourir à une observation analytique, quand elle est bien faite par un analyste, pour nous apercevoir que le φ - nous verrons peu à peu ce que ça veut dire - c’est justement ce qui est sous-jacent à cette équivalence instaurée entre les objets sur le plan érotique, que le φ est en quelque sorte l’unité de mesure où le sujet accommode la fonction petit(a), la fonction des objets de son désir.

Pour l’illustrer, je n’ai vraiment rien d’autre à faire qu’à me pencher sur l’observation princeps de la névrose obsessionnelle, mais vous la retrouverez aussi bien dans toutes les autres, pour peu que ce soit des observations valables, rappelez-vous ce trait de la thématique du Rattenmann, de "L’homme aux rats". Pourquoi d’ailleurs est-il appelé L’homme aux rats - au pluriel - par FREUD, alors que dans le fantasme où FREUD approche pour la première fois cette espèce de vue interne de la structure de son désir, dans cette sorte d’horreur saisie sur son visage, d’une jouissance ignorée, il n’y a pas des rats, il n’y a qu’un rat dans le fameux supplice turc sur lequel j’aurai à revenir tout à l’heure.

Si on parle de L’homme aux rats, c’est bien parce que le rat poursuit sous une forme multipliée sa course dans toute l’économie de ces échanges singuliers, ces substitutions, cette métonymie permanente, dont la symptomatique de l’obsessionnel est l’exemple incarné. La formule, qui est de lui, "tant de rats, tant de florins" - ceci à propos du versement des honoraires dans l’analyse - n’est là qu’une des illustrations particulières de cette équivalence en quelque sorte permanente de tous les objets saisis tour à tour dans cette sorte de marché.

Ce métabolisme des objets dans les symptômes s’inscrit, d’une façon plus ou moins latente, dans une sorte d’unité commune, d’une unité-or, unité-étalon, qu’ici le rat symbolise, tenant proprement la place de ce quelque chose que j’appelle φ, en tant qu’il est un certain état, un certain niveau, une certaine forme, de réduire, de dégrader d’une certaine façon - nous verrons en quoi nous pouvons l’appeler dégradation - la fonction du signifiant Φ [grand phi].

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 avril 1961

[ déplacement ] [ valeur ] [ phallus ] [ petit autre-grand autre ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

symbolique

[…] le phallus, ai-je dit - en tant que l’expérience nous le révèle - n’est pas simplement l’organe de la copulation, mais est pris dans le mécanisme pervers comme tel.

Entendez bien ce que je veux dire. Ce qu’il s’agit maintenant d’accentuer c’est que : du point qui, comme structural, représente le défaut du signifiant, quelque chose - le phallus, Φ [grand phi] - peut fonctionner comme le signifiant. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce qui définit comme signifiant, quelque chose dont nous venons de dire que par hypothèse, définition et au départ, c’est "le signifiant exclu du signifiant", donc qui ne peut y rentrer que par artifice, contrebande et dégradation et c’est bien pourquoi nous ne le voyons jamais qu’en fonction du φ [petit phi] imaginaire.

Qu’est-ce qui nous permet alors d’en parler comme signifiant et d’isoler Φ ? C’est le mécanisme pervers. Si nous faisons du phallus le schéma suivant, naturel, qu’est-ce qu’est le phallus ? Le phallus, sous la forme organique du pénis, n’est pas dans le domaine animal un organe universel. Les insectes ont d’autres manières de s’accrocher entre eux, et sans aller si loin, les rapports entre les poissons ne sont pas des rapports phalliques. Le phallus se présente au niveau humain entre autres comme le signe du désir, c’en est aussi l’instrument, et aussi la présence. Mais je retiens ce signe pour vous arrêter à un élément d’articulation essentiel à retenir : est-ce par là simplement qu’il est un signifiant ? Ce serait franchir une limite un petit peu trop rapidement, de dire que tout se résume à cela, car il y a tout de même d’autres signes du désir.

[…] Un signifiant, est-ce que c’est simplement "représenter quelque chose pour quelqu’un", soit la définition du signe ? C’est cela, mais non pas simplement cela. Car j’ai ajouté autre chose la dernière fois quand j’ai pour vous rappelé la fonction du signifiant, c’est que ce signifiant n’est pas simplement, si je puis dire, "faire signe à quelqu’un", mais dans le même moment du ressort signifiant, de l’instance signifiante : "faire signe de quelqu’un", faire que le quelqu’un pour qui le signe désigne quelque chose, faire que le signe s’assimile ce quelqu’un, que le quelqu’un devienne lui aussi ce signifiant.

Et c’est dans ce moment que je désigne, comme tel, expressément comme pervers, que nous touchons du doigt l’instance du phallus. Car, si le phallus qui se montre a pour effet de produire chez le sujet à qui il est montré aussi l’érection du phallus, ce n’est pas là condition qui satisfasse en quoi que ce soit à quelque "exigence naturelle".

[…] C’est pour autant que le résultat c’est que le phallus comme signe du désir se manifeste en somme comme objet du désir, comme objet d’attrait pour le désir. C’est dans ce ressort que gît sa fonction signifiante comme quoi il est capable d’opérer à ce niveau, dans cette zone, dans ce secteur où nous devons à la fois l’identifier comme signifiant, et comprendre ce qu’il est ainsi amené à désigner.

Ce n’est rien qui soit signifiable directement, c’est ce qui est "au-delà de toute signification possible", et nommément cette "présence réelle" sur laquelle aujourd’hui j’ai voulu attirer vos pensées, pour en faire la suite de notre articulation.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 avril 1961

[ place vide ] [ définition ] [ parlêtre ] [ petit autre-grand autre ] [ indicible ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ ± B ± Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

structure incorporée du langage

J’ai parlé quelque part - nommément dans mon Rapport de Rome - de ce que j’ai désigné par le pied du "mur du langage". Rien n’est plus difficile que d’amener l’obsessionnel au pied du mur de son désir. Car il y a quelque chose dont je ne sache pas que cela ait déjà été vraiment mis en relief, et qui pourtant est un point fort éclairant. Je prendrai pour l’éclairer le terme dont vous savez que j’ai déjà fait plus d’un usage, le terme introduit par JONES d’une façon dont j’ai marqué toutes les ambiguïtés, d’ἀϕάνιςις [aphanisis], disparition - comme vous le savez c’est le sens du mot en grec - disparition du désir.

On n’a jamais, me semble-t-il, pointé cette chose toute simple et tellement tangible dans les histoires de l’obsessionnel, spécialement dans ses efforts quand il est sur une certaine voie de recherche autonome, d’auto-analyse si vous voulez, quand il est situé quelque part sur le chemin de cette recherche qui s’appelle, sous une forme quelconque "réaliser son fantasme", il semble qu’on ne se soit jamais arrêté à la fonction - tout à fait impossible à écarter - du terme d’ἀϕάνιςις [aphanisis]. Si on l’emploie, c’est qu’il y a une ἀϕάνιςις [aphanisis] tout à fait naturelle et ordinaire qui est limitée par le pouvoir qu’a le sujet de ce qu’on appelle tenir, "tenir l’érection".

Le désir a un rythme naturel, et avant même d’évoquer les extrêmes de l’incapacité du "tenir", les formes les plus inquiétantes de la brièveté de l’acte, on peut remarquer ceci, c’est que ce à quoi le sujet a affaire comme à un obstacle, comme à un écueil, où, littéralement, quelque chose qui est profondément foncier, de son rapport à son fantasme vient se briser :

– c’est, à proprement parler, ce qu’a, en fin de compte, chez lui de toujours terminer,

– c’est que, dans la ligne de l’érection, puis de la chute du désir, il y a un moment où l’érection se dérobe.

Très exactement, précisément ce moment signale que, mon Dieu, dans l’ensemble, il n’est pas pourvu de plus ni de moins que ce que nous appellerons une "génitalité" fort ordinaire, plutôt même assez douillette ai-je cru remarquer, et que pour tout dire, si c’était de quelque chose qui se situât à ce niveau qu’il s’agît dans les avatars et les tourments qu’infligent à l’obsessionnel les ressorts cachés de son désir, ce serait ailleurs qu’il conviendrait de faire porter notre effort.

[…] Ce dont il s’agit se situe donc bien ailleurs, se situe au niveau du discord entre ce fantasme, pour autant justement où il est lié à cette fonction du phallicisme, et l’acte - par rapport à cela qui tourne toujours trop court - où il aspire à l’incarner.

Et naturellement, c’est du côté des effets du fantasme, ce fantasme qui est tout phallicisme, que se développent toutes ces conséquences symptomatiques qui sont faites pour y prêter, et pour lesquelles justement il inclut tout ce qui s’y prête dans cette forme d’isolement si typique, si caractéristique comme mécanisme, et qui a été mise en valeur comme mécanisme dans la naissance du symptôme.

Si donc il y a chez l’obsessionnel cette crainte de l’ἀϕάνιςις [aphanisis] que souligne JONES, c’est précisément pour autant, et uniquement pour autant, qu’elle est la mise à l’épreuve - qui tourne toujours en défaite - de cette fonction Φ [grand phi] du phallus en tant que nous essayons pour l’instant de l’approcher. Pour tout dire, le résultat est que l’obsessionnel ne redoute en fin de compte rien tant que ce à quoi il s’imagine qu’il aspire : la liberté de ses actes et de ses gestes, et l’état de nature si je puis m’exprimer ainsi.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 26 avril 1961

[ sexualité ] [ évanouissement ] [ petit autre-grand autre ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

concept psychanalytique

L’idéal du moi, nous le savons - puisqu’il intervient dans des fonctions qui sont souvent des fonctions dépressives, voire agressives à l’égard du sujet - FREUD le fait intervenir dans des formes diverses de dépression. Vous savez qu’il a tendance, à la fin du chapitre qui dans "Psychologie des masses et analyse du moi" s’appelle : "Un degré de développement du moi : l’Idéal du moi" - c’est précisément la première fois qu’il introduit d’une façon décisive et articulée cette notion d’idéal du moi - qu’il a tendance donc à mettre toutes les dépressions au chef et au registre, non pas de l’idéal du moi, mais de quelque rapport vacillant, de quelque rapport conflictuel entre le moi et l’idéal du moi. 

Admettons qu’on peut prendre tout ce qui se passera sous ce registre dépressif, ou au contraire sous celui des relations d’exaltation, sous l’angle, si l’on peut dire, d’une hostilité ouverte entre les deux instances - de quelque instance que parte la déclaration des hostilités, que ce soit le moi qui s’insurge ou que l’idéal du moi devienne trop sévère - avec ce que comporte de conséquences et de contrecoups tout déséquilibre de ce rapport excessif. 

Donc, cet idéal du moi, en tout cas, est quelque chose qui nous propose son problème. On nous dit : l’idéal du moi sort d’une identification, d’une identification tardive liée à la relation en tout cas tierce qui est celle de l’œdipe, une relation où se mêlent d’une façon complexe les relations de désir avec des relations de rivalité, d’agression, d’hostilité.

Quelque chose se joue, et l’issue du conflit est l’objet d’une balance. S’il est incertain, le débouché du conflit se propose en tout cas comme ayant entraîné une transformation subjective. Et l’introduction, l’introjection dit-on, à l’intérieur d’une certaine structure de ce quelque chose qui, par rapport au sujet, se trouve être désormais une partie de lui–même tout en ayant néanmoins conservé une certaine relation avec un objet extérieur, les deux choses y sont. 

Et ici nous touchons du doigt ce que l’analyse nous apprend : que ne peuvent pas être séparées intra-subjectivité et inter-subjectivité. C’est-à-dire qu’à l’intérieur du sujet, dans des fonctions qu’il emmène partout avec lui-même, et quelles que soient les modifications qui interviennent dans son entourage et son milieu, ce qui est acquis comme idéal du moi est bien quelque chose qui est dans le sujet à la façon dont l’exilé emmène sa patrie à la semelle de ses souliers : son idéal du moi lui appartient bien, il est quelque chose d’acquis. 

Ce n’est pas un objet, c’est quelque chose qui est en plus dans le sujet. Je veux dire que lorsqu’on insiste sur la notion qu’intra-subjectivité et inter-subjectivité doivent rester liées dans tout cheminement analytique correct et qu’on parle des relations entre les instances dont il s’agit, il est prouvé par les usages courants, par les moindres nécessités du langage, que lorsque nous parlons des rapports entre moi et idéal du moi, on dit bien ordinairement dans l’analyse qu’ils peuvent être bons ou mauvais, conflictuels ou accordés, mais on laisse entre parenthèses ou on n’achève pas de formuler ce qui doit être formulé : c’est que ces rapports sont structurés, articulés comme des rapports intersubjectifs.

À l’intérieur du sujet se reproduit - et bien entendu, vous le voyez bien, ne peut se reproduire qu’à partir d’une organisation signifiante - le même mode de rapports qui existe entre des sujets. Nous ne pouvons pas penser, encore que nous le disions, que cela puisse aller en le disant, que le surmoi est effectivement quelque chose de sévère qui guette le moi au tournant pour lui faire d’atroces misères. 

Ce n’est pas une personne. Il fonctionne à l’intérieur du sujet comme un sujet qui se comporte par rapport à un autre sujet, et justement en ceci qu’il y a un rapport entre les sujets qui n’implique pas pour autant l’existence de la personne. Il suffit des conditions introduites par l’existence, par le fonctionnement comme tel du signifiant, pour que des rapports intersubjectifs puissent s’établir.

C’est à cette intersubjectivité, à l’intérieur donc de la personne vivante, que nous avons affaire dans l’analyse, c’est dans cette intersubjectivité que nous devons nous faire une idée de ce qu’est cette fonction de l’idéal du moi. Vous le savez, vous n’irez pas la trouver, cette fonction, dans un dictionnaire, et on ne vous en donnera pas une réponse univoque. Vous y trouverez les plus grands embarras. Cette fonction n’est pas assurément confondue avec celle du surmoi. Elle est venue presque ensemble, certes, dans la terminologie, mais elle s’en est, de ce fait même, distinguée. 

Et elle est également en partie confondue, elle peut avoir les mêmes instances, néanmoins elle est davantage orientée vers quelque chose qui dans le désir du sujet, joue une fonction typifiante qui, peut-être, paraît bien liée à l’assomption du type sexuel, ni plus ni moins, en tant qu’il est impliqué dans toute une économie, disons même à l’occasion sociale, dans l’assomption des fonctions masculines et féminines, non pas simplement en tant qu’elles aboutissent à l’acte nécessaire pour que reproduction s’ensuive, mais également pour tout un mode de relations entre l’homme et la femme. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 19 mars 1958, Les formations de l'inconscient

[ historique ] [ origine ] [ petit autre-grand autre ] [ sexuation ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.